L’erreur faite par Dropbox ?

Pour prolonger le billet précédent : il y a un autre aspect que je comptai aborder dans ce billet-que-je-n’écrirai-pas. Un truc tout con, qui m’a fait tiquer. Et comme ça continue à me faire tiquer, le voici : c’est le choix de Dropbox d’utiliser le même blabla juridique que tout le monde pour rédiger ses TOS.

Sérieusement : “le même que tout le monde” + “Dropbox“, ça ne vous étonne pas ?

Moi, oui.

J’utilise Dropbox depuis qu’il n’était encore dispo qu’en beta privée, ça fait quelques années donc. Mais il ne m’aura fallu que quelques minutes d’utilisation pour comprendre que leur service était génial et que cette petite boîte faisait partie de la petite (toute toute petite) poignée d’entreprises qui changent les choses.

Dropbox a tout simplement réussi à gommer toute complexité dans la synchronisation et le partage des fichiers — quelque chose qui est pourtant incroyablement complexe — comme ça, pouf !

Malheureusement, le second pouf ! est nettement moins magique. C’est la récente mise à jour des conditions d’utilisation.

D’autres en on parlé, je vous conseille de les lire si ce n’est déjà fait.

Quant à moi je suis naïf, vous le savez, mais — de Dropbox j’aurais aimé un texte “légal” qui soit aussi novateur que Dropbox lui-même. Un texte qui sache trouver le juste équilibre entre respecter le contenu (et la vie privée) des utilisateurs et l’intérêt de l’entreprise à qui on le confie. Un texte simple et san sambiguité, bien entendu.

On en est loin. On a droit à un quasi copié-collé de ce que l’on peut trouver dans les insipides/illisibles/verbeuses/somnifères/capilosécatée conditions d’utilisation de presque toutes les autres sociétés de service — Facebook, Twitter, Google, Instappaper ou Twitpics , etc. Le même suppositoire juridique qui protège le cul de l’entreprise.

Alors, oui je suis déçu. J’espérais la même claque, le même enthousiasme — sur un texte juridique, faut-il que je sois diaboliquement naïf…

Peut-être planchent-ils dessus en ce moment même, et les TOS actuelles sont transitoires ? Je l’espère. Ou alors, ils ont essayé mais ils ont laissé tomber parce qu’il ne serait tout bonnement pas possible d’arriver à un tel équilibre, de pondre un tel texte. Dans les deux cas, j’aurais aimé qu’ils nous en parlent — qu’ils nous disent pourquoi ils n’y sont pas arrivés.

Ce pourrait être l’occasion d’y réfléchir ensemble, imaginez ça : l’entreprise et ses utilisateurs ensemble. Peut-être découvririons-nous stupéfaits que c’est autre chose que des conditions d’utilisation qu’il faut réformer pour y arriver, quelque chose de plus important qui serait situé en amont.

Quoi donc ? Peut-être ce pourrait être ces lois qui obligent les entreprises à offrir sur un plateau nos données personnelles à la moindre demande d’une autorité publique ? Peut-être ce pourrait être l’absence de loisqui protègent nos données numériques ? Comme si le contenu d’un disque dur n’était pas aussi “privé” et n’exigeait pas la même protection que le “contenu” de notre domicile.

Mais bon, je suis naïf…