Le geek est-il soluble dans l’eau ?

Les geeks ont tous (et toutes) une petite manie ou quelque chose à montrer aux alentours pour prouver qu’ils sont véritablement geek. Comme un ancien combattant exhibe ses médailles ou ses cicatrices à qui veut bien l’écouter raconter ses histoires d’ancien combattant. Ou encore comme des gamins qui s’amuseraient à savoir qui pisse le plus loin.

On est en droit de penser que l’on est un geek lorsqu’on se surprend à relever ses emails dans le bain. C’est quand même un indice probant. Mais là où le doute n’est plus possible, c’est quand votre compagne vous annonce par Skype, depuis la cuisine de votre gigaaaaantesque F2, que le dîner est prêt et qu’il faudrait sortir du bain.

Je crois que c’est du poisson ce soir.

Y a plus de saisons

Ce matin, en sortant de l’immeuble, on aurait pu se croire un matin d’été ou, à la rigueur, un beau matin de printemps. Il y avait une belle lumière et un ciel bleu qui va bien avec, sans le moindre nuage. Un petit vent doux finissait de me mettre le sourire aux lèvres quand je me suis mis en marche.

Mais il n’aura fallu que quelques instants à l’hiver pour se rappeler à mon bon souvenir, et me faire sentir tout ces précieux degrés qui séparent un matin d’été d’un matin d’hiver, même finissant. J’ai refermé ma veste, noué mon écharpe et enfoncé ma casquette sur mes oreilles pour tracer mon chemin dans ce froid glacial qui avait envahi les rues.

Vivement l’été.

L’étoile du berger. Enfin, presque.

Quelle photo !

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Oh, je veux bien croire que cette photo n’ait pas grand intérêt en elle-même, mais elle est si réjouissante à mes yeux, vous n’imaginez pas ! Je l’ai prise ce matin et c’est un régal ! Enfin, je peux sortir à nouveau avec mon compact.

Voyez-vous, j’ai pris l’habitude de faire une photo, à chacune de mes deux promenades quotidiennes. Rien de spécial, même pas le souci de faire une belle photo. Juste de garder une trace et pouvoir dire, si quelqu’un avait l’étrange idée de me le demander: oui, ce jour là, j’ai bien fait mes deux promenades, regardez.

Malheureusement, je dois vous dire que depuis plusieurs jours je ne pouvais plus sortir avec mon petit appareil photo: sa batterie était à plat. Il ne s’allumait que le temps de me supplier de le recharger. J’aurais pu le recharger, c’est vrai, vous avez raison de le penser. Mais je ne retrouvais pas le chargeur, un petit bloc de plastique bleu, que je croyais pourtant avoir rangé dans le tiroir du bas à gauche de mon bureau. Ne croyez pas que je sois désordonné, je vous assure que non, mais il ne s’y trouvait pas, je peux le jurer, et je ne le trouvai nulle part ailleurs où j’aurais pu le ranger par erreur: dans le placard où je range le reste du matériel photo, dans le tiroir où je stocke les câbles. Dans mon sac à dos. En vain.

Etrange. Car, hier soir un peu par hasard, mêlé à un câble USB et un câble DVI, je l’ai retrouvé. Dans le tiroir du bas à gauche de mon bureau.

Hadopi, mon ami

Ca buzze autour d’hadopi: passera, passera pas ? Bien ou mal ? Inutilement coûteuse ? Bah. Plutôt me préparer un thé. Je reviens, un instant.

Voilà, l’eau chauffe.

Si cette Nième Ultime Riposte Contre le Piratage©® est votée, il se passera quoi ?

La piraterie va disparaître ! Vraiment ? Non, je plaisante. Alors, il se passera quoi avec Hadopi ?

  1. Les vrais pirates vont se marrer un bon coup. Et continuer à faire ce qu’il font si bien: innover.
  2. Les autres utilisateurs (pirates du dimanche, ou pas pirates du tout) découvriront que Internet c’est pas si cool que ça quand, du simple fait d’avoir un abonnement, on devient suspect(1).
  3. Les tribunaux devront faire des heures sup. et devront se familiariser avec un nouveau vocabulaire technique: “M’sieur le juge, mon FAI m’a livré une box qui fait du WEP 64bits et y a même pas de firewall pour filter les ports en entrée. C’est pas ma faute”, ” Votre honneur, Microsoft n’a pa corrigé un problème de buffer overflow quand on affiche une page Web dans Internet Explorer.”, “Votre  Altesse, ils ont spooffé mon IP qui circule sur un forum d’échange. C’est pas ma faute.”, “M’dame le juge, je me suis pris un cheval de troie qui s’est installé automatiquement en exploitant une faille dans le dernier rootkit que SONY installe dès qu’on écoute nos CD sur le PC. C’est pas ma faute.”).
  4. Quand aux majors, qui rêvent d’un Internet transformé en un immense centre commercial, elles déchanteront peut-être en découvrant que pisser dans la soupe du client, même en lui expliquant avec le sourire que c’est bien meilleur comme ça, ça ne l’encourage pas à revenir.

En fait, si on y pense, la seule véritable bénéficiaire de cette loi ce sera… la Poste. Vu la quantité de disques dur qu’il faudra expédier à l’Hadopi pour prouver notre innocence, le ChronoPost va faire un carton! Un carton, haha.

Prouver son innocence. Drôle d’idée quand même. Bienvenue dans le pays des bisounours en bottes de cuir?

Et les méchants terroristes pervers sexuels qui (nous) veulent du mal, alors, t’en fais quoi espèce d’anarchiste? Ha oui, j’ai failli les oublier ceux-là. Je ne sais pas, vous en pensez quoi ? Et si on disait que les moins doués d’entre-eux feront  la même chose qu’ils faisaient avant Hadopi ? Se faire prendre et faire la une des journaux. Et que tous les autres, plus doués, feront comme les vrais pirates: ils se marreront un bon coup. Puis ils replongeront dans leurs réseaux cryptés et anonymisés pour préparer leurs sales coups. Ou alors, ils les prépareront dans grottes, sans Internet ?

Bon, sur ces belles pensées, je vous laisse, j’entend l’eau de mon thé frémir. D’impatience.

(1): Peut-être nous souviendrons-nous  qu’il y a une vie hors du Web et que, bien avant Internet, on échangeait déjà [tout]. On se rencontrait pour de vrai, sans passer par la boîboîte magique du modem, et on échangeait dans les cours d’écoles — des images Pannini, des K7 copiées de Brassens, U2 ou même, sacrilège!, de Beethoven. On échangeait dans des rues mal éclairées — des photos de cul ou même des livres interdits. On échangeait à la fac — desVHS copiées des films qu’on aimait (E la nave va, Le dictateur, les temps modernes, 8 1/2, Meurtre dans un jardin anglais, La jeune fille et la mort, Roselyne et les lions, Until the end of the world), des copies de CD (de Nougaro, de Bowie ou même de Schubert), des (photo)copies des livres qui nous tenaient éveillés la nuit tant ils étaient bons (Spinoza, Trakl, Barthes, Char, Dumézil), tant on aimait en discuter (Pierre, Thierry, Pascal ? Franco ?)…

Cours hadopi, cours !