Un bon prof

L’essentiel était toujours d’attaquer le texte, de s’affronter aux idées de l’auteur. Pas de répéter une leçon.

Moi — on me pardonnera, ou pas (who cares?), de me citer mais, en bavardant sur Twitter, j’ai retrouvé ce vieux billet et, je ne sais pas, il fallait que je redise tout ce que je dois à ce professeur de français qui a, littéralement, changé ma vie. Car c’est lui qui a pris en main un ado stupide, qui pouffait d’un rire gras à l’idée de lire un roman ou une pièce (et qui ne voyait dans un stylo-plume qu’une machine à faire des tâches sur ses voisins de classe), et qui l’a transformé en… moi.

Je laisse chacun décider s’il faut le lui reprocher. Quant à moi, il est rare que je ne pense pas à lui quand j’ouvre un bouquin ou quand je commence à écrire. C’est-à-dire chaque Bon Dieu de putain de bordel de jour qui passe.

J’ai vieilli ? En tous cas je me souviens avec le même enthousiasme de mon professeur de français. Je le revois passer le seuil de la classe, son petit cartable en cuir rapé, ses cheveux déjà gris — pourtant jeune (sexy !) — et les yeux souriants. Sûr que c’était une langue vivante le français, et la littérature francophone un univers qu’on avait envie d’explorer, dans le cours de Monsieur Denis Leclerc.

C’est lui encore qui m’a fait découvrir la SF. Le con 😉

5 comments » Write a comment

  1. Arf, mais oui 🙂

    Et je pense même avoir été en classe avec celui qui a pondu la critique–dans la classe de Leclerc, justement (ce qui n’apparaît pas dans la critique, mais je me trompe peut-être).

  2. Tu sais qu’il a écrit des livres aux Editions “Chloe des Lys” à Tournai ? ^^

    • Lingerie et dérélictions
    • L’année sabbatique

    Tu les trouveras sur Amazon.fr ^^

  3. Heureusement que des profs sortent de cette masse informe et indigeste qu’est la continuité du collège-lycée. En 5ème j’adorais le français (que j’adore toujours autant) et mon prof le voyait, ça lui faisait plaisir. Un beau jour il m’a arrêté dans un couloir, a sorti de son cartable en cuir un vieil ouvrage de SF et m’as dit “Tiens, t’es vraiment intéressé. On achetait ces trucs à la gare quand on était jeunes, par dizaines.”

    Un prof qui enlève son costume d’enseignant une fois sorti de classe, je trouve juste ça génial.

    Je dois aussi beaucoup à mon prof d’histoire-géo de première, je garde cette histoire pour une autre parenthèse nostalgique. 😉

  4. Pingback: Un peu de lecture | davidbosman.fr