Petit scarabée, une fois

Depuis quelques jours, j’ai cette idée de me débarrasser de tout ce que je possède pour ne garder que ce qui tiendrait dans un sac — quelques vêtements, un Mac, un appareil photo et une liseuse — de façon à renouer avec la mobilité. Minimaliste nomade, quoi. Genre un David Caradine bedonnant et barbu, dans Kung Fu, avec l’accent belge.

Sauf que c’est complètement idiot — me séparer de tout, pas d’être un David Caradine chauve et bedonnant qui joue de la frite plutôt que de la flute.

D’autres l’ont fait. Je crois d’ailleurs me souvenir que Anthony en a parlé, mais je ne retrouve pas où (Antho, c’est une sale manie de faire le ménage dans tes blogs ;)). Ou peut-être même moi, ici : j’ai oublié. J’oublie tant de trucs…

Non, ce qui est idiot, c’est de s’imaginer que ne plus rien posséder “en trop” nous libérerait d’un coup de baguette magique — de l’horrible (op)pression consumériste — comme si en ne possédant qu’un jeans et une paire de chaussettes, on se retrouvait automatiquement plus libre qu’avec une penderie d’un kilomètre de long.

Mon popotin (1), si je puis dire. Se noyer sous une montagne d’objets ou étouffer dans le vide absolu, c’est fatal dans les deux cas. Aucune libération n’est possible, dans aucune radicalité. Du moins, pas pour moi : l’objet n’est jamais responsable de la façon dont on choisi de mal l’utiliser.

Ce qui est libérateur, ce n’est pas de ne posséder qu’un seul jeans ou mille costards taillés sur mesure par le fantôme de Yves Saint Laurent lui-même. Être libre ce n’est pas refuser de s’entourer d’objets, c’est peut-être juste de ne pas s’y attacher ?

Par contre, si l’on oublie ces extrêmes du c’est-moi-qui-ait-la-plus-grande/petite, je suis quand même obligé d’avouer que c’est le bordel chez moi. Je possède encore bien trop d’objets, de trucs et de machins plus ou moins high ou low-tech, qui saturent mon espace de vie. Pas forcément des trucs inutiles, mais des trucs que je n’ai pas nécessairement besoin de garder avec moi en permanence.

Les livres, par exemple. On en a déjà parlé, je me suis déjà séparé d’un gros paquet d’entre eux, mais il m’en reste encore beaucoup que je ne (re)lirai sans doute jamais et que je garde par pure nostalgie ou fétichisme. Ils seraient certainement plus utiles dans les rayons d’une bibliothèque scolaire ou d’une association.

Même chose du côté high-tech : j’ai trop de machines et de terminaux électroniques. Aucun d’entre eux n’est inutile, mais combien puis-je réellement utiliser en même temps ? Combien ne me servent que très ponctuellement, pas assez pour légitimer non seulement la dépense financière, mais aussi la consommation de ressources que cela implique (oui, je parle d’écologie, aussi) : posséder un ordinateur qui ne sert à rien, c’est polluer (j’insiste sur le “qui ne sert à rien”). Je ne sais pas, en fait, combien sont me sont nécessaires, combien ne sont qu’un confort excessivement égoïste. J’essaye de faire le compte, de tracer une frontière. On verra.

Vaguement sur le même sujet (et ça date) : La technologie est stupide ?


1: Il n’est pas impossible que, occasionnellement, le blog soit lu par une jeune demoiselle qui m’est très chère et dont je souhaite préserver les chastes oreilles. Unilatéralement et à l’unanimité de mon vote, j’ai donc décidé d’éviter les gros mots — cela vaut aussi pour vos commentaires. Alors, merci de ne pas employer de grossièretés : faites pas chier. Oups 😉

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