C’est le printemps à Paris, ou presque. Il a fait beau toute la journée et la température était douce, à peine fraîche. Dès le matin, l’appartement était grand ouvert, portes et fenêtres, l’air circulait librement, on entendait les oiseaux.
Ce n’est pas rien de sentir un courant d’air passer d’une pièce à l’autre après un hiver calfeutré. Même le chat s’amusait d’une pièce à l’autre et profitait du balcon tout juste reconquis pour tenter de nous surprendre ou, dérapage incontrôlé, se prendre une gamelle dans un meuble, s’emmêler les pates dans un rideau… Tous les chats ne sont pas aussi doués, certainement.
Et puis, regarder la lumière d’un ciel sans nuage inonder le salon et par endroit s’échouer dans les mailles du rideau. Impuissante mais si belle ! J’aurai du faire (ou prendre ?) des photos. Je n’ai même pas sorti le boîtier de son sac. Paresse ? Non, mais avec un peu d’avance, grand nettoyage de printemps, qui est surtout l’occasion de sortir des habitudes prises ces derniers mois, de mettre de l’ordre à fond à tous les niveaux, et aussi de réfléchir aux vêtements que l’on va bientôt recommencer à porter, aux kilos que je dois perdre 😉
Malheureusement, Paris et vie en appartement s’entendent rarement pour faire durer les plaisirs. Fin d’après midi, tel ou tel voisin dans un immeuble proche s’est mis en tête d’écouter sa musique — lui aussi avait ouvert ses fenêtres — très fort. Nous avons donc fermé pour atténuer le martellement.
C’est la nuit, mais le bruit n’a pas cessé : cette musique sert à présent de lubrifiant à une petite fête. Je n’ai jamais su m’amuser avec les oreilles cassées. C’est un handicap.
Malgrlé le temps, je n’ai pas eu le courage de sortir me balader : vautré dans un fauteuil, j’ai lu un peu de Introduction à Perl, franchement sympa !, et quelques hymnes de Hölderlin :
La ville autour de nous s’endort. La rue illuminée accueille le silence,
Et le bruit des voitures avec l’éclat des torches s’éloigne et meurt.
Rassasié des plaisirs du jour, vers le repos s’en vont les hommes,I want to move it move it ! I want to move it move it ! I want to…
Euh… Non ça c’est la musique du voisin 😉
Extrait de l’hymne Le pain et le vin.
