Entretenir une correspondance

Vous écrivez des lettres ?

Je veux dire des lettres sous enveloppes, avec une adresse rédigée à la main et un timbre collé dessus, que le facteur glisse dans la boîte le matin. On a fait ça pendant des années avec un ami. On s’écrivait des lettres. Je parle de centaines de lettres chaque année, pendant plusieurs années. Et pas rédigées sur des post-it. En fait, on s’est écrit plus que la plupart des amoureux s’écriront jamais, et des lettres folles — nous n’étions pas amants ! C’était juste… génial et tellement stimulant! Et puis l’attente de sa réaction à la dernière lettre envoyée, ou recevoir une des siennes et sentir tout tourbillonner pour y répondre avec le plus possible de plaisir, d’humour et… d’énergie. Pas de compétition, pas de rivalité. Rien qu’une amitié partagée… à pleine dents. Savoureuse comme un fruit frais et juteux un après-midi d’été.

L’email, le téléphone (et cette cochonnerie de SMS). Une vie “d’adulte” qui s’imagine avoir impérativement besoin d’immédiateté, ne pas avoir de temps à perdre pour écrire à la main — encore moins pour laisser au courrier le temps de voyager entre-nous — et la paresse, surtout la paresse je pense, a mis fin à cela. On se voit régulièrement. On se téléphone, on se SMSise. Mais on ne s’écrit plus ces longues lettres qui nous faisaient éclater de rire ou réfléchir presque sérieusement, parfois veiller toute la nuit pour trouver quoi répondre. Nos échanges se réduisent à l’utile. Simple passage d’information.

Ca ne te manque pas Murs?

2 comments » Write a comment

  1. Avec mon meilleur ami, fin lycée début prépa. Les récrés étaient trop courtes pour nos discussions, d’autant plus qu’il nous fallait entretenir soigneusement le peu d’autres contacts sociaux que nous avions. Donc l’heure de cours d’avant la récré, rédaction ; et l’heure de cours suivante, lecture. Ca plus les soirs. Ca a duré un an ou deux. Wow, coup de vieux, c’était en 98… Il y a dix ans ! On parlait refaisage de monde (sans blague), on essayait de devenir des mentats bene gesserit (avec curieusement quelques succès et progrès intéressants), et on parlait aussi musique, romans, jeux de rôles, relations sociales…

    C’est encore mon meilleur ami, ce qui est un peu triste parce qu’on ne se voit plus qu’une fois tous les deux mois quand je rentre des Pays-Bas sur Paris et qu’il passe tout le reste de son temps sur World of Warcraft, que j’ai pas. Je dis c’est triste parce que c’est ce que j’ai de mieux et c’est vraiment pas terrible. Ce serait peut-être pas idiot de recommencer à écrire, ca le décollerait peut-être de son écran :p. Problème : ma main n’obéit plus à mon cerveau, je gribouille des pattes de mouches boiteuses parkinsoniennes. Autre problème : pour parler de quoi ? Je ne sais même plus ce qui l’intéresse, mes centres d’intérêt à moi sont trop zarbis et liés à des expériences personnelles pour susciter l’enthousiasme d’autres personnes… Bref, on a divergé.

    Non, je n’écris plus. Enfin si, mais seulement des cartes postales que j’envoie à ma famille et amis à toutes les occasions possibles (j’ai commencé à l’automne dernier ce qui a bizarrement rapidement décongelé mes relations familiales froides depuis des années). Faut dire aussi que j’ai quitté le Pays donc je ne vois plus tout ce monde. Fête des mères dans deux jours, j’ai la carte et le timbre sur le bureau, et je vais m’appliquer pour l’écriture :).

  2. Ecris-lui une lettre pour lui demander à quoi il s’intéresse, ce qu’il fait ? Si ça le botte de recommencer à écrire, que ça te botterait…

    Et puis, tu peux aussi, trouver d’autres personnes à qui écrire, celles qui partagent tes nouveaux centres d’intérêts “zarbis”. Par exemple via Internet, sur un forum ou sur usenet. Une fois que le courant passe, pourquoi pas sauter le pas ?

    Pour les pattes de mouches, rassures-toi j’écris tellement mal que je suis obligé d’engager un traducteur pour me relire. Blague à part: mes pattes de mouches sont si minuscules que je suis limité aux plumes extra-fines ou fines au maximum 😉

    Pas étonnant que ça ait réchauffé tes relations familiales: il n’y a rien de plus intime et personnel qu’une lettre ou même, à sa façon, une carte postale quand on sait qu’elle vient de quelqu’un qui n’en envoie pas. On se dit “il a pensé à moi, il a prit le temps de m’écrire”… et à la main en plus ! Du coup, on y accorde de l’importance, plus qu’à un mail ou un SMS. Enfin, moi je suis comme ça 😉

    Une petite question: “daneel”, dans ton email, c’est par rapport à Asimov ?

    a+

    PS: tiens moi au courant de tes progrès en tant que mentat, ça m’intéresse 8)