OS X est mort, vive iOS

Ce n’était pas une keynote transcendante. Pourtant, elle m’a laissé avec une sacrée impression: celle que OS X va mourir avec le Lion.

Oh, rassurez-vous : Lion sera un OS X à part entière, avec un nom de fauve féroce. Et ce qui suit n’est jamais que mon impression toute personnelle. Mais certains détails de cette keynote sonnent comme le signe avant coureur de plus gros changements. Un en particulier, m’a fait réagir et m’a donné envie d’écrire ce (long, vous êtes prévenu) billet :

Des apps plein écran. Pour mieux profiter de vos apps préférées.

Sur l’iPad, chaque app s’affiche en plein écran, sans distractions, et il est facile de retourner à toutes vos autres apps. Mac OS X Lion fait exactement la même chose sur votre bureau. (…) Comme elles sont prises en charge d’un bout à l’autre du système, les apps plein écran s’afficheront en plus grand et vous permettront de mieux vous immerger dans ce que vous faites. Vous pourrez ainsi vous concentrer sur le moindre détail de votre travail ou vous immerger dans vos jeux comme jamais.

(je souligne)

Le mode plein écran annoncerait la mort de OS X ? Tu te fiches de nous ?

Non.

Le mode plein écran

Lion Apps 20101020.jpg

On dirait un iPad. Ça semble un détail, mais je pense que c’est plus que ça. Ce n’est pas juste une nouvelle option d’affichage des fenêtres. Même si la dernière version de Pages propose déjà un mode plein écran, (ainsi que Aperçu et quelques autres), dans l’univers d’Apple cela faisait figure d’exception : ce n’était pas une fonctionnalité aussi importante que ça. Et là, au moins dans iLife 11, elle semble au coeur de l’interface.

Même si pour Lion ça ne sera encore qu’une option et même si Apple laisse entendre que ça ne sera pas disponible partout, j’ai le sentiment que cela devrait changer profondément la façon dont on utilisera nos Mac.

Il s’agit quand même de supprimer, ou de réduire à minima, un intermédiaire (j’allais écrire “une interférence”) entre l’utilisateur et ses données : les fenêtres. Pour aller vers une manipulation encore plus naturelle et intuitive (regardez la partie sur iPhoto ou GarageBand, comment il est facile de faire des choses sophistiquées avec les images et la musique presque sans recourir à un seul menu, dans un écran unique).

Travailler sans fenêtres ? Ce n’est pas le seul signal qui va dans le sens d’un iOS pour Mac mais, pour un vieil habitué du Mac, c’est pas loin d’être une révolution.

Il faut savoir que le Bureau du Mac a toujours été quelque chose de profondément bordélique. Beau, mais bordélique : c’est quelque chose de génétique, lié au système lui-même. Rien qu’à cause des fenêtres qui s’empilent partout, sans moyen simple de les ranger de façon stricte ou de leur faire occuper tout l’écran (contrairement à Windows ou Linux ou à… l’iPad, bien sûr, où tout est toujours en plein écran). Sur un Mac, qu’il s’agisse de System 7 :

System 7
(Source)

Ou de Mac OS 10.6 :

Snowbordel
Mon bureau cette nuit, pendant que j’écris ce billet.

On a toujours eu une vision en “épaisseur” du Bureau, avec une fenêtre au premier plan et toutes les autres — autant qu’on voulait,autant que pouvait en supporter le Mac — à l’arrière-plan qui s’empilent dans un joyeux désordre. Ce n’est pas sans raison que cela perturbe autant de switchers, qui cherchent à recréer le Bureau “au carré” de Windows. La logique du Mac est/était différente : ce désordre étant la conséquence naturelle de la façon d’utiliser l’ordinateur promue par Apple.

Il est possible de simplifier le Bureau du Mac (il suffit de voir le succès des sites Mac dédiés à la question), mais rien ou presque n’est prévu pour le faire dans Mac OS X lui-même. Même si Apple a apporté Exposé, Spaces, etc. on reste très loin de la “simplicité” naturelle d’un écran d’iPad. Jusqu’à Lion. Dont le mode plein écran met un terme à tout cela ou, du moins, annonce une fin prochaine et probable.

Je le disais plus haut : selon moi, il annonce une nouvelle façon d’utiliser le Mac. Une façon qui, assez logiquement, pour les nouvelles générations d’utilisateurs qui grandiront avec cet OS (et avec l’iPad et l’iPhone qui le complèteront), deviendra le comportement “normal” d’une application : une tâche, une fenêtre, un écran. Et pourquoi pas ? Le Bureau est vieux. Et si Apple a réussi à imposer son utilisation il y a plus de 20 ans, elle doit bien être capable d’imposer une autre métaphore. Elle a déjà commencé à le faire, avec iOS.

Ce n’est jamais qu’une option, me direz-vous. Oui, bien sûr. Mais ce n’est pas le seul signal qui indique une “iPadisation” des Mac.

Mac App Store

Lion app Store 20101020.png

Là aussi, pour le moment il semblerait qu’il s’agisse d’une “possibilité” pour les développeurs d’utiliser cette vitrine mise à leur disposition par Apple (avec ses facilités de mise à jour, de commercialisation, etc.). Pour l’instant.

Mais il s’agit bien pour Apple de reproduire le coup de génie d’iTunes et de l’iPod (et de l’iPhone/iPad et de l’App Store) : devenir le hub, la plateforme de vente obligatoire. Qui pourra rester en dehors du Mac App Store, une fois qu’il sera disponible par défaut dans Mac OS ? À part quelques poids lourds et certaines applications spécifiques… À terme, il y aura une seule façon de proposer des applications pour Mac.

Si elle le fait, c’est bien sûr parce que cela lui rapportera de l’argent, beaucoup, sur un marché qui ne lui avait jamais rien rapporté jusqu’alors (la vente de logiciels tiers)1. Mais surtout cela lui permettra d’être l’unique interface entre le client et les développeurs. Et donc, elle pourra imposer ses règles, et ses usages aux développeurs, et donc donner la forme qu’elle veut aux applications et accélérer encore plus l’évolution de l’interface de Mac OS vers autre chose (on repense au mode plein écran : une fenêtre = une application = un écran).

Alors que jusque-là elle ne pouvait qu’encourager les développeurs à utiliser ses API et à suivre ces guidelines, maintenant elle va pouvoir prendre les commandes — “Nul n’entre ici, s’il ne respecte ma loi” pourrions-nous presque déjà lire sur le portail du futur Mac App Store. Bienvenue dans le nouveau jardin gardé de Apple.

Launchpad

Launchpad

Là encore, on dirait un gadget. Mais notez quand même comme il floute le Bureau pour prendre sa place. Plus besoin de farfouiller pour trouver les applications, disait Jobs dans la Keynote : tout est là.

Si c’est un gadget, c’est un gadget bien étrange, alors. Car la Keynote ne m’a pas convaincu de son utilité sur Mac OS X tel que nous le connaissons aujourd’hui, et je n’ai aucun doute que Apple en est pleinement consciente. Il suffit de voir dans la keynote comme le scroll d’un écran à l’autre semble un peu empoté, lourdaud. Voyez comme le regroupement des applications semble prendre du temps. Trop.

Il me semble plutôt que Launchpad est un premier pas discret vers autre chose — comme c’est souvent le cas avec Apple —, une façon futée de nous préparer à changer nos habitudes. Pour un changement qui, lui, sera radical. Lequel ? Il suffit de regarder l’iPad pour en avoir une petite idée : toujours plus de tactile, bien sûr (Launchpad y est parfaitement adapté). Mais je pense qu’il s’agira avant tout de virer le Finder.

Si pas de le liquider complètement, et de liquider en même temps la métaphore des dossiers et des fichiers et la sacro-sainte arborescence du disque dur, au moins de le détrôner et de le mettre en retrait. Au profit des… applications.

Il n’y a pas de Finder dans iOS, il ne m’a jamais manqué. Et à vous ?

Et puis, ce n’est pas totalement inédit. C’est même quelque chose que Apple a toujours eu en tête : mettre l’application en avant, l’utilisation plutôt que la gestion. Il suffit de penser à Spotlight dont le slogan pourrait se réduire à : ne classez rien, trouvez immédiatement. Et ça marche.

On pensera aussi à iPhoto (et iTunes) : quand ma maman démarre iPhoto, elle “ouvre ses photos”, elle ne pense pas aux outils ni aux fichiers, elle ne sait pas que chaque photo à un nom de fichier et que ce fichier est “enregistré quelque part sur le disque dur” : sa photo est dans iPhoto. Et c’est très bien ainsi : quand elle a fini de regarder ou d’imprimer ses photos, elle referme iPhoto comme on remet le couvercle sur la bonne vieille boîte à chaussure dans laquelle rien n’est rangé mais où l’on retrouve toujours les photos2. Et, de façon un peu plus sophistiquée, cela marche de la même façon avec Aperture (un logiciel pro, donc).

Time Machine : c’est la première sauvegarde 100% “non-technicienne”. Apple a apporté sa touche de génie à une question incroyablement complexe : Time Machine nous pose une seule question quand on branche un disque externe (voulons-nous l’utiliser pour faire une sauvegarde ? Oui-Non). Et c’est tout. Dès ce moment, toutes nos données sont sauvegardées automatiquement. Il suffit d’ailleurs de voir comme les options de Time Machine sont réduites au strict minimum pour comprendre que Apple aimerait que nous n’y touchions pas du tout, en fait.

Jusqu’à aujourd’hui, ces programmes sont resté des corps étrangers greffés sur un Finder vieillissant (après tout, il n’est passé en Cocoa qu’avec Snow Leopard). Par contre, il ne faut pas beaucoup d’imagination pour réaliser que, tels qu’ils sont là, il sont à peu près déjà parfaitement adaptés à un hypothétique “Mac iOS”, dans lequel tout se passerait dans des applications, sans avoir à gérer les fichiers nous-même.

Steve Jobs en parle, dans sa Keynote : il n’y aura plus besoin de s’inquiéter de sauvegarder les fichiers: “auto save”.

Lion 2.png

S’il n’est plus nécessaire d’enregistrer un fichier pour le créer, Apple aura réussi à abolir à peu près complètement l’idée même de fichier.

Cela dit, je ne pense pas que le Finder disparaîtra complètement : nous sommes nombreux à avoir besoin d’un outil plus lourd qu’un “iOS” pour Mac. Mais je parie qu’il ne sera plus cet élément indispensable pour utiliser pleinement notre Mac, cette application indéboulonnable (aujourd’hui, c’est à peu près le seul programme qu’il est impossible de supprimer au démarrage du Mac).

Alors, quoi ? Apple nous remet en couches et fourni les biberons ?

LaunchPad, Mac App Store et le mode plein écran, pour moi, tout cela annonce une réforme profonde de nos usages. Une simplification à la sauce Apple… “Créez sur votre Mac, travaillez, faites des choses belles et amusantes, semble nous dire Apple, et ne vous occupez pas du reste, c’est notre job.” — Et il faut reconnaître dire qu’elle le fait bien.

Est-ce qu’elle privera l’utilisateur de sa liberté ? Est-ce qu’elle l’infantilisera ? C’est sûrement ce qu’on lui reprochera de vouloir faire. Et il y a peut-être un risque. Mais je n’y crois pas. Pas plus qu’avec l’iPad. Par contre, il semble aussi évident, vu ses choix passés, que Apple aura bien du mal à résister à la tentation de tout contrôler et de jouer le père la morale.

Ce qui est sûr, c’est que cela remet en question bien des usages et des pratiques. Comme l’a dit Anthony : avec le Mac App Store, le piratage des applications Mac vient de prendre du plomb dans l’aile. Cela concernera aussi les usages légaux : à terme, il sera peut-être moins facile de développer une app pour Mac et de la diffuser, sans entrer dans la “machinerie Apple”.

Il va falloir patienter pour savoir.

Quand ?

Pas dans Lion. J’en parlai il y a quelques jours : cela me semble naturel pour Apple de refermer le grand livre de Mac OS X avec le roi des animaux. Il mérite bien ça. Ce n’est donc pas lui qui changera tout. Mais il servira de tête de pont à Apple, qui fera quelques pas discrets histoire de tâter le terrain. Après tout, Jobs le dit lui-même : “that’s what Lion is all about: Mac OS X meets the iPad”.

On tablera donc sur Mac OS 11, Mac OS NeXT ou NeXT OS ou dieu sait quel nom Apple lui trouvera.

Je peux me tromper sur toute la ligne, je peux carrément délirer sur ce qui n’arrivera jamais. C’est sans importance, je ne fais que traduire le sentiment qui me reste après cette Keynote. Ca, et le fait que le nouveau MacBook Air est bien beau mais qu’il mériterait une meilleure autonomie (et une puce 3G).

(1): la question subsidiaire étant de savoir si les applis gratuites, nos freewares sur Mac OS X, seront eux aussi sponsorisés par de la publicité ?

(2): En savoir plus n’est pas interdit, bien entendu. Savoir que les photos sont en réalité dans ~/Images/iPhoto Library, qui est un paquet qui contient lui-même des dossiers et sous-dossiers dans lesquels sont rangées nos photos, par Exemple. Mais savoir cela ne sert à rien pour profiter au mieux de l’application. Idem pour Itunes, Aperture et quelques autres. Sans parler de certains logiciels qui ne sont pas signé par Apple.

Edit: ajout d’un lien manquant.

38 comments » Write a comment

  1. Je l’attendais (cet article) et je ne suis pas déçu….

    Cet article synthétise l’arrière pensée que j’ai depuis longtemps en regardant la tournure que prend les apps iOS :

    Nous ne gérons plus des données, nous manipulons des informations.

    Et c’est là que l’informatique prend vraiment son sens : Nous ne nous soucions plus de l’emplacement de la données, nous voulons simplement acceder à l’information, pour mieux la manipuler.

    Quand je rédige un document word, lorsque je fait du montage vidéo, lorsque je traite mes photos, je m’en balance pas mal de savoir ou se trouvent les fichiers. Je veux juste travailler dessus.

    Pour les utilisations plus poussées comme le développement, il sera toujours important d’avoir accès à une arborescence, mais cela représente combien de personnes ?

    Pour moi, tu vois juste et j’espère de tout mon coeur que nous nous tournerons vers ce modèle 🙂

    Sinon, au sujet du mode fullscreen : J’attend depuis longtemps un vrai “space”, pas seulement un mode multi bureau linux lifté à la sauce Apple. Simplement un outil qui me permette de créer mon espace, de supprimer tout ce qui ce trouve autour pour pouvoir me concentrer sur l’essentiel. Revenir vers du mono-tâche. Revenir vers l’information, l’essentiel. Selon moi, Mac OS Lion, bien que simple transition apporte beaucoup de ce côté là.

    Je l’attendais (cet OS) et je ne suis pas déçu….

  2. En ce qui me concerne, j’ai trouvé la keynote très décevante… 45min sur iLife 11 dont je me fous royalement et quelques minutes a peine sur Mac OS Lion..

    Back to the Mac disaient-ils.. en forçant le trait du “Mac Meet iPad”.. c’est tout sauf un “Back to the Mac”.

    iLife 11, moué, quelques nouveautés sympas, notamment le mode storyboard dans iMovie, mais ce soft reste toujours aussi chiant à utiliser sans véritable Time Line. Pour ceux qui doutaient encore qu’iMovie était une application de père de famille, ce doute n’est plus permis.

    Si vous voulez vraiment avoir un bon soft de montage vidéo, sans vous ruiner, passez plutôt à FinalCut express.

    IPhoto quant à lui m’a l’air plutôt bien foutu même s’ils auraient pu aller plus loin encore, notamment en faisant une sorte d’Aperture Light, qui aurait sans doute permis aux utilisateurs de prendre leurs marques et migrer par la suite vers Aperture 3 (ou 4).

    Le LaunchPad, le truc bien chiant par définition vu que l’écran n’est pas tactile. Aucun intérêt si ce n’est perdre son temps a faire des dossiers d’applications à la manière d’iOS sur iPhone.. un coup de spotlight ou lanceur d’application comme Butler est largement plus rapide.

    FaceTime, bonne et mauvaise nouvelle.. – Bonne Nouvelle car inutile d’acheter à Madame un iPod Touch ou iPhone 4 pour discuter ensemble en visio lorsque Monsieur est en Déplacement professionnel

    • Mauvaise Nouvelle car Monsieur ne pourra plus profiter du fait que Madame n’a pas d’iPhone 4 / iPod Touch, et par conséquent, ne plus lui mentir quand il dit qu’il est encore au bureau à 21h.. (Chéri, accepte mon appel Facetime pour voir si tu es vraiment au bureau..) ^^

    L’autre mauvaise nouvelle se situe au niveau des services ROSES ou de cul pour être cru, qui vont sortir en Masse, ce qui aura l’effet inverse que celui désiré par Steve jobs (no porn, welcome kids).

    Concernant le nouveau MacBook Air, je le trouve presque nul à chier.. Core 2 Duo alors qu’il y avait sans doute la place pour un Core i3 ou i5. L’autonomie tres décevante ( 5 Heures) pour ce type d’appareil dépourvu de HDD et de lecteur CD/DVD. 13,3 pouces presque intéressant pour la résolution proposée et surtout un 11,6 pouces inutile lorsque l’on a un iPad.. parce que si on veut vraiment de la mobilité, notamment position debout, l’iPad est la meilleure solution.

    Déjà que je trouve le 13,3 pouces ridicule en taille, je n’ose même pas imaginer le 11,6 pouces sous Office ou Aperture..

    Bref, vous l’aurez compris, cette keynote est à oublier pour moi.

  3. Tout comme Julien, cet article synthétise bien mon sentiment également.

    Par contre, je suis tout sauf pressé de passer à un Mac iOS ! Je suis loin d’avoir une utilisation mono-tache de mes mac, bien au contraire.

    Je dis pas, pour les particuliers, c’est sans doute la solution pour permettre à tout le monde d’utiliser un Mac, mais pour un professionnel, j’ai un gros doute. J’ouvre les mêmes fichiers avec plusieurs applications différentes, je veux pouvoir gérer la sauvegarde (modifications de tests), et franchement, vous vous voyez avec word en plein écran sur un 27″ ?

  4. Superbe article qui résume tout à fait mon sentiment et qui laisse bien entre-voir le visage que souhaite donner Apple à l’informatique. Il y a 20 ans, elle simplifiait le Personnal Computer en introduisant la métaphore du bureau et des fenêtres et je crois aussi qu’elle va réitérer l’exploit en virant la partie gestion des fichiers, en focalisant sur la tâche que l’utilisateur accompli.

  5. — Je le disais plus haut : selon moi, il annonce une nouvelle façon d’utiliser le Mac. Une façon qui, assez logiquement, pour les nouvelles générations d’utilisateurs qui grandiront avec cet OS (et avec l’iPad et l’iPhone qui le complèteront), deviendra le comportement « normal » d’une application: une tâche, une fenêtre, un écran.

    Il n’y a pas une autre explication plus “simple”? Si l’interface de Mac OS convient bien pour les “grands” écrans, elle convient par contre beaucoup moins bien pour les petits écrans. Des applis plein écrans sur un 13″ (voire le 11″) avec un passage facile d’une appli à l’autre serait plus “productif” que d’avoir constamment à replacer ses fenêtres, car de toutes façons la taille de l’écran ne permet pas vraiment d’avoir beaucoup plus qu’une fenêtre à la fois (sauf peut-être si la deuxième fenêtre est du style d’une liste de contacts Adium).

    • @renaud: J’imagine que ça dépend de chacun. Tu le vois sur une des captures : le 13″ de mon MBA est bien chargé, ce n’est pas toujours comme ça, mais ça ne me gêne pas car je ne perds pas de temps à déplacer les fenêtres à la souris pour m’y retrouver : j’utilise Exposé 😉

      A contrario, il m’arrive souvent de travailler en plein sur un 24″ (1920×1280). Surtout pour écrire.

  6. Pas mal l’article, il résume bien le sentiment qui se dégage de cette keynote. A nous de l’accepter, ou d’aller voir ailleurs. Cela dis ailleurs, il y a déjà des solutions qui existes : sous ubuntu, la version du gestionnaire de paquet ressemble déjà à un app store. Cela facilite l’administration des paquets et des maj sous linux, et pour un utilisateur lambda (pas béta ;p) c’est vraiment pratique.

    La nouvelle métaphore du bureau me fait un peu penser au “projet aurora” mis en avant par la fondation mozilla il y a quelques années : les données sont essentielles, pas le logiciel. La principale différence entre lion et ce projet, c’est l’utilisation du réseau : chez mozilla le bureau n’est qu’une interface réseau, chez Apple, ce n’est qu’une interface pour les données. Hasard ou pas la fondation précité a présenté son store cette semaine, …

    allez dans un an, ce nouveau bureau nous fera peut être rugir de plaisir …

    je sors ^O^’

  7. @david: en effet, ça dépend de chacun. Quand je disais “déplacer” je pensais en fait à “déplacer pour maximiser” (chose assez bizarrement impossible à faire directement sous Mac OS X). De mon côté, je règle tout ça à coup de Launchbar ou Commande-Tab plutôt qu’exposé car mon bureau encore plus bordélique.

    Je me mets plus dans la réflexion à la place de l’utilisateur lambda. Si par exemple il y avait Pages en mode “page” à la place de TextMate (ce qui n’est pas la manière la plus rationnelle d’utiliser l’espace, je suis d’accord), avec son inspecteur à côté, ça ne laisse plus beaucoup de place pour autre chose, si ce n’est pour le sélectionner rapidement.

    Par contre je ne pense pas qu’Apple ait pour ambition d’arriver à “une tâche, une fenêtre, une application”. Ils n’auraient pas entamé la réflexion sur Mission Control si tel était leur but. Mais c’est vrai que c’est une approche intéressant pour les applications qui ne nécessitent que peu d’échanges avec d’autres applis (ou qui incluent leur propre “browser” – comme iMovie pour la photothèque iPhoto par exemple).

  8. Cela fait Trente Trois ans que les deux Steve révolutione l’informatique, d’abord avec l’Apple II, ensuite le Lisa et le premier Mac 128, en 1984. -:)

  9. Très bel article, merci! Personnellement le MacBook air a tué mon netbook hackintoshé (un Dell mi i 9 avec une pomme collée dessus) : meilleure résolution d’écran, clavier pleine taille, superbe pad, meilleure autonomie, plus de problèmes liés aux bidouillages. Seule question : où trouver les 1000€ pour ce qui m’apparait être une superbe machine à écrire répondant à mon critère principal : pas plus d’1kg (nous passerons pour quelques grammes). J’ai l’impression qu’Apple a fait la machine dont j’ai besoin, à un prix encore abordable, qu’elle a réalisé qu’en train, en avion 13′ est trop encombrant, que 13′ est trop encombrant quand on a des carnets, des livres et un espace de travail compté… Je pense qu’Apple a réalisé que rares sont ceux qui peuvent travailler sur un iPad, j’ai un peu essayé, mais je préfère le superbe pad à l’écran tactile, de l’USB pour transférer mes données, ouvrir un portable pour en orienter l’écran et non pas brancher à un clavier dock.

  10. Je suis mitigé quand au propos lu ici. D’un côté, y a du vrai. Mais d’un autre je suis formellement en désaccord avec choses.

    Par exemple, pour moi, la vocation de Mac OS est au final de faciliter le passage entre le Mac OS tel qu’on le connait, et une interface tactile “à la iOS”. C’est exactement le point de vue que j’avais argumenté sur un article il y a quelques jours/semaines concernant le brevet d’Apple sur l’iMac tactile inclinable, sur un blog voisin.

    Pour moi, on continuera à utiliser un Mac comme on utilise un Mac aujourd’hui. La seule différence est que certains logiciels auront une interface “plein écran” dédiée au tactile. En gros, tu veux passer en mode tactile, t’actives le mode plein écran. Il est impensable que toutes les interfaces soient revisitées. Certaines fonctionnalités seront plus adaptées à la souris et au clavier, quand d’autres seront parfaitement adaptées au tactile. Du coup, l’abstraction totale du Finder pour le mode tactile me parait être une évidence, mais ce-même Finder restera pour les interactions à la souris.

    Et je retrouve cette info nulle part, mais il me semble avoir entendu Steve Jobs dire “il y aura une autre amazing nouveauté dans lion, mais on en reparlera plus tard quand on sera plus proche de la commercialisation” (je l’ai vu en direct, pas pu revenir en arrière et pas encore regardé la vidéo de nouveau, mais je suis étonné que personne ne l’ait relevé). Etant donné que Mac OS X Lion sortira cet été, je pense qu’il sera accompagné d’une révision de la gamme Mac (une partie en tout cas), et je suis intimement convaincu qu’il y aura un iMac (ou autre, mais pour les Mac Book, pour continuer dans leur logique du “pas de tactile vertical”, il faudra soit le faire à la manière tablet PC, soit sous forme de slider) à écran tactile.

    Enfin bon je ne vois toujours pas iOS débarquer sur ordinateur de bureau (ni même portable), mais plutôt Mac OS intégrer les nouveautés proposées par iOS afin de permettre une interface hybride.

  11. au fait : je suis arrivé sur ton blog de fil en aiguille (c’est ça la beauté du net) et je le trouve tres interessant continue 😀

  12. “Apple de refermer le grand livre de Mac OS X avec le roi des animaux”

    Très bien vu, cela semble logique et le virage que l’on va prendre me parait assez rude.

    La fin du “bricolage” et surtout une certaine perte de contrôle de nos machines avec un envahissement progressif mais en douceur de la publicité.

    Apple avance ses pions, et sous couvert de nous simplifier la vie nous “dépossède” en partie de notre machine.

    Irons nous vers une certaine uniformisation de nos Mac, scanné et validé par Apple ?

  13. “il n’y a pas de Finder dans iOS et il ne m’a jamais manqué”…??? Depuis quand peut-on faire de l’After Effetcs et du C4D (entre nombreux autres) sur iOs ? Je bosse sur un Mac Pro et je ne veux pas que mon Mac ressemble à un Iphone ! Le Finder est pour moi essentiel à mon travail (glissés déposés). Toutes les “nouveautés” présentées à propos de Lion ne sont pour moi que des gadgets ne visant qu’à séduire le Grand Consommateur (Mac App Store ????). Je sens que je vais rester encore trèèèès longtemps sur Snow Leopard !

  14. Enfin un article qui résume mon ressentiment face au Lion !

    J’attends avec impatience d’en savoir plus sur cette mouture de Mac OS X, car il est vrai que je suis inquiet pour le Finder.

    Et disons-le tout net : si Mac OS devient vraiment iOS Desktop, et que le Finder et les fenêtres disparaissent, ce sera un simple switch pour ma part.

    J’écris ces mots sur un iPad, et si j’avoue qu’il est très agréable a utiliser, je ne pourrais jamais travailler avec cet environnement. Le mono-tache que beaucoup encensent, ou plutot le multi-tache bizarre en place sur iOS visiblement, me semble plus être un perte de temps qu’autre chose. D’autant plus que sans gestion des fichiers, impossible de télécharger un malheureux .zip du pdf volumineux qui est mis a disposition en ligne et de l’ouvrir directement de ma tablette (pour citer un exemple des limites de cet OS, mais je m’égare là, et ce n’est clairement pas le plus pertinent.)

    Je travaille plus de 8h par jour sur mon Mac, l’automatisation et la rapidité d’execution sont cruciale pour moi, et aucun Launchpad ou Mission Control ne pourra remplacer le simple clic sur la fenêtre d’en dessous pour naviguer entre les applications.

    Je retrouve beaucoup de mes “craintes” dans cet article, surtout dans le sens ou j’ai l’impression qu’Apple s’éloigne doucement des attentes des professionnels.

    Même si j’ai beaucoup de mal à y croire, depuis tout le temps que je suis sous Mac.

    Bonne continuation.

    @ Stef : c’est en effet une solution qui permettrait de contenter tout le monde. Espérons que cet “amazing thing” sera ce fameux iMac inclinable. Wait and see… ; )

  15. Je ressens la keynote exactement comme décrit dans ton analyse. Pour autant, même si je suis sûr qu’Apple nous réserve de bonnes choses, je suis dans l’expectative pour ne pas dire la méfiance. Il y aura probablement, pas simplement des nouvelles habitudes à prendre, mais un nouveau paradigme à appréhender, une nouvelle façon de gérer nos données, de les classer, d’y accéder.

    Comme toute nouveauté, cela provoque curiosité et scepticisme. Et il y a de bonnes raisons à ces doutes: quand je lis “ne classez rien, trouvez immédiatement. Et ça marche”, je sursaute. Ça devrait marcher, oui. Mais le Finder dans sa forme actuelle ne permet pas de tout retrouver, même pour un non geek qui ne cherche que dans le dossier utilisateur et jamais dans la bibliothèque ou dans le système.

    La faute à quoi? À l’interface de Spotlight? À l’absence de gestion des tags par l’utilisateur? Toujours est-il que dans la perspective de l’après-Lion, on peut voir le Finder comme l’outil destiné à pallier à, si je puis dire, la “non omnipotence” de Spotlight.

    Quand j’ai découvert Yep (puis ensuite Leap) – une sorte d’iPhoto pour pdf, word, RTF etc, avec gestion des tags – je me suis dit que ce truc était génial et qu’on pouvait y voir une des évolutions du Finder parce qu’il poussait la logique de Spotlight jusqu’au bout.

    Perso, la gestion directe des fichiers est essentielle pour moi. Je dois gérer des dossiers clients, contenant des fichiers de tous formats (word, excel, rtf, Pages, jpg, dessins etc), eux-mêmes classés dans des sous-dossiers. Actuellement je ne vois que le FInder pour réunir au même endroit ces fichiers.

    Si le Finder disparaît, ce ne peut être qu’au profit d’un remplaçant. Soit que toutes les appli fonctionneront comme iPhoto ou iTunes, avec leur propre gestionnaire de classement (bof bof), soit que le Finder se mue en une sorte de gestionnaire mix entre iPhoto et iTunes. Mais cela paraît trop facile, trop attendu. Apple aura certainement plus de génie pour à la fois nous aider à nous concentrer sur le contenu sans nous ôter l’indispensable, la nécessité de classer nos données. Mais j’attends de voir.

    • Comme toute nouveauté, cela provoque curiosité et scepticisme. Et il y a de bonnes raisons à ces doutes: quand je lis « ne classez rien, trouvez immédiatement. Et ça marche », je sursaute. Ça devrait marcher, oui. Mais le Finder dans sa forme actuelle ne permet pas de tout retrouver, même pour un non geek qui ne cherche que dans le dossier utilisateur et jamais dans la bibliothèque ou dans le système.

      J’aurais du être plus prudent dans mon propos. Ca marche mieux, beaucoup mieux, que n’importe quoi d’autre sous Windows ou Linux. Sans parler des outils tiers qui offrent encore plus de performances et… d’intelligence à la gestion des tags et la recherche (gendre DevonTHINK: une comète). La gestion des tags bien que rudimentaire et non fiable (je la déconseille toujours) existe dans OS X, là aussi mieux et plus que dans n’importe quel autre OS. Ce qui est pitoyable, quand on y pense. Ca fait des années que j’attends un vrai support fiable des tags, par exemple.

      Même DT ou Leap/Yep & co ne règlent rien : sorti d’eux ou sorti de Mac OS, par exemple récupérer un fichier sous Linux (ou Windows) ou même entre Mac quand on l’envoie par email ou via le Web), il y a un risque réel (pour ne pas dire systématique) de perdre tout le travail investi dans les tags. Ca ne m’a pas empêché de (presque) tous les acheter et de les essayer en long et ne large. j’aime beaucoup Leap (que je suis depuis la beta), même si c’est un ogre en ressources, mais l’absence de support des tags au niveau de l’OS lui-même (chez Apple ET les autres) rend l’approche “tags” trop peu fiable sur le long terme. Ce n’est pas un investissement viable.

      Un sujet passionnant 😀

  16. L’universalité des tags est effectivement le frein principal. On peut supposer que c’est une des raisons pour lesquelles Apple ne les mets pas en avant, au profit d’un tagage automatique (je simplifie), bien plus cohérent avec sa philosophie de “le cambouis c’est pour nous”.

    Après tout, un ordinateur c’est: des contenus au centre, et autour, des actions [sur lesdits contenus] et l’accès [auxdits contenus].

    Depuis longtemps Apple, de la plus belle des façons, met à notre disposition un riche volet “actions” impliquant à la fois le matériel et le logiciel. Le volet “accès”, qui a à peine changé depuis 1984, a un champ d’évolution conséquent devant lui depuis l’apparition de son éclaireur dénommé iOS.

    Passionnant. 😉

  17. Ne serait-il pas plus simple d’avoir un système de Tag tel qu’on le trouve sur les fichiers MP3 ? Titre, nom du groupe, durée, etc… tout ceci est stocké dans le MP3.

    Si j’envois ce même MP3 à un ami, il retrouvera exactement les mêmes tags..(qu’il soit sur PC ou Mac)

    Pourquoi Apple ne fait-il pas la même chose avec tout type de fichiers ?

    Etant professionnel, la grosse lacune du Mac (et d’autres plateformes) est justement cette absence de Marquage de fichier, pourtant si utile pour les indexations.

  18. Pingback: Une interview de Daniel Jalkut, où il est question du Mac App Store | davidbosman.fr

  19. Pingback: La simplicité est un art (épisode 2) | davidbosman.fr

  20. “Cela dit, je ne pense pas que le Finder disparaîtra complètement : nous sommes nombreux à avoir besoin d’un outil plus lourd qu’un « iOS » pour Mac.” Je trouve les feindre et autres explorers assez dépassés et dans ce domaine Windows est même plus simple que MacOS ou Linux. Je souhaite que cet outil préhistorique disparaisse au plus vite au profit d’une indexation des fichiers par critères et que chaque application peut utiliser à sa guise. Je me fous de savoirs ou se trouvent mes fichiers, dans quel dossier et sous dossier. Mais quand j’en ai besoin je veux avoir les photos les plus récentes, ou les plus grandes, ou celles prises dans tel lieu. Et justement pour aller plus loin, j’aimerai qu’Apple se dirige plus vers une classification par utilisation que par simple application. Ce que fait très bien Ubuntu par exemple, où une application s’enregistre automatiquement dans le menu adéquat (bureautique, multimédia, internet, …) Mon iPhone et iPad sont un vrai foutoir d’applications et les dossiers trop limités pour pouvoir les gérer correctement !

  21. L’Explorateur de fichiers de Windows est, à mon avis, ce qui se fait de mieux. Point final (il éclate le Finder à tous les niveaux, sauf en réseau). Mais comme les autres, il reste coincé dans une approche… qui se fait vieille.

    Pour répondre à ta remarque: si 1 application = 1 utilisation (ce vers quoi tend Apple), la boucle est bouclée.

    Note que les “classements” de Ubuntu sont loin d’être parfaits: mettre gedit en “accessoires” je ne vois pas trop la logique. Et c’est encore pire dans mon cas précis: vu que c’est lui que j’utilise le plus 😉

  22. Pingback: La simplicité est un art (épisode 2) | For real I swear

  23. Pingback: davidbosman.fr, tu vends quoi ? | davidbosman.fr

  24. Pingback: Lion, pour rugir de plaisir | davidbosman.fr

  25. Pingback: Mac OS X Serveur : son opinion | davidbosman.fr

  26. Pingback: Compatibilité des applis avec Lion | davidbosman.fr

  27. Pingback: Mutation(s) | davidbosman.fr

  28. Pingback: Serial Serveur » Le Mac est le futur Apple II

  29. Pingback: OS X Moutain Lion et Gatekeeper | davidbosman.fr

  30. Finalement, l’intégration de ces fonctionnalités n’a pas si “radicalement”, voire presque pas, changé mes habitudes. Je me sers du Launchpad pour éviter d’aller dans “Disque Dur > Raccourcis “Applications””, et bien qu’il existe des logiciels, notamment Alfred, dits “launcher”, je préfère naviguer entre mes dossiers / fichiers plus que jamais grâce à la “nouvelle” UI de Lion. Aussi le plein écran est une bénédiction pour certaines applications qui le géraient très mal (VMWare par exemple, qui maintenant est une bombe), et, personnellement, je ne l’utilise que très peu.

    Une excellente utilisation du plein écran + Mission control : http://metrozendodo.com/assets/img/2012/04/byword-mac.jpg

  31. Cependant, pour ce qui est de la fin du bidouillage, c’est peut-être moindre, mais le dossier “Bibliothèque”, qui doit être dans le dossier “%Utilisateur%” est maintenant invisible. Bien sûr il est accessible via un ⇧+Pomme+G. Ça peut être en partie justifié par le fait que de plus en plus de nouveaux utilisateurs arrivent, séduits par OS X, et qu’Apple essaie de “sécuriser”, les dossiers dans lesquels un utilisateur lambda ne devrait “pas s’aventurer” sans savoir ce qu’il fait, sans toutefois supprimer l’accès complet à celui-ci (la commande “Aller au dossier” permet d’y accéder)

    Désolé du double commentaire ^^’

  32. Pingback: Une nouvelle version de Ulysses, à un nouveau prix | davidbosman.fr