Emma, qui n’était pas encore Madame Bovary,

se rassit et elle reprit son ouvrage, qui était un bas de coton blanc où elle faisait des reprises.

Que penserions-nous, aujourd’hui, d’une jeune femme qui repriserait des bas quand elle reçoit la visite de son prétendant ? Elle semblerait bien pitoyable, cette pauvre fille. Elle ferait mieux de lui servir un Coca, ou une bière, avant de se vautrer dans le canapé avec lui, devant la télévision.

D’ailleurs, est-ce qu’on reprise encore quoi que ce soit aujourd’hui? Tout n’est-il pas jetable ? Trois paires de bas pour le prix d’une!

Je relis Flaubert (la nuit, parce que plus tôt, ben, je travaille. Pas de chance); là, je relis Mme Bovary, mais en réalité c’est comme si je le lisais pour la première fois tant j’étais passé à côté quand on me l’avait donné à lire à l’école. Flaubert, c’est Dostoyevski avec l’esprit français qui aurait pris la place de l’âme russe. Une folie et une douleur cartésienne. Enfin, si je peux dire.

A peine plus loin que l’extrait que je cite — et qui est bien plus intéressant que mon clin d’oeil un peu crétin vers la société de consommation. D’ailleurs, je suis certain que Emma aurait adoré la TV, surtout les soap et les émissions où “toi aussi deviens une star” — , il y a son mariage avec Charles Bovary, la noce, les mentons rasés de frais, le violoniste et le repas, et le lendemain de la nuit de noce. C’est magnifique. Sans rire, ça se lit comme on écoute de la vraie musique, ou comme on regarde un film de Kusturica. C’est vivant, mais une vie bien mieux qu’en réalité.

Mais c’est aussi trop long, et je suis trop fatigué, pour le recopier. Lisez le chapitre IV de la première partie 😉

Saine balistique

Si j’écris qu’un type sort un Wz 63 de son veston, qu’est-ce que j’implique ? J’implique que dans ce monde, comme on ne peut pas aisément recourir à la guerre thermonucléaire, la gestion de la violence doit se faire notamment par de petites embuscades, souvent en pleine ville. Je sous-entends donc que beaucoup de savants techniciens, d’ouvriers et de machines sont consacrés à la fabrication d’une arme à tir rapide qui peut se cacher sous un veston. Si un lecteur juge simplement pittoresque l’apparition d’un p.m. Ingram à silencieux ou d’un Wz 63, il ne sait pas lire. Si un écrivain utilise les mêmes ustensiles dans un but pittoresque, cet écrivain ne sait ni lire ni écrire. Les moyens jugent leur fin. L’instrumentation est une affaire de morale.

Jean-Patrick Manchette, “Notes noires”, dans la revue Polar (1983), dans Le matricule des anges, n°95, juil-août 2008)

Je ne connaissais pas du tout Manchette (qui est pourtant vachement connu, je sais). Ce dossier de lmda me donne envie de le lire, et pas dans 36 lunes.

MacBook Pro ressuscité (merci qui ?)

Vous vous souvenez du MacBook Pro qui avait méchamment rendu l’âme en plein bouclage ? Celui qui ne fonctionnait que sans clavier et trackpad.

Malgré une réparation des autorisations (et du disque), malgré un boot sur une autre session (il était impossible de booter sur le clone), le clavier et le trackpad semblaient bel et bien HS. Je m’étais presque fait une raison, résigné à payer dieu sait combien pour une réparation hors garantie…

Mais je dois bien admettre que l’impossibilité de booter sur le clone ça me travaillait, et pas qu’un peu. Peut-être c’était autre chose que matériel (ou alors carrément la carte mère HS), peut-être que c’était un problème logiciel (pilote corrompu) ? En croisant, les doigts, j’ai passé un petit coup de AppleJack (un utilitaire qui fait un nettoyage en profondeur d’un tas de choses…

Bingo! Tout remarche.

Merci qui ? Merci AppleJack!

(Attention, pour lancer AppleJack, il faut redémarrer en mode single user (cmd+s à l’allumage) et taper applejack (qpplejqck, sur un clavier azerty) à l’invite de commande, suivi de Entrée.


Bon. Ben… il ne me reste plus qu’à réparer la touche du clavier que j’ai cassée en le démontant. Quoi ?

😉

MacBook Pro en panne de clavier et de trackpad

Hier soir — en plein bouclage de Compétence mac, bien entendu — Le MacBook Pro sur lequel je travaille a commencé à merder. Comme si le clic droit (et/ou le trackpad et/ou une touche du clavier) restait enfoncé en permanence. C’est une panne qui sonne ridicule, mais essayez de bosser comme ça.

Bref. Je l’ai démonté pour vérifier si une nappe n’était pas endommagée ou je ne sais quoi qui foutrait la merde. Rien vu. Seule solution pour continuer à bosser (et tenter de finir le prochain numéro du magazine): débrancher le clavier et le trackpad, et utiliser un clavier et une souris sans fil.

Mon super MacBook Pro s’est donc transformé donc en un Mac Mini avec un écran de 15” intégré.

C’est rageant. D’abord, parce qu’il y a à peine 2 ou 3 mois qu’il n’est plus garanti. Ensuite, parce que, justement, il a peine plus d’un an et qu’il tombe déjà en panne j(avais déjà du faire remplacer la batterie)! Quand on qualifie son matos de “pro”, on aimerait croire que c’est autre chose que du marketing.

Comme  je disais à Audrey hier soir, tout en essayant de gentiment réparer le Mac à coup de noms d’oiseaux, je n’ai jamais — “jamais” comme dans “pas une seule fois en plus de 20 ans que j’utilise des ordinateurs” — eu autant de pannes que depuis que je suis repassé sur Mac. Pour mémoire, un Mac Pro HS 15 jours après l’achat (et j’ai dû batailler des mois pour avoir une… réparation, même pas un échange), un second MacPro qui merdouille au boot, un premier MacBook Pro qui était en panne au déballage (ou presque), un MacBook Air qui sifflait et qui plantait systématiquement sur le partage de lecteur de DVD et un MacBook qui cassé (ok, celui-là je triche: c’est entièrement ma faute vu que je l’ai fait tomber), un iMac avec des pixels morts et dont le disque rend l’âme au bout de 18 mois. A part le MacBook que j’ai cassé moi-même, le seul de mes Mac sous OSX qui n’a jamais eu de panne, c’est un Mini G4.

Le pire, c’est que je flippe déjà à l’idée de ce que le SAV va me pondre comme devis.

Évidemment, sous PC ce qui tombait au moins aussi souvent en panne c’était… Windows (Mac OSX est super solide, lui). Alors quoi ? J’ai le choix entre un OS génial et du matos jetable d’un côté, et du matos fiable et un OS jetable de l’autre ? Merde.

D’accord, je suis (très) énervé et je suis (très) fatigué. Mais j’en ai marre des Mac qui tombent en panne. Sérieusement, j’en plein les bottes de ne pas pouvoir compter sur le matos dans les périodes de stress. J’ai bien l’impression que mon prochain Mac n’aura pas de jolie pomme sur sa coque (mais qu’il tournera quand même sur OSX).

Ce MacBook Pro était mon portable personnel, acheté avec mes petites économies. Je ne sais pas si je vais vraiment me faire un hackintosh, mais ce qui est 100% sûr et certain c’est qu’il est hors de question que je me rachète un Mac pour mon usage personnel:  ça (me) revient trop cher d’en changer tous les 14 ou 15 mois.