Je suis enfin allé voir l’expo “Teotihucan”, au musée Branly. Il est temps car ce sont les derniers jours. J’y suis allé seul, comme chaque fois que je vais au musée. Pourquoi donc ?
Ce n’est pas parce que j’y suis allé pendant que d’autres travaillent. Ce n’est pas parce que je n’ai pas d’amis (j’en ai pas des masses, mais y en a 😉 ). Ce n’est pas parce que je fais honte à tout le monde en gloussant bêtement devant le zizi ou les nénés de certaines statues. C’est parce que je sors tout juste du musée, plus de 4h après y être entré. C’est parce que personne n’a la patience de m’y accompagner.

Je me demande ce qu’essayent de nous dire ces statuettes, enfermées dans leurs vitrines, qui regardent défiler en rang d’oignons serrés la cohorte des visiteurs, apparemment aussi sourds que moi à leurs cris — ont-elles le sentiment de faire du tourisme, elles aussi, baladées d’un musée à l’autre pour y découvrir les habitants des différents pays où on les expose ? — mais, à la différence de ce flot de visiteurs pressés d’avancer (et de photographier: par moment on aurait pu croire que ce qui était exposé c’était le feu d’artifice des flash), j’aime prendre mon temps au musée.
Comme l’amoureux timide attend au coin de la rue la sortie de la fille qu’il espère croiser “par hasard”. Je vais au musée pour faire des rencontre. Et je ne suis pas déçu. Même si je n’ai pas visité toute l’exposition (je prends vraiment mon temps), j’ai ramené quelques photos (volées) et plus d’une une trentaine de pages de notes et d’idées. Trente pages d’une écriture serrée, dans le Moleskine. Je me suis éclaté en visitant cette expo, même s’il a parfois fallu jouer des coudes pour voir autre chose que des dos et des oreilles rivées aux guides audio.

Bon, si je devais quand même marquer un regret, c’est le manque de contexte. Chaque objet était bien accompagné d’un petit descriptif, mais il semblait malgré tout flotter dans le vide, privé du quotidien dans lequel il se tenait et où on l’utilisait. J’aurais aimé autre chose que de très gros plans (les magnifiques statuettes, par exemple), ou un plan d’ensemble (l’immense maquette de la cité de des dieux). Mais j’en demande beaucoup, et ce que j’y ai trouvé en vaut déjà largement la peine.
Celle-ci je l’aime bien. En tombant dessus, c’est presque comme si j’avais vu un dessin animé se jouer sous mes yeux :

A propos de cette photo, j’ai noté : “C’est une poule loufoque, ornée de coquillages et à la crête rouge vif en forme de couronne, pour le carnaval ? Elle servait d’encensoir (son dos est creux, comme celui d’un vase) ? Elle a l’air d’une poule ahurie, volaille idiote qui serait tombé bec à bec sur un asticot d’1 mètre de long. Elle est irrésistible. Je me demande quel son fait une poule “en” Maya ?”
Loufoque et ahurie, ça lui va bien je trouve, mais elle semble officiellement connue sous le nom de “la poule folle”. La notice ne précisait pas le genre de folie dont elle souffrait.

Ah oui, pour les amateurs de matos: mes photos ont été prises (sans flash et à main levée) avec mon increvable compact Canon Ixus Machin Chose, qui n’en fini plus de tomber en ruine et de refuser de fonctionner et qui, quand il fonctionne, fait des photos bruitées. Le Nikon et mes optiques pro son restées au placard. Mais j’ai une excuse: ça me suffit 😉
PS: Xavier, désolé j’ai loupé notre RDV. La faute à la poule ahurie. Mais je passe demain, promis 🙂

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