Jim Baen’s ferme ses portes. La presse numérique déjà malade du Web?

I’m sorry to have to announce that we’ll be closing Jim Baen’s Universe at the end of our fourth year of publication. That year began with the June 2009 issue, and will end with the April 2010 issue. 

For the moment, I’ll just provide a short summary. In a nutshell, we were simply never able to get and retain enough subscribers to put us on a sales plateau that would allow us to continue publishing.

En résumé, si vous n’allez pas lire le reste du billet: ils n’ont jamais réussi à réunir assez de souscripteurs “normaux” (des gens comme moi, qui payent l’abonnement simple), et ils ont perdu quelques uns de leurs “gros” abonnés… Pas assez de pognon pour continuer, quoi.

Mauvaise nouvelle. Y avait des bonnes choses dans Baen’s.

Mais c’est surtout une mauvaise nouvelle parce qu’un petit éditeur indépendant n’a pas réussi à trouver de quoi vivre en ligne, avec pourtant un marché bien ciblé (la SF) et, à portée de clic, une clientèle potentiellement planétaire

“Oui, mais les ebooks c’est pas génial”, “les DRM, c’est la merde”… Baen’s proposait des fichiers sans DRM, au format PDF ou RTF, lisibles sur n’importe quel ordinateur, et imprimables. Mais ça n’a pas suffit.

On pourrait me dire que leur formule aurait pu évoluer, leur produit être un peu plus moderne, ou que sais-je. Mais je ne suis pas certain que ça aurait changé quoi que ce soit. Le fond du problème me semble être ailleurs: qui veut encore payer pour du texte sur le Web ? Déjà, payer pour un film ou une chanson ça fait chier le monde. Alors, pour quelques octets de texte…

Payer. Internet ressemble à une gigantesque avenue commerçante et les clients sont ivres des promotions, ristournes, échantillons gratuits que chaque boutiquier lui offre, pour l’attirer. Au point que l’idée même de payer pour consommer devient insultante. 

La gratuité semble devenir la norme, et “free”, ne plus faire référence qu’à “free beer”, et non plus à “freedom”. Mais quelle bière ne coûte rien à fabriquer? De la pisse de vache, et encore.

Que va-t-il se passer si les éditeurs indépendants ne peuvent plus exister en ligne, faute d’une clientèle capable de comprendre que “payer pour un livre” — même numérique — ce n’est pas une arnaque ? Quelle édition, quelle presse, quelle création littéraire aurons-nous ? 

Je ne vois pas comment nous allons échapper à cette profonde remise en question. Et je ne vois pas comment on pourra préserver la variété actuelle de l’édition indépendante, sans argent — la pub ne fera pas vivre un éditeur qui vend une centaine d’exemplaires d’un bouquin par an. 

On verra. Après tout c’est un seul éditeur qui met la clé sous la porte, et il évoque des raisons personnelles. 

Ou peut-être que ce n’est pas la bonne question à se poser: la gratuité n’est pas le problème. Peut-être devrions-nous nous demander si notre société a encore une place pour une presse et une édition indépendante ? Voulons-nous encore lire des journaux et des livres, ou pas ? Lesquels ?

Après tout, il y a la Star Academy et le football, entre deux plages de pubs, à la TV. On trouve toujours un exemplaire d’un des journaux gratuits, à la sortie du métro. Et les derniers best-sellers sont sagement empilés chez notre libraire (bientôt, sur le Kindle de Amazon — alleluia!). C’est vraiment pas comme si on manquait de divertissements et de culture. Ouf.

Voilà des questions qui m’intéressent un tout petit peu, en tant que petit éditeur indépendant. En attendant, je retourne finir le prochain numéro de mon magazine…

Je hais les deadlines

Je hais les deadlines. Ca ne laisse plus le temps de rien. Et certainement plus celui de rêver en savourant cette tasse de thé.

Rêveur, nez en l’air, tête dans les nuages… appelez-ça comme vous voulez, mais c’est comme ça que je ma cervelle fonctionne. Sans ces moments de rêverie, pas d’idées. Et il faut bien avouer que lorsqu’on boucle un numéro du magazine, on n’a plus une minute à soi (vous étonnez pas si je réponds pas aux mails). C’est pas tant la pression des délais qui est problématique (je crois que j’aime ça), c’est plutôt l’impression de ne plus pouvoir respirer. D’être enterré vivant, de ne plus avoir un moment de liberté, de gratuité, d’inutilité. Faire faire faire faire faire…

Bon, 22 minutes pour le déjeuner, thé compris, il est temps de retourner au taff.

Pourquoi il laisse tomber l’iPhone pour un Pre

Après le refus de l’Application Google Voice sur l’AppStore, Steven Frank (co-fondateur de Panic) décide que c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, qu’il en assez du manque de transparence de Apple, assez de la façon dont une application est autorisée ou refusée sur le AppStore sans aucune explication claire. Il laisse tomber l’iPhone, et passe au Palm Pre, qu’il trouve pourtant moins bien et moins pratique que l’iPhone, mais avec lequel il ne sent pas floué, en tant que dévelopeur potentiel et en tant que consommateur.

My position is not that every app should be approved — it’s that rejected apps should be rejected for reasons that at the very leastmake consistent, logical sense, without garbage form-letter rejection notices that explain nothing, and with at least some sort of guidance available to the developer about how to fix the problem instead of meeting them with a brick wall.

(…)

I’ve reached a point where I can no longer just sit back and watch this. The iPhone ecosystem is toxic, and I can’t participate any more until it is fixed. As people have told me so many times: It’s Apple’s ballgame, and Apple gets to make the rules, and if I don’t like it, I can leave. So, I don’t like it, and I’m leaving.

(…)

I realize these actions are utterly insignificant to Apple. I know I’m a tiny tadpole flapping his tail helplessly in anger at the ocean. But at least my conscience is clear. I hope change is coming. I’m really going to miss my iPhone terribly. I’m frustrated and disappointed at the whole situation.

(Steven Frank)

Ce qui donne, traduit à la va-vite:

Mon point de vue ce n’est pas que toutes les applications devraient être approuvées — c’est que les applications refusées devraient l’être pour des raisons qui aient un minimum de sens et de cohérence, sans lettre-type pleine de verbiage qui n’explique rien, et avec au moins quelques conseils à la disposition du développeur pour régler le problème, plutôt que de n’offrir qu’un mur de briques.

(…)

J’en suis à un point où je ne peux plus rester assis et contempler tout ceci. L’écosystème de l’iPhone est toxique, et je ne peux continuer tant qu’il n’est pas réparé. Comme les gens me l’ont si souvent dit: c’est le terrain de jeu de Apple, et Apple fixe les règles, et si je ne suis pas d’accord, je peux partir. Je ne suis pas d’accord, donc je pars.

(…)

Je suis conscient que ces actions sont absolument insignifiantes pour Apple. Je sais que je suis un petit têtard en colère qui agite en vain sa queue contre l’océan. Mais au moins j’ai la conscience nette. J’espère qu’un changement se produira. Je vais vraiment regretter amèrement mon iPhone. Je suis frustré et déçu de la situation dans son ensemble.

Dire que je comprends son énervement et son sentiment d’impuissance, serait peu dire.

Lire et réfléchir sur ce judicieux billet.

Via Daring Fireball.

Bifrost, le blog !

Bifrost (Le Bélial’) vient de lancer son blog

Sous la houlette de Olivier et de Clément, pas mal de bonnes choses sont annoncées. Et déjà une nouvelle de Catherine Dufour est disponible gratuitement (en HTML, ou dans un PDF sans DRM — merci!): La liste des souffrances autorisées

De la (bonne) SF en français sur le Web et un blog qui est comme la promesse de pas mal de bons moments à venir… Bon dieu, que ce WE commence bien.

Et bien ? Qu’est-ce que vous attendez pour y foncer ? 😉