Faut pas toucher aux petites filles…

Même si les patientes — majeures — des chirurgiens esthétiques désirent que monsieur le docteur leur fasse un sexe…

Lisse, pré pubère voire enfantin, voilà le canon de la beauté de l’origine du monde, version 2011. Un chirurgien californien a même baptisé «Barbie» le type de rendu souhaité par la plupart de ses patientes: des lèvres ressemblant à un coquillage, doux et immaculé.

Un article à lire sur Slate : Belle toute nue: quand la chirurgie esthétique promet le sexe parfait, via @lambert_phil.

Prochaine étape, les mecs qui font la queue — mauvais jeu de mot totalement assumé — pour se faire rétrécir le pénis afin de retrouver leur zizi de petits garçons ?

Humour potache mis à part, on devrait se demander pourquoi une certaine presse et une industrie imposent l’image de l’enfance comme étant celle de la perfection des corps. Et pourquoi un nombre non négligeable d’entre nous (assez pour faire vivre cette presse et cette industrie) voient effectivement dans la jeunesse une façon d’être plus désirable — et pas comme on peut désirer manger un Twix.

C’est l’Eldorado, pour eux, d’arriver à nous convaincre que nous sommes toutes et tous naturellement moches : c’est de naissance, c’est dramatique. Mais ne pleure pas car il y a une solution ! Notre beauté doit être construite et donc… achetée ou, plutôt, elle doit être louée, car la chirurgie esthétique et la cosmétique, ça doit s’entretenir à coup de plus de chirurgie esthétique et de cosmétique.

Rien de neuf, cela dit. Sans remonter au déluge, voici deux pubs des années 70 qui ne font pas dans la nuance pour associer l’idée du désir à celle de la jeunesse et à celle des produits magiques qui vous la procurent en petits tubes à la forme rigolote (si si) :

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Une pub des années 70, pour des cosmétiques “love douceur bébé”, le slogan dit : “parce que l’innocence est plus sexy que vous ne le pensez.”

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Un autre produit de beauté. Cette fois, ça dit : Pouvez-vous rivaliser avec le ‘look de petite fille’ de votre fille ?

Il faudra bien un jour que notre société se décide à affronter ses propres hypocrisies.

Ce serait bien aussi que les client(e)s de ce genre de presse et d’industrie arrêtent d’être aussi con(ne)s et se décident à allumer leur cerveau — probablement le seul morceau du corps humain qui n’ait pas un rayon à son nom dans les instituts de beauté ou les boutiques de cosmétiques/bien-être, ni de rubrique à son nom dans la presse spécialisée.

Je vous laisse, je vais me passer un antirides testiculopénien aux enzymes priapiques naturelles et à l’huile de tulipes de Hollande, avant le retour de ma chérie : ce soir, on se regarde Blanche-neige et les sept mains baladeuses ou bien Les aventures de Bambite et Panpancucul.