Journalisme-citoyen en ligne : wikinews

wikinews est un projet de journal neutre, gratuit et c’est le fruit du travail de chacun de nous, si on le souhaite.

L’idée est intéressante et souligne bien la rupture qui se dessine entre la presse traditionnelle (imprimée ou non) et les nouvelles générations de lecteurs. L’information n’est qu’une donnée à transmettre le plus largement possible, si possible gratuitement. L’exemple des journaux gratuits, disponibles en France du moins, le souligne avec force : le journal ne consiste quasi qu’en dépêches (d’AFP,AP, Reuters, etc.) et cela semble suffire (faits bruts, sans analyse, sans commentaire). Que ces infos soit coincées entre de larges encarts de publicités semble également supportable.

Etape suivante, Internet (dans la foulée de la wikipédia) permet à chacun de devenir un citoyen-journaliste témoin et rapporteur (objectif/neutre) des évènements. A lier à la vague des technologies de ‘communication mobile’ : photo, vidéo, texte au bout du téléphone — demain sera t’il un vaste enregistrement perpétuel que l’essentiel de notre travail consistera à indexer ?

Journaliste un métier en voie d’extinction ? Un nouvel hobby ?

La neutralité du point de vue dont il est question est un des principes fondamentaux de la wikipédia, un aspect “non négociable” du travail d’information selon un de ses fondateurs.

J’avoue que cette neutralité, appliquée à un travail de presse, me laisse perplexe. Je pense à ces magazines qui sur peuplent nos kioskes : riches d’un contenu le plus consensuel possible — attirer le plus de lecteurs (clients) possible dans une catégorie cible. Bien peu informatifs sur des sujets épineux, mais divertissants ou intéressants sur des sujets techniques. Phénomène qui se retrouve aussi de plus en plus à la presse ‘quotidienne’, hélas.

En ce qui concerne le Wikinews (toujours en phase beta), cette neutralité est garantie assez sensément par le droit de tout le monde de corriger les articles publiés. Il est dès lors impossible d’espérer publier quelque chose de trop violent ou de mensonger, ou simplement de laisser passer une coquille car quelqu’un le lira et le corrigera immédiatement.

Belle mécanique. Dont une conséquence est quand même de mettre en péril la survie des points de vue les moins ‘consensuels’ — la question de l’honnêteté ou de la virulence mise à part, certains points de vue légitimes n’ont rien de populaire ou de consensuel… Et c’est une des qualité d’une certaine presse de permettre (d’avoir permis) à ces points de vues d’être publiés et de les avoir protégés. Qu’en sera t’il dans une presse citoyenne systématiquement soumise au poids de l’opinion moyenne ?

On table sur l’honnêteté (la sincérité) des participants, mais cela repose sur un principe douteux, du moins qui mériterait d’être questionné de plusieurs façons : sommes-nous naturellement capable de juger correctement des choses ? Ne faut-il pas apprendre à réfléchir, à analyser à synthétiser ? Ne sommes-nous pas influencés par notre éducation, justement, et/ou les valeurs de notre société (civile)/groupe/famille/etc. ? Sommes-nous toujours animés de bonnes intentions ? Y a t’il forcément un bon point de vue ? La moyenne de tous les points de vues correspond t’elle à donc à cette “bonne vision”, à la bonne expression de quelque chose ? Dans ce dernier cas, l’opinion juste sera t’elle jamais autre chose que celle du peuple (ou du groupe social/culturel/politique/etc.) le plus nombreux ou le plus connecté ou, encore, celui dont l’identité culturelle sera la plus forte ou la plus active ?

Bref… La question me semble intéressante, même si je la pose de façon caricaturale.

Une autre chose me semble sérieusement remise en question, toujours dans les limites de ce type de journalisme citoyen (il y a d’autres lieux, d’autres formes ne l’oublions pas) : la possibilité de chercher la polémique, de vouloir choquer ou de faire réagir. Le J’accuse de Zola est sans doute l’exemple le plus caricatural. En aurions-nous eu la possibilité, nous serions-nous gênés, le 13 janvier 1898, pour tempérer les ardeur de ce cher Emile contre la Justice un peu trop aveugle de son pays et les magouilles de certains militaires/personnages publics ?

Pour terminer, il reste à se demander à quoi sert la presse ? Rapporter des faits ? Un flux RSS suffirait largement dans cette optique. Ou proposer un travail d’analyse et d’explication ? Essayons de nosu souvenir comment sont nés les journaux, pour quelle(s) raison(s). L’outil peut et doit changer, mais les motifs ?

Enfin, tout ceci n’est qu’une impression après un premier rapide survol de quelques pages. L’idée est très intéressante et a le mérite de rappeler que ni le journalisme ni la presse ne devraient se croire arrivés à la forme ultime de leur art.

Lien vers le Wikinews trouvé sur webmedia.

Nouvelle vie ?

journal intime abandonné, ouvert sur le bord d'un trottoir. Paris XIII.

Un journal intime, abandonné ou perdu en pleine rue.

Quelqu’un cherche t’il à retrouver cette mémoire perdue ? Qu’il se dépeche de revenir sur ses pas, avant que tout ne soit effacé : lignes d’une vie tracées à l’encre bleu, qui s’exhibe et s’efface au gré du vent et de la pluie. Qu’il se dépêche, avant que ce cahier, dont les pages seront bientôt redevenues blanches, ne s’offre à quiconque ! Prends-moi, raconte-toi !

Quelqu’un-a-t’il voulu se débarasser de cette mémoire importune ? Qu’il se dépêche de revenir sur ses pas avant que quiconque se saisisse de ces pages encore riches de souvenirs qui, délaissées, trahiront bien des secrets contre un peu d’attention ! Prends-moi, Tu sauras tout !

Perdu, oublié, jeté. Ce cahier dont les pages commencent à s’abîmer est un rêve et une tentation. Vivant, effacer sans laisser de traces et, plus sûr de soi, réécrire. Passant, ne pas s’approprier cette mémoire.

Beautiful LOGic

Soit F une formule atomique non close.

Si une substitution ˇ est telle que l’instance Fˇ de F est une conséquence logique de P, alors ˇ est une réponse correcte à F. Si aucune instance de F n’est conséquence logique de P, alors “non” est la réponse correcte à F.

Répondre de manière correcte à une question F?, où F est une formule atomique non close, consiste à trouver toutes les instances Fˇ de F qui sont conséquences logiques de P. S’il existe de telles instances Fˇ, les réponses correctes sont les différentes substitutions ˇ, sinon la réponse correcte est non.

(Programmer en PROLOG, Jonathan Elbaz, Ellipses 1991, page 22)

Hé bé.

Les classiques des sciences sociales

Le lien se trouve déjà (enfin je crois :-)) dans la page ‘liens’ du site, mais ça vaut la peine de re-signaler l’existence d’un site exceptionnel : Les classiques des sciences sociales.

On y trouve une superbe collection de classiques de la pensée, en libre téléchargement. Je ne vais pas dresser la liste, mais vous y trouverez entre autres auteurs (et dans le désordre où mon souvenir les restitue) : Bachelard, Durkheim, Bergson, Freud, Benjamin, Comte, Alain, Tocqueville, Durkheim, Kant, Marx, Machiavel, Sapir, etc.

Je cite :

La collection compte maintenant 1 225 oeuvres originales de 414 auteurs différents

oeuvres du domaine public ou avec l’autorisation de l’auteur.

Une véritable mine d’or.

Un grand merci à Jean-Marie tremblay et ceux et celles qui collaborent à ce travail précieux.