L’ultime machine à écrire ?

Ipad + dock + clavier sans fil

Un clavier et une feuille de papier, électronique.

Est-il possible de faire plus simple ?

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Un appareil a du succès parce qu’il répond mieux que ses concurrents à des besoins. Un appareil marque l’histoire, quand il crée de nouveaux besoins, et de nouveaux usages.

L’iPad change tout.

Gutenberg et son imprimerie, Tim Berner-Lee et son WWW. Et ensuite (déjà ? alors qu’on commence à peine à comprendre comment utiliser Internet), l’iPad ? C’est ce que je crois.

Il nous fera (ré)inventer nos usages et nos outils. Créer de nouvelles applications — nouvelles, pas “bricolées” pour tenir sur son écran — pour répondre à des besoins qui restent à découvrir. Il nous fera repenser la manière dont on les utilise — une souris, pour quoi faire alors que l’écran tout entier réagit aux caresses de l’utilisateur ? Des fichiers, des dossiers ? Dites leur adieu et accueillez chaleureusement les applications, dans lesquelles ont fera ce qu’on a à faire sans se poser de question pour savoir où enregistrer et comment sauvegarder — au fond, l’iPad c’est Mac OS poussé au bout de sa logique : oser s’effacer pour laisser le champ libre à l’utilisateur. Car on utilise OS X aussi parce qu’il sait s’effacer quand on n’a pas besoin de lui (quelque chose que Microsoft n’a toujours pas compris avec Windows).

Même l’écriture changera. Comment croire que l’on pourra continuer à pondre uniquement des articles linéaires et statiques, comme au temps de la presse papier, avec cet appareil qui ne demande qu’à bourgeonner dans toutes les directions et sur tous les formats. Cet appareil qui ne demande qu’à laisser l’utilisateur partager, diffuser, échanger, dialoguer — pour avoir ne fût-ce qu’une vague idée de tout ça, il faut l’imaginer dans les mains des lecteurs, les regarder lire et interagir avec le texte le contenu. Et non, même si certains s’en satisferont, ajouter de la vidéo dans un article ne sera pas le changement attendu.

Ce n’est pas une mise à jour, ni d’un bricolage dont on a besoin. Ce que l’iPad nous offre, c’est l’opportunité de tout reprendre à zéro. Réfléchir, réinventer, redessiner une informatique (et une presse, et des livres, et le métier d’éditeur, aussi) qui n’aurait plus rien de technologique en fait. Une informatique aussi rudimentaire et aussi géniale et aussi efficace qu’un crayon et qu’un bout de papier. Connecté à Internet.

Nul ne sait combien de temps il lui faudra pour s’imposer, ni même si cette première version de l’iPad sera un succès commercial (même si je veux bien parier qu’il va cartonner). Mais je suis sûr d’une chose : l’avenir, il est là. Et il est sexy en diable. Et il commence dans moins d’une semaine pour certains privilégiés.

Au fait, si ce n’est déjà fait, allez donc lire le billet de Anthony sur l’iPad au pieu.

(edit: coquilles à la pelle. Si je vous dis que mon clavier est naze ?)