C’est quoi la nation ?

C’est quoi la nation ?
C’est quoi la France ?
C’est quoi la république ?

En cette journée de commémoration de l’appel du 18 juin — 70 ans plus tard — au lieu de jouer la carte de la nostalgie larmoyante, alors que certaines forces parlent de plus en plus ouvertement d’un monde sans nations, ça ne ferait pas de mal de se poser la question.

Parce que bon, si à la place de pleurnicher dans nos mouchoirs on ouvrait une encyclopédie, on apprendrait que le héros de Gaulle avait bel et bien été déchu de sa nationalité et condamné à mort par le gouvernement français, pour “trahison et désertion en temps de guerre”. De nos jours, s’il n’avait pas été militaire de métier, on l’aurait sans doute qualifié de terroriste.

Pendant toute la guerre, donc, ce héros de la France libre et ses petits camarades résistants, ne furent donc jamais que des traitres et des criminels assassins. Ils n’étaient pas la France, qui était à Vichy (et on ne s’attardera pas non plus sur la façon dont les alliés ne voyaient pas, ou à peine, en eux la France, justement).

Alors, c’est quoi la république ? Vichy, qui a choisi de capituler et collaborer, ou est-ce de Gaulle et les Français qui ont choisi de résister et qui auraient été fusillés, comme traitres à la nation ?

Oublions que nous connaissons la fin de la guerre et l’avenir du grand Charles. Oublions que les alliés ont été victorieux. Nous sommes un soldat français en juin 40, notre armée vient de se faire misérablement botter le cul — ils étaient pas habillés en bleu, à l’époque les soldats ? — et un officier dont on n’a sûrement jamais entendu parler (à moins de s’intéresser aux nouvelles technologies militaires) nous dit à la radio de le rejoindre à l’étranger, nous dit que la France est à Londres. Que le gouvernement, la police, l’armée, les fonctionnaires ne sont plus légitimes. Que la guerre n’est pas perdue. Qu’aurions-nous pensé de lui ? Qu’aurions-nous fait ?

Alors que certains semblent parfois rêver presque à voix haute d’une génération d’électeurs et d’électrices amnésiques, votant plus par réflexe que par choix, ça ne fait pas de mal de rappeler qu’aucun pouvoir quel qu’il soit, politique ou autre, n’est indéboulonablement légitime, et qu’il existe des choses plus grandes que les institutions et les personnes qui les incarnent.

Vive la France libre, bien sûr 😉

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