Un nouveau trou noir a été découvert et ça n’émeut personne ?

Pour mémoire :

Un visa Schengen est valable dans l’ensemble de l’espace Schengen. L’espace Schengen se compose des Etats suivants : France, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Portugal, Autriche, Italie, Grèce, Danemark, Finlande, Suède, Norvège et Islande, et depuis le 21 décembre 2007 : Estonie, Hongrie, Lettonie, Lithuanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie et République Tchèque. Le visa Schengen permet donc d’accéder au territoire de ces vingt quatre Etats.

Et c’est pas moi qui le dit

Sauf que, apparemment non, y aurait comme qui dirait un trou noir dans cet espace (un vilain accroc dans la trame schengenienne). Et ça fait peur, car nous pourions — ou nos enfants, ces pauvres petites têtes blondes — tomber dedans si nous n’y prenons pas garde, et Dieu sait que tomber dans un trou noir est une chose qu’il vaut mieux éviter de faire :

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Source (j’ai ajouté le noir).

Alors, bon je suis peut-être un imbécile inculte et un ignare totalement imperméable aux vraies questions, une buche totalement opaque aux authentiques enchantements de ce monde mais, quelqu’un aurait-il l’amabilité de m’expliquer pourquoi, en France, la “presse” s’obsède sur le mariage de deux Anglais plutôt que de nous expliquer comment (et pourquoi) notre cher gouvernement, main dans la main avec le gouvernement italien, est occupé à défoncer (je n’ai pas dit “enculer”, oups) les accords de Schengen — càd, en passant, aussi nos droits de citoyens — sans que personne n’y trouve rien à redire ?

Il me semble que cette question est un chouia plus intéressante que de connaître la couleur du slip de William (en porte-t-il un, d’ailleurs ?). Mais, comme je le disais, je suis certainement un con. Et puis, au fond, j’ai tendance à croire que, comme pour toute chose, on a la presse que l’on mérite.

On pourrait se poser une autre question encore, celle qui motive tous les astrophysiciens (et, dans notre cas, les explorateurs de la connerie humaine) : y a quoi, de l’autre côté du trou ?

10 comments » Write a comment

  1. Je m’excuse de vous demandez pardon mais la Suisse fait partie de l’espace Schengen depuis 2008. Oui Monsieur.

    Et accessoirement, la Suisse n’en a rien à carrer du string de Sir William (en tout cas moi), ce en quoi nous sommes solidaires (en plus de Schengen, donc).

    🙂

  2. Ha, monsieur, vous m’en apprenez une bonne. Naïf que j’étais de me fier à l’Autorité publique et de compter sur elle pour me dire où fini notre chez nous et où commence “l’ailleurs”, cet espace non-schengennien à la logique si différente de la nôtre 😉

    (En fait, j’ai d’abord essayé de trouver des infos fiables et à jour sur les sites officiels (européens et français) en vain : j’ai cru que j’allais mourir noyé dans les pages qui ne mènent à rien, ou me retrouver avec le cerveau grillé en essayant de déchiffrer le langage juridique. Je me suis donc rabattu sur ce consulat qui parlait un français à ma portée ;))

  3. Le souci c’était surtout de ne trouver des infos que sur “les accords” et sur la libre circulation des “citoyens européens” : or, ce qui se passe concerne des extra-européens. Et là, mais j’ai surement mal cherché, je ne trouvais à peu près rien concernant la circulation des étrangers dans l’espace de Shengen, ou sur la portée et les droits associés au “visa court” (d’une durée de 3 mois max, celui qui a été donné par les Italiens à nos amis Tunisiens). Bref, j’aimerais bien être juriste parfois, mais je ne le suis point 😉

  4. Peut-être la presse a-t-elle enfin compris (mais j’en doute) que, pour conserver ce qui lui reste de crédibilité, elle devait cesser de crier au loup à chaque fois que le gouvernement bougeait le petit doigt dans un but qui, contrairement à ce que s’imagine la puissante mais un peu niaise pensée unique, est généralement orienté vers le bien commun.

    Peut-être la presse devrait-elle d’ailleurs aller faire un stage dans un pays où les velléités populaires de liberté sont matées à coups de fusils, où les différences d’opinion sont punies d’emprisonnement, où les demandes de visa sont refusées. Du coup, elle se rendrait brutalement compte de la qualité de notre démocratie, en reviendrait peut-être à l’essentiel, et cesserait de dénoncer avec tant d’ardeur les vétilles habituelles. Elle cesserait peut-être de s’attaquer à nos pauvres flics qui ne peuvent pas se défendre, de victimiser les voyous, de diaboliser les opinions différentes. Mais je rêve, probablement. Et je m’égare, du même coup! Veuillez me pardonner.

    Alors, certes, le mariage princier n’est pas un sujet qui mérite qu’on y consacre deux calories, je vous l’accorde. Personnellement, je m’en contrefiche comme de ma première couche (qui devait être un lange, d’ailleurs, je crois bien). Toutefois, il faut reconnaître qu’il existe un nombre non négligeable de personnes qui s’intéressent au destin de ces têtes couronnées; c’est normal, c’est dans la nature humaine. D’ailleurs, il est fort probable que, malgré le peu d’intérêt que j’ai déclaré avoir pour l’événement, je me retrouve tout-à-l’heure devant la télévision!

    Pour répondre à vos interrogations poignantes, non, vous n’êtes pas le seul à vous poser des questions sur vos droits de citoyens. Je tiens à vous rassurer d’emblée: vous perdez votre temps; dans cette partie du monde, nos droits ne risquent pas grand-chose, soyez rassuré. Bien sûr qu’il faut rester vigilant, mais il faut aussi garder inactes nos capacités d’analyse, et ne pas crier au loup pour rien ou presque. Sinon, si un jour il faut élever la voix contre un retour de quelque chose de réellement dangereux, notre voix aura perdu de sa crédibilité. Mais, si ce jour funeste arrive, quelque chose me dit que les voix seront beaucoup, beaucoup plus rares, puisque là, il y aura réellement du danger…

    Comme vous dites, on a la presse qu’on mérite. Mis à part une petite partie qui prend des risques pour dénoncer des choses graves et nous informer courageusement (en général, tout cela se passe dans d’autres parties du monde), nos journalistes passent le plus clair de leur temps à nourrir la pensée unique, c’est-à-dire à dénoncer le moindre écart des policiers, à taire les violences et intolérances de nos voyous de cités et de nos extrémistes en nous faisant croire qu’ils sont nos victimes, et à faire de plus en plus d’énormes fautes de grammaire, d’orthographe et de vocabulaire. Nous vivons en réalité dans une espèce de dictature douce, une dictature de l’inculture, de la pensée unique prémâchée, de la télé-réalité et du journal de 20 heures; une dictature extrêmement intolérante qui prône la tolérance, une dictature bien intentionnée (je n’en doute pas) qui attise la haine contre les policiers, contre les hommes politiques, contre les lois (très bien conçues, si on y réfléchit), bref, contre les fondements de notre société de liberté.

    J’ai toujours trouvé extrêmement intéressante la propension de l’être humain à devenir aussi intolérant, voire plus encore, que ce qu’il dénonce. Et quand l’intolérance de ce qu’il dénonce est imaginaire, je vous laisse imaginer le tableau…

    Il faut impérativement penser par soi-même. Cela prend du temps, puisqu’il faut réunir soi-même le matériel de réflexion. Mais après, quelle liberté! On se passe définitivement des réflexions prémâchées qui, très habilement, ne nous interpellent que d’un côté de notre intellect: forcément, si on ne parle que d’un seul aspect d’un problème, la conclusion est faussée. Et c’est ce que font les médias, croyez-moi, par pitié!

    Voilà, petite digression matinale, déclenchée par la lecture de votre gentil article. D’ordinaire, cela reste sous forme de pensée, mais ce matin, désœuvré, j’ai eu envie de le mettre par écrit. Je file prendre mon café, passez une bonne journée.

  5. Merci de partager tes réflexions avec tout le monde. Tu touches quelque chose d’important à mon avis quand tu parles de “prendre du temps”.

    Juste une chose :

    ne pas crier au loup pour rien ou presque. Sinon, si un jour il faut élever la voix contre un retour de quelque chose de réellement dangereux,

    Laisser un gouvernement décider de faire ce qu’il veut quand ça l’arrange et comme ça l’arrange, en l’occurrence ne pas respecter une loi qui concerne la liberté de circulation des personnes, ce n’est pas “rien ou presque”. C’est même très dangereux. Un pouvoir exécutif qui confond les rôles et se croit le droit de faire et défaire des lois (ou de les ignorer, tout simplement), c’est franchement terrifiant (même si ce n’est pas la première fois que ça arrive, en France).

  6. Pingback: Et pendant ce temps, dans un univers parallèle | davidbosman.fr

  7. powpowpow…loin de moi de vouloir Paul et Mickey, mais :

    1 – La Confédération des Grands Fabricants de Fromages fait bien partie de l’espace Truc 2 – La position du Gouvernement honni de tous et en place quand même n’est pas aussi en dehors des règles z’europèennes que cela…lire divers dépêches de Bruxelles à ce sujet. En effet quand un état (l’Italie ici) ne respecte pas certaines de ce même traitéTruc t ouvre ses frontières (volontairement ou non) à tous vents, et fournit de plus des papiers pour que ces gens aillent immédiatement voir ailleurs, c’est ce pays qui est en cause…et ses voisins (la France par exemple…) sont en droit de réagir !

    Le trou noir, s’il existe, est plutôt à l’heure actuelle dans l’esprit des médias qui confondent polémiques permanentes et exactitude des faits et des procédures !

    La détestation de Sarkozy semble permettre de dire n’importe quoi, au simple fait qu’il apparaît dans une décision, sans pour autant avoir examiner la réalité de l’information et la justesse des positions.

    Dans le cas précis expliqué ici, c’est l’Italie qui ne respecte pas les règles établies.

    Berlu/Sarko…ne pas confondre les torchons et les soviets !!!

  8. sont en droit de réagir !

    En punissant les étrangers qui ont obtenu un visa tout ce qu’il y a de plus légal ? Intéressant… Si l’Italie merde, c’est l’Italie qu’il faut punir. Edit: et en empêchant carrément les trains de rouler ?

    Je ne prends pas position sur l’opportunité ou non de laisser entrer “tout le monde” (j’ai un avis personnel très clair cela dit, et qui n’est pas difficile à deviner), mais je remarque que, parce qu’elle l’emmerde, l’exécutif français conchie allègrement la loi européenne.

    On a parfaitement le droit de ne pas aimer une loi, ou de penser qu’elle est inadaptée. Dans ce cas, on la réforme : on ne la contourne pas. En fait, à un tout autre niveau (j’insiste), le gouvernement français fait exactement ce qu’il veut empêcher les internautes de faire : ne pas respecter la loi (du droit d’auteur). C’est pitoyable, sauf que là c’est un peu plus dramatique que priver Johnny Hallyday de son prochain million d’euros…

    Tu as raison, il ne faut pas tout confondre. À commencer par les responsables (et les victimes) d’un problème.

    Edit: correction des coquilles (et changement de piles du clavier) 😉