Dessiner ?

J’en avais parlé il y a quelques temps : le dessin m’attire de plus en plus. Au détriment de la photo.

La difficulté croissante qu’il y a à pratiquer la photographie en ville, avec ces questions de droit à l’image, la fréquence des réactions hostilles à la présence de l’appareil photo (et du photographe), la décision du Louvre… j’ai de moins en moins souvent un appareil photo sur moi, de plus en plus souvent une hésitation fatale — « Qu’est-ce qui va encore m’arriver ? » — avant de viser avec l’appreil.

Bref, un carnet et un crayon passent bien mieux dans les rues de Paris : entrer au musée avec un carnet de dessin est encore autorisé, s’installer en pleine rue et croquer les passants, ou telle façade, ne semble gêner personne — même si le dessin est à ch*er 😉

C’est aussi une autre façon de se tenir devant les choses et les gens : fini le sentiment d’être un chasseur ou un cheveu dans la soupe. On est plus à l’affut derrière un boîtier, prêt à tirer. Enfin si, on est encore à l’affût car il faut bien ouvrir les yeux et voir, mais autrement. Peut-être plus doucement ? En tous cas plus lentement : il faut du temps, en plus de la curiosité, pour (re)créer l’image qui nous a plu avec un bout de crayon.

Peut-être aussi que dessiner c’est consommer autrement ? Le numérique, à la différence de la photographie argentique, nous m’a encouragé à plus de paresse : photographier sans compter, au cas où. Saisir, accumuler.

En quelques années de numérique, j’ai accumulé presque 10000 photos ! Je ne dis pas que c’est mal, mais c’est une grosse quantité pour un amateur. Les rare fois où je sors encore mon Hexar (un boîtier argentique), je retrouve ce souci de peser chaque image : avec 36 vues dans un rouleau il n’y en a pas une de trop ! On rate bien sûr, on rate sans doute autant mais on est peut-être moins enclin à photographier n’importe quoi, à photographier pour avoir la photo ? Je ne sais pas.

Je me demande.

Dessin ou photo — si je peux me fier à me terriblement brève expérience avec un crayon — une chose ne change pas : il faut pratiquer, et beaucoup rater 8)

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Ce désir de dessiner est revenu en force il y a deux nuits de cela, après être tombé sur le blog de Danny Gregory, Everyday matters. Je l’ai lu — et regardé — presque de la première à la dernière page. J’ai du me forcer pour en garder pour plus tard.

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