Le jour d’après — The Day After Tomorrow

Je viens de le regarder — je sais c’est déjà vieux mais bon vous n’êtes pas sur un blog consacré à l’actualité cinématographique et j’ai le DVD depuis hier seulement… Pour vous épargner un temps précieux, voici le résumé du film :

Générique

Trois savants prélèvent des carottes de glace quelque part sur la banquise. Un bruit sourd : un fissure gigantesque apparaît et se transforme en véritable gouffre. La banquise se casse en deux ?

(Le premier 🙂

– « Attention tu vas tomber ! » Il le rattrape.

(Le second 🙂

– « Merci !

(Le troisième:)

– Ouf… Rentrons chez nous. »

Plus tard, partout sur la planète : du vent, de la pluie, de la grêle, etc.

(Aux Etats-Unis d’Amérique : des tornades gigantesques détruisent Los Angeles. Des journalistes filment, certains sont écrabouillés par des enseignes publicitaires qui volent dans les airs (un sens caché ? Lequel ?). Tout le monde, sauf le vice-président 🙂

– « Ca va mal, aïe aïe ! »

(Le vice-président 🙂

– « Mais non… »

En Ecosse, nous apprenons que le kérosène gèle à – 65º.

(A New York : une inondation gigantesque, ensuite il neige. Quelques survivants, dont le fils du héros, sont réfugiés dans une bibliothèque. Le fils 🙂

– « Allo Papa ? Je vais bien… glubglub (la cabine téléphonique est inondée)… si si ça va… glubglub qu’est-ce que je dois faire ? »

(Le héros, papa, quelque part à Washington 🙂

– « Reste où tu es. Couvrez-vous bien et ne sortez pas ça va cailler sec, ça vous tuerait ! Je viens vous chercher !

– Ok p’pa, merci ». Clic (la cabine est totalement inondée)

(L’épouse du héros 🙂

– « Ah! mon Dieu ! dis moi qu’il va bien ! »

(Le Héros:)

– « Je le ramènerai, promis juré ! » (il enfile son parka et ses raquettes de neige)

(A New York : tout est gelé. Dans la bibliothèque, le fils 🙂

– « Il fait froid, brûlons quelques livres ! »

(Sa future copine ne dit pas grand chose, mais elle l’admire d’être aussi futé 🙂

– Oui !

Le temps passe, il fait de plus en plus froid, mais ça va car il y a des M&M’s et des chips à grignoter.

Un pétrolier géant passe, abandonné, dans les rues de New York. C’est joli. Il s’échoue pas loin.

La fiancée tombe malade. Le fils du héros va chercher des médicaments dans le bateau.

Des loups passent à l’écran et montrent leurs vilains crocs. Grrr.

Dans le Sud, les réfugiés américains tentent de passer en force (et clandestinement) la frontière mexicaine. Héhé !

A New York, dans la bibliothèque. Le fils et ses copains attendent. Un SDF qui leur tient compagnie explique que le papier ça tient chaud dans les vêtements, « j’ai l’expérience… ». Le froid mortel (-65� ? Brrrr) tombe sur la ville, ils brûlent plus de livres. Les gens qui traînaient dehors sont morts.

Le père arrive à New York. Tout le monde s’embrasse.

La cavalerie arrive en hélicoptère. Le soleil réapparaît, il gèle encore mais si peu.

(Au Mexique, le vice-président parlant à la télévision 🙂

– « J’avais tort, désolé. Polluer c’est mal. Je veux également remercier les pays du tiers monde (le Mexique, je suppose ?) de nous avoir si amicalement accueilli chez eux. »

The End.

* * *

En plus d’un scénario… léger, le film souffre d’un énorme défaut. Les personnages n’ont aucune réalité, aucune épaisseur. Les acteurs ont tellement peu d’importance que ça aurait aussi bien pu être du théâtre de Guignol — bien que je n’imagine pas un instant que Guignol puisse faire quelque chose d’aussi plat.

Non seulement ils n’existent pas quand ils sont en vie, mais ils ne meurent même pas, ils cessent de bouger ou il disparaissent de l’image ! il n’y aucune souffrance dans ce qui devrait être plutôt pénible : geler vif. Aucune émotion. Les corps sont tout blancs (à cause de la glace, ou est-ce par pudeur qu’ils (se) sont voilés?) et très très peu perceptibles car ils se confondent avec la neige; ils paraissent endormis, ou résignés ou encore assommés par quelque chose qui leur tombe dessus, proprement. Ils meurent sans qu’on le voie vraiment — par absence — dans le noir par exemple ou emportés, anonymes, dans une masse d’eau ou de vent.

Aucune victime n’a de visage, n’a d’histoire… n’a d’importance. Dans le film, une ligne rouge tracée hâtivement sur une carte des Etats-Unis sépare les Etats du Nord (tout le monde va mourir, ou presque) des Etats du Sud (on les sauvera !).

”Aucune victime n’a de visage, n’a d’histoire… n’a d’importance„
Il n’y a personne dans ce film, même pas les personnages principaux qui, pour les plus doués des acteurs, parviennent à peine à remplir leur manteau. Il n’y a que des masses —  sur le même pied : nous, l’humanité, la nature et la tempête, des masses. Par contre il y a des chiffres, des superficies, des dates, des prévisions, des jours qui passent, des épaisseurs de neige ou d’eau, des températures, etc.

Malgré tout, ce film frôle le coup de maître grâce à la scène de la bible. Un personnage résume notre civilisation en caressant une bible de Gutenberg. Cet objet, dit-il en gros, « est symbolique de notre civilisation, j’aimerais au moins en sauver ce petit bout si tout le reste doit disparaître. Ce livre est unique ». Ce livre « unique » c’est une bible imprimée, une des toutes premières par Gutenberg himself.

Tudieu ! Qu’il a raison ce brave homme. Le livre imprimé comme symbole de notre civilisation, c’est extrêmement judicieux : le premier objet intellectuel, le premier produit manufacturé de l’esprit, le premier pas vers la marchandisation de la pensée muée en un produit parmi d’autres. J’aime bien.

C’est le livre qui est important, en soi. Il ne parle pas du tout de ce qu’il y a dedans.

Ca me paraît amusant à noter — Cette scène est peut-être anecdotique, mais pas totalement car une des dernières images montre à nouveau ce personnage, bien au chaud dans l’hélicoptère qui les emmène loin de New York, serrant ce livre précieux qui de saint qu’il était à une époque — pour son message — dans notre histoire occidentale, semble l’être (re)devenu par/pour son statut de première copie mécanique. Devons-nous y deviner encore un sens caché ? Sauver la première copie pirate et industrielle de notre histoire et, paradoxalement, lui conférer le statut « unique » et dual d’oeuvre d’art et de symbole de notre civilisation. Un régal sur un DVD qui condamne la copie comme un crime illégal (voir le petit film d’avertissement au début du DVD).

(Edité le 28/01 à 00h.)

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