Netbook Sony, celui que Apple aurait du proposer ?

Sony a laissé filtrer certaines rumeurs à propos d’un tout nouveau modèle de portable qui sera annoncé le 9 janvier. Même si habituellement je laisse courir les rumeurs, cette photo me laisse rêveur:

sonynetbook-fcclg.jpg

source

Ok, ce morceau de plastique noir avec l’emplacement vide pour la batterie n’a rien de particulièrement sexy, mais la forme oblongue invite à imaginer la machine qu’elle contiendra. En fait, elle me rappelle des machines plus anciennes:

psion5&netbook.jpg

(Source de la photo, utilisée sans autorisation mais c’est pour la bonne cause 🙂

Psion était peut-être un peu trop en avance sur son temps ? Même l’ordinateur portait déjà le bon nom, en 1999 (2000?): le Netbook.

Je ne sais pas si Sony compte nous dévoiler un Psion “réinventé”, mais cette coque tout en largeur laisse espérer un ordinateur conçu autour d’un clavier de taille normale ou presque. Imaginez ça : un vrai ultraportable (c-à-d pas forcément un qui soit le plus fin du monde, mais un qui ne soit pas encombrant, pour pouvoir le poser sur un coin de table et commencer à écrire ou lire ses mails) sur lequel on pourraît écrire des heures durant sans s’éclater les articulations. Il suffit de lui ajouter un bel écran (très) large, et assez de puissance pour pouvoir jouer de la vidéo (VOD?) sans s’essouffler et on a là une machine bien intéressante.

Ajoutons-lui encore un disque SSD de 64Go ou plus, toute la connectique requise pour être véritablement nomade (sans trimballer un sac à dos d’accessoires vendus en option… Allo, Apple?), y compris la 3G. Plus une batterie sérieuse (>5h d’utilisation réelle en WiFi, comme mon Vaio TX) et c’est le coup de foudre !

Ok, il y a la question du système d’exploitation (pas Vista, par pitié Mr. Sony, pas Vista!) et des applications disponibles. Mais bon, mes besoins logiciels sont assez modestes (pas de gros jeux, pas de vidéo, à peine de photo), Windows y répondra au moins en partie.

Sauf pour Scrivener (même s’il y a pas mal de programmes intéressants) et pour Tinderbox (même si une version compatible Windows est promise), il y a généralement un équivalent Windows aux applications que j’utilise le plus sous Mac: Evernote, MSOffice, OpenOffice et Firefox. Comme éditeur de texte, il y a Notepad2 ou encore Q10 (un chouette éditeur en mode plein écran, vraiment bien fait). Pour la photo, il y a Irfanview et Picasa (ou des choses plus sérieuses, jusqu’aux champions que sont Gimp ou Photoshop). Même Quicksilver a un équivalent, moche mais également puissant, sous Windows : AutoHotkey, à propos duquel j’ai publié un dossier dans un ancien numéro de Compétence Micro, d’ailleurs 😉

Il ne reste plus qu’à attendre pour voir si mon impression se confirme (et pour connaître le prix de cette merveille). Si c’est le cas, et si Apple ne se décide pas à bouger, mon prochain ultra portable pourrait bien être un Vaio.

Regarde le tigre passer, ou mets-le dans ton moteur

C’est amusant comme le hasard peut se montrer espiègle par moment:

tiger_b

J’avais complètement oublié cette vieille photo, jusqu’à ce qu’un visiteur passe dans ma galerie Flickr et l’ajoute à ses favoris, il y a quelques instants. Du coup, elle est remontée à la surface et je me suis rappelé que je l’aimais beaucoup.

Pas que ce soit une très bonne photo — j’imagine que sous l’oeil d’un pro elle doit même être assez mauvaise, mais ça ne me gêne pas: la photo, comme l’amour, est un domaine où je n’ai pas peur d’être maladroit, c’est un plaisir pas un métier — mais aujourd’hui, ce soir, là maintenant alors que pas mal de choses importantes sont remises en question dans ma petite vie, et que je passe une nouvelle nuit à les reconsidérer, je regarde passer le tigre peint en blanc et noir sur quelques planches disjointes, tout à côté de cette cage sans épaisseur et — tout me reviens — je me souviens de ce qui s’était passé lorsque je l’avais photographié. Il s’avançait lentement dans ma direction et grognait, la liberté, grognait-il, la liberté c’est… Le reste de ses méditations s’était perdu dans un grognement bien plus fort que les autres. Pas un instant il ne m’avait regardé droit dans les yeux. Peut-être voulait-il parler de la liberté qu’il avait de me croquer ou de m’ignorer, quand il m’aurait rejoint, plat indigne de ses quenottes? Je ne m’étais pas attardé, alors, pour le lui demander.

La liberté…

Plus tard, confortablement installé devant mon écran d’ordinateur, tout en vidant la carte mémoire de mon appareil et en regardant cette photo, je m’étais dit mais qui est-il ce tigre de peinture, qui a passé tellement de temps dans sa cage sans épaisseur que les barreaux lui ont fait des marques si profondes qu’il semble porter sa cage avec lui où qu’il aille. Et puis je réalisai que ce n’était pas des barreaux qui le déchiraient ainsi, mais l’espace entre les planches disjointes sur lesquelles il était peint.

Vraiment, je l’aime beaucoup cette photo.

CRIE-moi ton amour, je te HURLERAI mon indifférence


La TV est un rouleau compresseur. Je ne parle pas du flot d’images qui se déverse pour tapisser les murs du salon (et l’intérieur du crâne des spectateurs) en un délire coloré. Je parle du son.

On peut fermer les yeux pour échapper aux images, mais comment échapper au bruit ? Il n’y a jamais de silence à la TV.

La TV n’a sans doute rien inventé, nous avons toujours vécu dans le bruit. Se rassembler autour du foyer a toujours signifié entrer dans un cercle de bruits. Du moins, je peux l’imaginer sans trop craindre de me tromper, y compris jusque dans la préhistoire, quand nous n’échangions que des grognements réunis autour d’un feu à l’entrée de la grotte, nous disputant les morceaux de viande; un peu à l’écart on entendait le claquement d’une pierre contre une autre, l’ancien — personne ne lui disputait le plus beau morceau de viande — taillait les silex. Tailler la pierre et faire du feu, ou mourir de faim et de froid. De plus loin, au fond de la caverne, d’autres bruits laissaient espérer que la tribu allait s’agrandir dans quelques mois.

Ca ne se passait peut-être pas du tout de cette façon, mais il y avait des bruits. Des bruits qui inquiétaient, à l’extérieur dans le noir, dans le froid mais autour du foyer, ce feu si précieux, les bruits étaient rassurants: ici il y a de la chaleur, ta famille, des alliés. Ici, tu es chez toi, à l’abri. Il y a de la vie, ici.

La TV a remplacé le feu dans le rôle du foyer préhistorique, mais je ne suis pas certain que les bruits de la TV aient le même sens. Ne ressemblent-ils pas plus à un bombardement ne laissant que ruines et têtes broyées? Au souffle d’un prédateur impitoyable? Une solitude sans espoir?


Vous l’aurez deviné, depuis un moment je supporte l’assaut de la TV des voisins. Ca chante, ça crie, ça… hystérise, ça émotise, ça larmoyise, ça applaudise. Sans répit. Sans repos, jour après jour.

Forgeron frénétique qui martèle les têtes pour en chasser toute imagination et n’y laisser que des informations; séparant les parents des enfants, les papas des mamans, la TV poursuit son travail d’extermination. Mes voisins, dans ces moments-là, je ne peux que les imaginer vissés dans leur fauteuil, muets et solitaires l’un à côté de l’autre, tels des oies que l’on gaverait par les yeux et les oreilles, jusqu’à ce qu’il soit l’heure de se coucher ou d’aller pisser — tu veux un Coca? Une bière? Non, apporte-moi des chips.

Ils attendent sagement, comme des jouets abandonnés, que quelqu’un leur insuffle un peu de vie ou les range dans un placard. D’ailleurs, eux, ils ne font jamais de bruit. Au fond, mon voisin c’est leur TV.

Mais je me trompe sûrement.

Un chien aboie, un chien mord. La caravane passe et s’en fiche.

Quand on s’est occupé de chiens — j’en ai eu beaucoup dans mon enfance, mon père a toujours aimé les chiens — on sait que les plus dangereux ne sont pas ceux qui aboient le plus fort, ni ceux qui sont les plus nerveux. Le vrai danger, ce sont les sournois, ceux qui ne bougent pas et tout d’un coup vous mordent sans prévenir. Ceux qui aiment ça.

Mais bon, ce n’est pas parce qu’on a été mordu par un chien, que tous les chiens sont des salauds. Faut pas croire. Il en va de même avec les hommes. Au fond.

Et la caravane passe. Et moi aussi, sinon je vais rater mon train.

De l’art de nommer un produit

La photo du billet précédent, m’interpelle:

IMG_0523.JPG

A gauche, un Sony Vaio PCG-Z1XMP. A droite, un Apple MacBook Pro.

Qui décide des noms des ordinateurs chez les fabricants de PC? Un générateur de caractères aléatoires ?