Chose a dit :

Nous avons recensé toute la douleur qu’éventuellement le bourreau pourrait prélever sur chaque pouce de notre corps; puis le coeur serré, nous sommes allés et avons fait face

(René Char)

Dimanche

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p>chaises et table au jardin du Luxembourg, Paris

Jardin du Luxembourg, ce matin.

Si le thermomètre n’indique pas une température inférieure à zéro, c’est uniquement par manque d’imagination. Je sais qu’il gèle.

Au jardin du Luxembourg, si l’on est à Paris un dimanche 26 décembre, on y vient pour essayer et montrer ses cadeaux de Noël sur les sentiers ou dans le grand bassin — voitures ou bateaux radio-commandés, pour les enfants, un appareil photo pour papa. Maman arbore une jolie écharpe lie de vin, un épais chapeau bien dessiné, un bijou invisible sous le manteau ou un nouveau parfum.

Là, dans le grand bassin, c’est un hors-bord qui fait la course avec un canard qui n’en demandait pas tant. Ah ! les enfants… Ah non, c’est papa qui est aux commandes ! Ici, c’est une jeep rouge à pneus jaunes qui est bloquée par un obstacle infranchissable : caillou ou bordure du caniveau. Agacement ou obstination du pilote en herbe qui appuie sans relâche sur la commande des gaz, qui appuie plus fort aussi.

L’air crépite du bruit des moteurs électriques et de la lumière des flashes des photos souvenirs –- toutes identiques a-t-on envie de dire, mais — les papas et les enfants s’amusent.

Il faut se dépêcher !

Déjà les premières larmes et la frustration : la voiture électrique ne bouge plus, le hors-bord est à la dérive et le canard sort vainqueur de la course, haut la palme. Les piles sont à plat. Les enfants pleurent un peu, beaucoup pour les plus petits. Et c’est au tour des flashes de se faire plus rares : la batterie de l’appareil photo commence à faiblir, si tôt ? Les papas, eux, ne pleurent pas mais c’est la même tristesse.

On ramasse en hâte le jouet et l’enfant. Papa range l’appareil dans sa housse, un peu honteux ?

– “10 minutes quand même…” déclare-t-il avec enthousiasme en examinant le hors-bord, histoire de se rassurer sur ce cadeau-là au moins, et peut-être aussi de réconforter l’enfant ?

La maman au chaud derrière son écharpe, sous son joli chapeau, sourit et caresse sans trop d’espoir de consoler ni l’un ni l’autre, frustrés d’un jouet déjà usé.

Les familles s’éloignent précipitamment. , un peu gênées de ce jouet inerte

Noël est passé.

Je range mon carnet, il fait trop froid. Mais j’emporte avec moi une table, un arbre et quelques chaises.

(modifié le 07/01/05)

Etonnant

Je découvre (j’ai égaré la référence, désolé) qu’un champ Alt, un commentaire dans un TAG d’image, ne devrait pas dépasser 60 caractères. Pourquoi ?

Il y a probablement une explication à cette limite, mais je n’ai rien vu (et comme j’ai perdu la référence…). Il faudra chercher un peu, plus tard.

L’idée d’utiliser des langages plus normalisés et un peu plus exigeants (les recommandations du W3C, par exemple) ne me choque pas, au contraire ! Tant que ça n’a pas d’influence sur ma façon d’écrire ni sur le contenu du site. Hors la légende d’une image je l’utilise surtout pour décrire ce qu’il y a voir pour les personnes qui n’ont pas la possibilité de voir, justement.

Résumer une photo en 60 caractères, ça peut-être une expérience intéressante, mais plus quotidiennement c’est une sacrée contrainte, je trouve, pour un bavard comme moi 🙂

Cela m’amène à cette question : est-ce vraiment normal pour un standard (ou quasi tel) de peser sur le contenu qu’il formate ?

Bref. J’aime me gratter la tête et prendre un air pensif.