C’est pénible

J’allume l’ordinateur, et la première chose qu’il fait c’est afficher l’heure qu’il est — comme s’il n’attendait que ça, comme s’il n’avait cessé de compter les minutes depuis que je l’ai éteint pour me les cracher toutes au visage.

“- Où étais-tu ? Tu as vu l’heure qu’il est ?!

– J’étais loin, loin de toi. J’ai lu un livre, pris quelques photos, embrassé ma compagne.

Et je pense, alors, qu’il est précieux ce temps libre d’un dimanche ! L’esquisse d’un soupir ou d’un sourire, il est déjà passé.

Cette horloge dans la barre des tâches le rappelle sans tendresse : mon royaume enchanté n’est qu’une bulle de savon, un univers de travail m’attend de l’autre côté. Ce rappel imbécile fait retomber sur mes épaules toute la fatigue accumulée ces derniers jours, que j’avais oubliée.

Ne puis-je disposer d’un autre ordinateur quand je ne travaille pas ? Un ordinateur sans horloge, un ordinateur du dimanche ?

Demain, je n’irai pas à l’école ! Je dirai à maman que j’ai mal au ventre.

Si seulement j’avais encore 9 ans !

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