La paix dans le monde, à coups de hamburgers (et de TV) ?

The latest Army statistics show a stunning 75 percent of military-age youth are ineligible to join the military because they are overweight, can’t pass entrance exams, have dropped out of high school or had run-ins with the law.

dixit.

En bref: 75% des jeunes américains sont trop gros/trop peu éduqués pour entrer dans l’armée. Ou alors ils ont trop d’emmerdes avec la justice.

En clair, la malbouffe et la connerie c’est la solution anti-guerre ! 

Il suffirait d’empiffrer tous les gamin(e)s de hamburgers bien gras et de programmes TV (ou de contenu web) qui ne le seraient pas moins — il suffirait ai-je écrit, au conditionnel, car je ne me permettrai jamais d’insinuer que la TV (et une part croissante du Web) ne sert réellement qu’à véhiculer de la merde — pour que la guerre devienne impossible, faute de combattants aptes à courir ou à ramper, ou même simplement assez malins pour appuyer sur un bouton. Clic-boum.

J’ai (presque) toujours été gros, je suis donc assez mal placé pour en rire. Mais ça laisse songeur de penser qu’une génération est à 75% incapable de faire le minimum physique/intellectuel requis pour entrer dans l’armée. 

Pour moi — mais je suis un geek, perverti à coups de pizza et de Matrix — c’est un signe de plus que la prochaine évolution de l’espèce humaine, après la station debout, le feu, l’imprimerie, le téléphone, Jodie Foster et Internet, c’est… la dématérialisation, la séparation pure et simple du corps (jetable) et de l’esprit. Un corps jetable, pour une pensée pure (du calme, René).

Eldorado inespéré pour quelques entreprises en mal de marchés à conquérir ! Des corps sur mesure, vendus en supermarché ou dans des boutiques de luxe — Mmmm un “iBody”, Yeark, un “Body 7” — dont on changera selon nos envies (hello, Clones), des plugins ou des carte d’extension mémoire pour apprendre maîtriser le kung-fu (hello, Neo) ou le tricot (hello, maman).

😉

La police est à vendre


(clic=grand J’ai agrandi le texte à 400% de la taille habituelle, pour que vous puissiez apprécier les “défauts”)

Ce n’est évidemment pas la police que j’utilise lorsque j’envoie les articles à la mise en page mais, que je sache, rien ne m’interdit de me faire plaisir pendant leur écriture, et ça ne prend que quelques secondes de la changer avant de l’envoyer. 

J’aime son rendu imparfait. Vraiment, il ne manque que l’épaisseur du papier dans laquelle s’imprimaient les caractères frappés à la machine, pour parfaire l’illusion. Ca rend le mode “Plein écran” d’applications comme Scrivener (ou Smultron, Nisus,…) encore plus agréable à utiliser: juste une feuille de papier, et le texte — Ah ! Vivement les écrans tactiles… en papier.

Cette belle police s’appelle “P22 Typewriter” et, comme je vous l’annonçais en titre, elle est à vendre. Par exemple sur fonts.com pour 21€ et des poussières, TTC.

On en trouve d’autres, et gratuites, sur dafont 😉

A une époque où de plus en plus de monde veut tout pour rien — illusion du tout gratuit qui nous fait courir le risque d’y perdre des plumes — je suppose que ça pourrait choquer certains de payer pour quelque chose d’aussi “simple” qu’une police de caractères. Mais bon, j’ai des excuses :

  • Ce n’est pas la première police, ni la dernière, que j’achète.
  • Une police, c’est simple seulement aux yeux de ceux que ça n’intéresse pas.
  • S’il fallait se soucier de ne pas choquer le monde…

La science-fiction mise à mal par les nouvelles technologies ? Non

Science fiction is a literature that uses the device of futurism to show up the present— a time that is difficult enough to get a handle on. As the pace of technological change accelerates, the job of the science fiction writer becomes not harder, but easier— and more necessary. After all, the more confused we are by our contemporary technology, the more opportunities there are to tell stories that lessen that confusion.

In het Frans, ça donne à peu près :

La SF est une littérature qui utilise l’astuce futurisme pour montrer le présent — une période qu’il est bien assez difficile de saisir. Alors que le rythme des changements technologiques s’accélère, le travail de l’auteur de SF ne devient pas plus difficile, mais plus facile — et encore plus nécessaire. Après tout, plus la technologie contemporaine nous trouble, plus il y a d’opportunités pour raconter des histoires qui atténuent ce trouble.

“Radical Presentism”, de Cory Doctorow, dans le dernier (et très beau) numéro de TinHouse, également disponible sur leur blog 😉

Ca n’a l’air de rien, au premier abord mais, comme souvent sous la plume de Cory Doctorow, c’est vachement pas con.

Singing in the rain, la presse et le Web sont dans un bateau

Je viens de mettre Singing in the rain en pause (une COPIE d’un DVD car je t’aime, hadopi) pour publier ce billet, tellement je suis sous le choc: je pensai connaître le film, ben non. Pas du tout.

Sans exagérer, dans le registre “Putain, qu’est-ce que ça fait du bien”, c’est un de mes films préférés — faut dire que je suis un fan de comédies musicales, tout particulièrement de Gene Kelly. Pourtant, je ne savais pas que ce film me concernait à ce point.

L’histoire Le prétexte du film, c’est la rencontre entre la vedette Don Lockwood et l’actrice débutante Kathy Selden et, en arrière plan, le passage des studios hollywoodiens du cinéma muet au cinéma parlant — avec tous les drames que ça implique pour les stars du muet… et les opportunités pour ceux qui sauront saisir leur chance d’évoluer. Sur ce décor sympathique, les acteurs (délicieux, merveilleux, éblouicieux) dansent et chantent et nous divertissent.

Je ne vous dit pas ma tête il y a cinq minutes de ça, alors que je souriais comme un idiot aux efforts de diction de la pauvre Lina Lamont, quand j’ai réalisé que cette comédie musicale qui a presque 60 ans pourrait très facilement coller à un sujet contemporain qui me concerne de très près : le déclin de la presse et de l’édition papier, la montée en puissance l’édition en ligne. 

Good Mornin’,
Good Mornin’,
We’ve Talked the whole night through
Good Mornin’,

Il suffit de remplacer “cinéma muet” par “presse écrite” et “cinéma parlant” par “presse en ligne” et à la place d’acteurs jouant le rôles d’acteurs, on leur demandera de jouer le rôle d’éditeurs ou de journalistes. 

…but you have to talk into the mike first.

Un tel changement a contraint les acteurs et les studios à réapprendre leur métier et à inventer de nouveaux outils (le doublage, par exemple), pour ne pas crever la gueule ouverte, dans le caniveau. Pourquoi ça serait différent pour la presse et l’édition ? 

We’ll have to think of something else.

Je vois autour de moi certaines personnes qui cherchent désespérément à préserver leur façon de faire, leur statut, leurs habitudes, à préserver ce qu’elles connaissent au détriment de ce qu’elles ne connaissent pas… 

– ”And l can’t stan’ ‘im. ”
– And l can’t stand him.
– And l can’t stan’ ‘im.
– Can’t.
– Can’t.
– Can’t.
– Can’t!
– Can’t. Can’t.

Certains se mettent carrément la tête dans un sac et se bouchent les oreilles. Quelques uns aussi, hélas, font en sorte de pourrir tout ce qui va dans le sens du changement. Ou alors ils trichent, espérant recevoir les lauriers sans saigner un peu d’abord.

C’est pas une vie ça: vivre la tête tournée en arrière et marmonner comme pour s’en convaincre que “c’était mieux avant”, b(i)aiser avec tout le monde ? 

Ok, ça secoue, ça fait pas toujours du bien, mais ce qui arrive finira bien par donner quelque chose de meilleur que ce qui existe aujourd’hui. Une meilleure presse, une meilleure édition. Ca a déjà commencé. Et c’est tant mieux.

Vivre avec un sac sur la tête, ça ne  me tente pas. Pas plus que de b(i)aiser avec tout le monde. Il suffit de le savoir/de s’en rappeler — même si c’est au détour d’une comédie musicale — pour que pas mal de questions en suspens trouvent leur réponse ou, au moins, une ébauche de réponse. Ca fait du bien.

What a glorious feelin’
We’re happy again
We’ll walk down the Web
With a happy refrain
And surfin’
Just surfin’ on the Web

(…)

The sun’s in my heart
And I’m ready for love

Gene Kelly, dansant sous la pluie

Gene, t’es trop fort !

😉