On design and (science-)fiction

(…) Obviously, all forms of art and design have some inherent constraints-but it seems to me that writers are especially misled by the apparent freedoms of language. Published language, in print, on paper, is not language per se: It’s an industrial artifact.

Writers cling hard to the word, to semantics, to meaning and sensibility. Design, by contrast, is less verbal. Design is busily inventing new ways to blow itself apart. Design is taking more risks with itself than literature. That is why contemporary design feels almost up to date, while literature feels archaic and besieged.

(…)

Why is that? What happened? Why are we like this now? What next, for heaven’s sake? Can’t we do better?

(…)

We have entered an unimagined culture. In this world of search engines and cross-links, of keywords and networks, the solid smokestacks of yesterday’s disciplines have blown out. Instead of being armored in technique, or sheltered within subculture, design and science fiction have become like two silk balloons, two frail, polymorphic pockets of hot air, floating in a generally tainted cultural atmosphere

(Design Fiction


Ecoutez encore

Ecoutez: “Je plains les poètes que guide le seul instinct; je les crois incomplets… Il est impossible qu’un poète ne contienne pas un critique.” Ecoutez encore !
(…)
La critique doit être passionnée pour être exacte.

(Pierre Boulez, citant Baudelaire. Penser la musique aujourd’hui)

Bien des choses, pour être exactes, devraient l’être.

Il faut encore s’entendre sur le sens du mot “passion”, Boulez en a une vision qui me plaît beaucoup, loin de l’idée de folie débridée et… déraisonnée.

Absent pour le WE

Ceci est un message enregistré pour mes 3 visiteurs et demi (que j’aime!): je ne répondrai à aucun email d’ici lundi ou mardi (ou plus?). Vous étonnez pas. 

J’ai besoin d’air. J’enlève la prise du modem — putain, je flippe ! ça va faire mal ? — j’ai besoin de retrouver un peu de calme, de retrouver un monde sans Web. Un monde sans blogs: un monde où les gens ouvrent leur bouche quand ils ont quelque chose à dire, et osent la fermer le reste du temps. Quelque chose qui semblera peut-être difficile à comprendre aujourd’hui: une sorte d’écologie du dialogue et du lien social, si on veut, qui consisterait ne pas jeter ses mots à tort et à travers, à faire le plus de bruit possible pour attirer l’attention (ou améliorer son Page Rank), comme un singe en rut qui s’agiterait dans sa cage, de la même façon qu’on évite généralement de jeter ses papiers gras sur le trottoir, ou de chier en public.

Bon WE tout le monde. Reposez-vous bien.

Sortir le tête du Web

Sortir la tête (et le nez) du Web, fermer l’ordinateur. S’installer dans le fauteuil avec un bon bouquin et, tout doucement peut-être même à contre cœur, (re)découvrir qu’il existe une autre façon de réfléchir. Une façon plus lente. Moins fragmentée.