Installer Pandoc sur Snow Leopard (et sur Ubuntu), avec une souris et un éléphant

29 mai 2011 : mise à jour pour les lecteurs de Urbanbike.

Pandoc est un convertisseur (un “parser“, pour ceux et celles qui veulent faire le malin en speakant de l’english de geeks) de Markdown (et ses déclinaisons) vers un paquet d’autres formats — genre un paquet gros comme ça. Son grand intérêt — en plus d’avoir un nom sympa, qui invite à revoir Retour vers le futur III — est donc de ne pas se limiter à l’export vers le HTML.

La suite de ce billet s’adresse exclusivement aux geeks — maman, je t’en supplie, passe ton chemin.

 

L’installation de pandoc sous Ubuntu est un jeu d’enfant. Dans le Terminal, on tapote d’un doigt guilleret (ou des dix doigts, si l’on est doué) :

 sudo apt-get install pandoc

On valide, on s’identifie et c’est tout. (Notez que l’on ne disposera pas forcément de la version la plus récente de pandoc. Pour ça, il faut l’installer à la main et c’est tout de suite moins un jeu d’enfant.)

Sous Mac OS X Snow Leopard, c’est un chouïa plus lourd. En fait, c’est même carrément mammouthesquement plus lourd puisque vous pouvez vous attendre à consommer — glups, me tapez pas dessus, je ne suis que le messager — de 10 à 15Go sur le disque. Pas pour pandoc lui-même, qui est tout petit, mais pour tout ce qui va rendre possible son installation sur le Mac. C’est un peu de la folie, mais il n’y a pas vraiment le choix…

[L’auteur de l’article se précipite dans les coulisses et remonte sur scène un instant plus tard, le visage peint de couleurs vives et avec un gros nez rouge, pour raconter une histoire drôle :]

Une souris et un éléphant courent dans la savane…
La souris se retourne et dit à l’éléphant, “T’as vu la poussière qu’on fait !

[Après cet aparté philolsophique ô combien amusant, revenons à notre autre bestiole, ce brave Snow Leopard — laissez-moi juste le temps d’ôter ce nez rouge qui me torture l’appendice olfactif. Merci :]

Téléchargez et installez la plus récente version 3 de Xcode (3.2.6 dans mon cas, elle est dispo gratuitement sur le site de dev Apple, inscription obligatoire). Notez que je n’ai jamais réussi à installer pandoc avec une version moins récente que celle-là. Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais vous répondre que des conneries péremptoires, ce qui nuirait à mon image de sérieux. Par contre, et ça ce n’est pas une connerie, avec la 3.2.6 ça fonctionne.

Ensuite, téléchargez et installez Haskell. Il y a d’autres façons d’installer pandoc une fois que Xcode est installé, par exemple via MacPort, mais là aussi j’ai eu pas mal de soucis. J’ai installé la version 64bit expérimentale de Haskell, qui semble fonctionner correctement.

Maintenant que Haskell est installé, dans le Terminal tapez ceci pour, enfin, installer pandoc :

 cabal update
 cabal install pandoc

Entre chaque commande, patientez et attendez de récupérer le contrôle du shell : cela peut peut durer pas mal de temps. Laissez-le faire.

Après l’installation, tapez pandoc -v pour tester la chose. Si le shell affiche une erreur et, tel un diabétique devant une pâtisserie 1, gémit de ne pas trouver la commande “pandoc” et que c’est dégueulasse et que maintenant il boude, faites comme moi et ajoutez ceci dans votre ~/.bashrc :

 export PATH=$PATH:/Users/david/Library/Haskell/bin

Remplacez david par votre nom d’utilisateur. Pensez à recharger le bashrc, en tapant :

 source .bashrc

Cette fois, tout devrait fonctionner :

Pandocparadise

On a même droit à la toute dernière version de pandoc. Quand elle a vu ça, Jodie Foster m’a demandé ce que je faisais ce soir, et si elle pouvait m’offrir un thé et, moi, j’ai rougi.

Pour utiliser pandoc, par exemple pour transformer le fichier toto.markodwn en toto.odt (OpenOffice), tapez :

 pandoc -s toto.markdown -o toto.odt

Pour transformer toto.markdown en toto.html, tapez :

 pandoc -s toto.markdown -o toto.html

Simple. Mais rien ne vous empêche de faire des choses sensiblement plus poussées. C’est le côté séduisant de pandoc, comme de Markdown : il s’adapte à nos besoins.

Je veux du PDF !

Pour ça, vous devez installer LaTeX.

Il est peut-être déjà installé sur Ubuntu, sinon un petit coup de apt-get install texlive texlive-lang-french devrait faire l’affaire.

Sur OS X, le plus simple est probablement d’installer MacTeX : encore un peu plus de 3 Go dans les dents du disque. Je vous le disais : de 10 à 15Go, mais quand on aime on ne compte pas, ou seulement les secondes qui passent si lentement loin de l’être aimé — Sans sucre mon thé, Jodie.

Chez moi, après l’installation le shell ne trouvait pas les commandes requises pour fabriquer le PDF et retournait des messages d’erreur — le petit salopiot. Pas de surprise, mettre à jour le ~/.bashrc a réglé le souci :

  export PATH=$PATH:/usr/local/texlive/2010/bin

Puis, on ordonne à cette andouille de shell de relire le .bashrc :

  source .bashrc

Ça devrait marcher :

  markdown2pdf toto.markdown

Transforme bien le fichier toto.markdown en un magnifique toto.pdf qui fera l’envie de toutes vos copines :

Zu pdf.png
Une premier jet de ce billet, converti en PDF.

Cela semblera bien du tracas pour installer un si petit convertisseur — et bien des Go d’espace disque pour installer de gros outils dont, si vous êtes comme moi, vous n’aurez peut-être jamais besoin — mais si vous manipulez du texte et si vous aimez écrire en Markdown et désirez produire autre chose que du HTML, il serait dommage de renoncer à pandoc ainsi qu’à la multitude des formats qu’il supporte, ses nombreuses options, ses templates et, une fois qu’il est installé, à sa simplicité d’utilisation.

🙂


1: Pas la peine de nous dire, à mon diabète et à moi, que c’est mal de se moquer des malades : pensez à l’environnement, ne gaspillez pas les octets.

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