Windows, jour 1 : prendre ses marques

Windows est livré avec tout ce qu’il faut pour démarrer. Et si ce n’est pas déjà installé par défaut, il suffit de le télécharger (gratuitement) sur le site de Microsoft.

Qu’il s’agisse des application “Live” (gestionnaire d’images, messagerie, email, logiciel de montage vidéo, outil de rédaction de blog), de Windows Security Essentials (un antivirus basique) ou même d’un (gros) espace de stockage en ligne (SkyDrive). On peut aussi se créer une adresse email sur Hotmail (avec la promesse d’un espace de stockage apparemment illimité, mais ce n’est pas très clair), ou utiliser une adresse existante pour se connecter aux services de Microsoft. On se retrouve alors avec un ensemble d’outils rassemblés sous une même identité. C’est plutôt pas mal.

Je ne vais pas tous les présenter, voici juste quelques commentaires.

Windows Live Mail

Il permet de gérer plusieurs comptes (POP ou IMAP)… manuellement (on aurait aimé un assistant à la sauce Thunderbird qui se charge de tout paramétrer, ou comme celui de Mail.app de Apple… quand il marche).

L’application est bien adaptée aux écrans plus larges que hauts, avec son affichage en trois colonnes. Sympa, surtout quand on se souvient que pendant des années Apple s’est obstinée à ignorer ce “détail”.

Elle dispose d’un calendrier, que vous pourrez éventuellement synchroniser avec un compte Gmail. On trouve aussi un carnet d’adresses (Contacts) et un module RSS. Je ne peux pas dire ce qu’ils valent.

Galerie de photos Windows Live

(Z’avez pas plus court comme nom ?) C’est à peu près l’équivalent de iPhoto : catalogue, retouche simple et partage. On est loin de la simplicité de iPhoto, mais il fait ce qu’il dit.

Ah oui, par défaut, il ne lit pas les RAW (ni Windows, on ne rigole pas !). Voyez ici pour la solution.

SkyDrive

Il s’agit de l’offre de “cloud” de Microsoft et c’est sans doute le produit le plus bluffant du lot, en ce qui me concerne.

Non seulement on dispose d’un grand espace de stockage gratuit de 7 Go (25Go, si vous disposiez déjà d’un compte en ligne chez Microsoft : dépêchez-vous pour faire valoir vos 25 go “cadeau fidélité”), accessible via un navigateur Web :

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Ou directement depuis l’Explorateur de fichiers sur le PC :

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Mais aussi depuis le Finder du Mac, si vous installez l’application proposée par Microsoft.

L’intégration dans les applications Microsoft Office est excellente. Un vrai plaisir à utiliser. Tout spécialement avec OneNote, sur lequel je reviendrai probablement dans un autre article.

En plus du stockage, SkyDrive nous donne aussi accès à une version Web de Microsoft Office (Word, Excel, PowerPoint et OneNote), qui permet de travailler sur nos fichiers directement depuis le navigateur . Et on peut dire que les applications Web de Microsoft dépassent tout ce que peut proposer la concurrence (Google Docs ou Zoho, pour ne citer que les plus riches). Et l’offre de Apple, alors ? Laissez-moi rire, ou pleurer.

Notez que ces applications sont utilisables gratuitement via un navigateur Web (pas besoin d’un PC sous Windows, ni d’une licence de Microsoft Office, donc).

SkyDrive vs Dropbox vs iCloud ?

Je n’ai pas encore poussé la comparaison, mais on peut déjà noter :

SkyDrive est le moins cher des trois :

  • 7 go (ou 25 go) gratuits.
  • 10$/an pour 20 go supplémentaires
  • 25$/an pour 50 go supplémentaires
  • 50$/an pour 100 go supplémentaires

Il est dispo pour Windows, Mac, Windows Phone et iOS. Mais il ne dispose pas de client GNU/Linux, contrairement à Dropbox. iCloud, lui, n’est disponible que pour Mac et iOS.

A la différence de Dropbox, je n’ai pas trouvé comment obtenir un lien de partage directement en faisant un clic droit sur un fichier. Dommage.

Autre différence, sans doute un détail pour beaucoup : si SkyDrive promet lui aussi de conserver les versions précédentes de nos fichiers (à chaque sauvegarde), il se limite à quelque chose comme 25 versions, là où Dropbox les conserve sans limitation.

Enfin, et c’est une grosse différence cette fois, SkyDrive ne permet pas (pas encore ?) la syncro en réseau local (LAN) : à la différence de Dropbox, il faudra donc passer par Internet pour que vos fichiers se synchronisent sur vos machines. Quand on parle de plusieurs go de données, c’est tout sauf un détail.

Windows Live Writer

C’est l’autre vraie réussite dans ce paquet d’applications “gratuites”. C’est avec lui que je blogue depuis deux jours (je l’avais déjà utilisé ici même, occasionnellement).

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Pour ce qui est de la simplicité, je ne connais rien sur OS X qui soit aussi simple (même pas MarsEdit). Si vous savez utiliser un traitement de texte, vous saurez à présent bloguer. Point final. Il est compatible avec pas mal de moteurs de blogs, mais pas tous.

Par contre, même s’il semble produire un code HTML très clair, il ne permet pas de rédiger en Markdown. Dommage, d’autant plus que Live Writer dispose de plugins (on peut donc imaginer lui ajouter le support du Markdown).

Il n’est pas exempt de bugs. En particulier pour l’upload d’images qui peut obstinément échouer. C’est un bug qui existe depuis longtemps, et que Microsoft devrait corriger car, pour un vrai utilisateur novice, cela peut réduire à néant l’utilité de cette application.

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Ca se contourne, facilement. Mais c’est nul.

Audio et vidéo

J’ai d’amers souvenirs du Lecteur Windows Media. Je n’ai pas encore osé le démarrer.

Dans le pire des cas, je pourrais toujours installer iTunes (sauf qu’il ne me rend pas plus heureux), ou encore me rabattre sur VLC.

Web : Internet Explorer 9 + Bing

Rien à dire pour le moment : pas assez de recul. J’ai du mal avec Internet Explorer et son absence de plugins utiles (bloquer cette cochonnerie de Flash, par exemple) le rend pénible à utiliser.

Je pense que je pourrais utiliser Bing comme moteur de recherche… Au moins parce qu’il fait l’effet d’un sacré rafraichissement après toutes ces années à ne bouffer que du Google.

Twitter

J’ai opté pour Echofon, qui n’est pas mon client préféré sous OS X, mais le plus potable que j’ai pu trouver sous Windows. Je n’ai pas cherché trois heures non plus : si vous connaissez un client léger/minimaliste (je ne veux pas d’une usine à gaz multicolonne qui remplisse mon écran de tweets) et simple d’emploi…

Sécurité : virus

Virus, troyens, Flash… C’est pas les nuisibles qui manquent sur Windows. Il faut donc sortir couvert.

Pour l’antivirus, j’ai opté pour Windows Security Essentials. On appréciera que, à peine téléchargé et installé, le logiciel nous annonce qu’il doit être mis à jour. Puisqu’on parle des mises à jour…

Sécurité : mises à jour

C’est ignoble. Après une installation fraiche de Windows, on ne s’étonnera pas de passer quelques heures (jours ?) à subir des vagues de mises à jour qui, souvent, demanderont à redémarrer le PC… Avec, en bonus ô combien apprécié, l’immense plaisir de regarder Windows interminablement installer lesdites mises à jours à l’extinction puis au redémarrage du PC.

A noter que les mises à jours des applications Live ne se font pas par Windows Update (du moins, c’est une autre notification qui apparait) et que les applications tierces, pour certaines d’entre-elles, se mettent à jour chacune de son côté (pour les autres, il faudra penser à le faire à la main). La situation est à peine meilleure sur OS X, mais c’est déjà moins pénible. Ubuntu emporte la palme de la simplicité : tout est centralisé (ce vers quoi commence à se diriger OS X, avec Mountain Lion).

Je ne sais pas comment on code un système d’exploitation, mais s’il est possible d’installer des mises à jours sans pourrir la vie de l’utilisateur sous OS X ou, encore plus, sous Ubuntu, ça devrait également être possible sous Windows.

Sécurité : Flash

Je pourrais supprimer Flash. Mais je préfère qu’il soit simplement bloqué, par défaut, et que je puisse l’utiliser les rares fois où j’en ai encore besoin. Si c’est facile sous Safari (ClickToFlash), Chrome ou Firefox… je n’ai pas trouvé de bloqueur de Flash pour Internet Explorer 9 (à ne pas confondre avec un bloqueur de pubs).

La recherche

Le menu Démarrer de Windows permet théoriquement de faire à peu près la même chose que Spotlight sur OS X : démarrer une app, trouver un fichier par son nom ou par son contenu, chercher les coordonnées d’un contact, etc.

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Aucun souci pour démarrer une application. c’est un peu plus problématique pour les fichiers : l’indexation est beaucoup moins performante que celle de Spotlight et bien moins riche, de nombreux fichiers seront simplement ignorés si Windows ne les reconnait pas (j’y reviendrai dans un prochain billet).

Autonomie

Je le mentionne en passant vu que ça dépend surtout du PC utilisé, mais je n’ai pas à me plaindre du ThinkPad X220 (WiFi allumé, luminosité au 3/4, usage bureautique et Web) :

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L’autonomie annoncée est toujours un peu optimiste, mais je dois dire qu’elle est assez fiable (et bien plus élevée que ce que j’obtiens quand je travaille sous GNU/Linux, sur la même machine).

Pas une conclusion

Après ce premier jour d’immersion, pour parler de mon impression globale : j’ai toujours le sentiment que Microsoft se tient le cul entre deux chaises, et que ça se sent à chaque pas que l’on fait dans ses logiciels.

Oui, on dispose d’une offre logicielle correcte. Voire même bluffante par certains aspects (SkyDrive, Live Writer, OneNote). Et certaines choses sont vraiment agréable à utiliser. Mais on est loin de la simplicité d’un Mac : aussi bien au premier démarrage qu’à l’usage (à peu près aucune cohérence et aucun sens esthétique).

C’est bordélique (comme le sont les mises à jour). Il faudra chercher, passer par différents sites ou menus ou assistants, s’identifier plusieurs fois pour accéder au même service (j’ai cessé de compter), et si Windows offre plus d’options (trop ?) que OS X, c’est là aussi d’une manière qui est proprement bordélique : le Panneau de configuration est un foutoir sans nom, derrière chaque panneau se cachent d’autres panneaux, et parfois d’autres encore derrière lesquels on trouvera au choix des boutons, des listes, des options à cocher, des liens ou d’autres fenêtres avec leurs propres options.

C’est à croire que pas une fenêtre n’a le droit de ressembler à une autre. On sent aussi la lourde histoire dedes Windows qui se sont accumulés les uns par dessus les autres : plus on s’enfonce dans les options avancées, plus on se retrouve avec une interface vieillotte… on se prendrait presque pour un Indiana Jones qui, à défaut d’une arche d’alliance, se retrouverait à essayer de comprendre à quoi servait et comment remonter un Monsieur Patate. (Je sais qu’un des objectifs de Windows 8 est de corriger ce côté bordélique des options de Windows, c’est une excellente nouvelle.)

Les installateurs des applications semblent jouer au même jeu : c’est à croire que plus ils sont différents les uns des autres mieux c’est, y compris pour les applications signées Microsoft.

Par contre, j’en parlerai demain, cela permet dans une certaine limite de se créer des applications et un espace de travail sur mesure.

Pour le reste, j’ai pu faire ce que j’espérais faire aujourd’hui, sans souci majeur.

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