Samedi ? Presque dimanche !

C’est le printemps à Paris, ou presque. Il a fait beau toute la journée et la température était douce, à peine fraîche. Dès le matin, l’appartement était grand ouvert, portes et fenêtres, l’air circulait librement, on entendait les oiseaux.

Ce n’est pas rien de sentir un courant d’air passer d’une pièce à l’autre après un hiver calfeutré. Même le chat s’amusait d’une pièce à l’autre et profitait du balcon tout juste reconquis pour tenter de nous surprendre ou, dérapage incontrôlé, se prendre une gamelle dans un meuble, s’emmêler les pates dans un rideau… Tous les chats ne sont pas aussi doués, certainement.

Et puis, regarder la lumière d’un ciel sans nuage inonder le salon et par endroit s’échouer dans les mailles du rideau. Impuissante mais si belle ! J’aurai du faire (ou prendre ?) des photos. Je n’ai même pas sorti le boîtier de son sac. Paresse ? Non, mais avec un peu d’avance, grand nettoyage de printemps, qui est surtout l’occasion de sortir des habitudes prises ces derniers mois, de mettre de l’ordre à fond à tous les niveaux, et aussi de réfléchir aux vêtements que l’on va bientôt recommencer à porter, aux kilos que je dois perdre 😉

Malheureusement, Paris et vie en appartement s’entendent rarement pour faire durer les plaisirs. Fin d’après midi, tel ou tel voisin dans un immeuble proche s’est mis en tête d’écouter sa musique — lui aussi avait ouvert ses fenêtres — très fort. Nous avons donc fermé pour atténuer le martellement.

C’est la nuit, mais le bruit n’a pas cessé : cette musique sert à présent de lubrifiant à une petite fête. Je n’ai jamais su m’amuser avec les oreilles cassées. C’est un handicap.

Malgrlé le temps, je n’ai pas eu le courage de sortir me balader : vautré dans un fauteuil, j’ai lu un peu de Introduction à Perl, franchement sympa !, et quelques hymnes de Hölderlin :

La ville autour de nous s’endort. La rue illuminée accueille le silence,
Et le bruit des voitures avec l’éclat des torches s’éloigne et meurt.
Rassasié des plaisirs du jour, vers le repos s’en vont les hommes,
I want to move it move it ! I want to move it move it ! I want to…

Euh… Non ça c’est la musique du voisin 😉

Extrait de l’hymne Le pain et le vin.

“Face au “non”, les chefs du PS agitent le spectre du 21 avril”

A propos du referendum sur le projet de traité consitutionnel européen.

Une victoire du “non” (…) provoquerait un “cataclysme politique” en France“, a prévenu vendredi l’ex-président de la Commission de Bruxelles, Jacques Delors, dans le quotidien Le Progrès.”Le scénario qui est en train de s’écrire, c’est le scénario du 21 avril“, a ajouté Julien Dray

Extrait du journal Le Monde

Je ne savais pas qu’on devait voter ce traité pour aider (ou nuire à) un parti politique ! J’avais cru comprendre qu’il s’agissait de dire si, oui ou non, nous étions d’accord avec un projet de constitution… pas d’éviter un nouveau plantage à quelques politiciens. Suis-je naïf.

François Hollande qui, jusqu’ici, rechignait à prendre des mesures coercitives, a expliqué jeudi soir sur LCI qu’il ne -laisserait- “pas passer des comportements qui pourraient rendre confuse la position du PS

Ibid.

Le parti, c’est Moi ? Il n’y manque que la perruque et les dorures Mr.Hollande. Décidémment, il semble y avoir une sacrée rupture entre les partis — leurs leaders et les wanabe leaders — et le monde autour d’eux :-/

Help.

Oui ou non ?

Vous n’avez jamais été pris entre deux envies contradictoires ? Moi oui, souvent. Par exemple me faire plaisir en achetant un appareil photo à 5000 euros et être raisonnable, ne pas stresser mon banquier ou ma compagne 😉

Là où ça devient problématique c’est quand ça concerne le boulot. Une partie de mon travail consiste à étudier des projets de manuels informatiques, des candidatures spontanées ou sollicitées. Neuf fois sur dix, il suffit de quelques pages, d’une esquisse de sommaire et d’une discussion ou deux avec l’auteur pour savoir si le projet tient la route.

Parfois cela ne suffit pas. On se retrouve avec un projet qui nous plaît et/ou avec un auteur qui connaît vachement bien le sujet, mais on sait que ça cloche quand même : pas de vision d’ensemble, une sale manie à se perdre dans les détails ou à vouloir parler de tout en même temps, une écriture vraiment médiocre, etc. Bref, quelque chose qui rend le manuel peu viable.

Ca ne devrait pas poser de problème, les consignes du boss sont assez claires et puis, passé les première fois, on éprouve plus vraiment de difficultés à dire « Merci beaucoup, mais non… ». Mais voilà, on a pas forcément envie de lâcher ce projet ou cet auteur. Alors, on devine la somme de travail que ça va représenter de ne pas le lâcher, et on se demande si on a vraiment rien de mieux à faire de son temps.

Je voudrais être dehors, un appareil photo entre les mains, ou à la terrasse d’un bistrot en plein été, avec un bon bouquin. Faulkner par exemple.

Google encore

Ce que je souligne ici, c’est qu’avant de s’inquiéter de certains effets éventuels de cet accord : hégémonie culturelle américaine (dénoncée par Jeanneney), parasitage des textes par la publicité et les libraires électroniques, mainmise sur les éditeurs intellectuels, il convient d’enregistrer la vraie nouveauté que constitue le financement des missions d’intérêt public par les industries culturelles (car Google est le type même de l’entreprise des nouvelles industries culturelles) et la dépendance ainsi créée à l’égard du financement publicitaire.

Sur le blog de Alain Giffard, je souligne.

Google aime la lecture ! Web sémantique et connaissance

Pour prolonger ou élargir cette note sur le web sémantique, voici un article (en anglais et au format PDF) de Michael Gorman à propos de la googlisation — la mise en ligne — des bibliothèques de cinq grandes universités américaines : Google and God’s Mind

L’article parle surtout de la situation des bibliothèques traditionnelles face au futur service de Google et l’auteur souligne ce qui lui semble être des limitations gênantes pour le projet de Google. Je retiens surtout cette phrase du début :

The books (…) are much more than the sum of their parts. They are designed to be read sequentially and cumulatively, so that the reader gains knowledge in the reading.

Une telle affirmation peut paraître un lieu commun, mais au fond ça importe peu car elle est juste (je ne pense pas que la banalité puisse disqualifier une idée) et que, de toute façon, ce lieu commun pourrait bien devenir de l’histoire ancienne avec l’accès direct et massif (on ne parle pas de quelques ouvrages) aux textes.

L’auteur fait une distinction entre l’information (les faits) et la connaissance, ou la compréhension de quelque chose :

The nub of the matter lies in the distinction between information (data, facts, images, quotes and brief texts that can be used out of context) and recorded knowledge (the cumulative exposition found in scholarly and literary texts and in popular nonfiction).

When it comes to information, a snippet from Page 142 might be useful. When it comes to recorded knowledge, a snippet from Page 142 must be understood in the light of pages 1 through 141 or the text was not worth writing and publishing in the first place.

Cela va dans le sens des questions que je posai, en tous cas c’est comme cela que le comprend. Mais cela dépasse de très loin la cadre des mes “notes”. Lisez la feuille pour vous faire une idée plus exacte de ce qui est en jeu.

Via Aeiou et la feuille.