Cher papa Steve, j’ai été bien sage, pour la Keynote j’aimerai…

Honnêtement, le côté hardware n’est pas ce qui m’intéresse le plus sur cette Keynote, même si je veux bien voir un nouveau MBP ou un Air.

Non, mon rêve — qui est carrément fou — ce serait que Steve, avant de clôturer la keynote, nous lâche son One more thing pour annoncer… une mise à jour de MobileMe.

La promesse d’une vitesse d’accès décente. Et un espace de stockage… illimité. Mais oui. Illimité.

Apple veut être le hub de notre vie numérique ? Qu’elle nous en donne les moyens. Je veux pouvoir stocker tous mes fichiers sur iDisk, sans avoir à hésiter sur ce qui en vaut la peine; je veux que mes achats sur iTunes soient automatiquement copiés sur l’iDisk; je voudrais aussi pouvoir accéder à tous mes films depuis… l’iPad.

Du coup, avec un iDisk illimité et rapide, l’iPad de base avec ses “seulement” 16Go de stockage, me suffirait largement 🙂

Allez, Steve !

Albert Dupontel qui parle de cinéma

“La simplicité est une complexité résolue”, c’est Chaplin qui disait ça. Et son génie, c’est ça.

Un entretien filmé (en Flash) avec Albert Dupontel, sur FilmoTV.

Il faut cliquer sur chaque petit cadre pour lancer la vidéo correspondante. Celle où il parle de Chaplin et de pas mal d’autres cinéastes est ici.

Dupontel, même quand il est pas au mieux de sa forme, je dois bien reconnaître que je l’aime. C’est un de ceux qui font encore du cinéma, et pas des enfilades de scènes et de dialogues préformatés.

Miam.

Pourquoi Apple est Apple ?

J’ai reçu une bien étrange question par e-mail: “à ton avis pourquoi l’iPad cartonne si fort ?

Alors là ! Tout ce que je peux dire c’est ce que j’ai déjà écrit ici ou , etc.

Par contre, j’ai ma petite idée sur ce qui fait que Apple est différente des autres, et pas seulement sur l’iPad. Différente au point qu’elle semble parfois se pencher sur nous depuis un futur lointain, souriante et nous tendant la main.

Elle prend des risques.

Et parfois, elle échoue.

À la différence de beaucoup d’autres, Apple ne cherche pas qu’à vendre des ordinateurs, des iPad ou des iPhones. Elle veut changer les choses. Changer l’informatique et ce qu’on en fait, avec les Mac (le premier ordinateur sympa) et avec OS X (le 1er Unix sexy); changer la téléphonie avec l’iPhone (peut-être le seul appareil qui mérite vraiment d’être qualifié de nouveau depuis… les 1ers essais de Graham Bell); changer tout, avec l’iPad.

  • Ca demande du courage.
  • Ca demande le soutien d’une communauté prête à suivre, et sans laquelle rien n’est possible: Apple, c’est aussi ses utilisateurs fanatiques.
  • Ca demande surtout d’avoir un visionnaire à la barre, pas un gestionnaire qui ne voit que les chiffres ou qui ne trouve son inspiration que dans ce que fait la concurrence.

Apple rêve ce que nous ferons demain.

Et une des forces de Steve Jobs, c’est de faire ce qu’il faut pour s’entourer des meilleurs “rêveurs” (le mot est ambigu : il s’agit bien de travailler, et dur en plus, mais autrement).

S’entourer de rêveurs — non pas pour les déguiser en “cadres” ou en “professionnels” sérieux et tout (avec le costard cravate qui va bien), ni pour exiger d’eux des choses qui ne sont pas dans leurs cordes (par exemple tenir un livre de comptes), ni même pour “copier ce que fait la concurrence. Mais sans que ça se voie trop, hein !” — pour faire ce qu’ils savent faire et qu’ils font si bien : imaginer ce que nous ferons demain, et comment nous pourrions le faire sur un produit estampillé Apple.

C’est ça Apple.

OK, c’est aussi une vraie boîte, méchante et qui veut gagner du fric. Beaucoup même. Mais le fric, c’est la conséquence (naturelle ?) du courage de rêver au lieu de (re)produire des clones de clones de clones de produits déjà vus 1000 fois ailleurs.

Bon, c’est pas tout ça. Ma naïveté sidérale et moi, on retourne bosser (et on vous souhaite une bonne soirée).

Ouvrir les yeux

S img 0103

Je n’avais jamais remarqué cet arbre et ce coin de verdure au fond de ce couloir sombre — ça fait à peine 8 ans que je passe à côté, 2 à 3 fois par semaine.

Hypocrisie

This is the land of Philistinism, a land where all human, humane interests, independent thought, and courageous action are wanting. Philistines are uncritical, unconscious of defects and faults, living in the mire of self-contented stupidity and mediocrity.

Traduit vite fait, ça donne:

C’est le pays du philistinisme, un pays où tous les humains, les intérêts humains, la pensée libre et l’action courageuse manquent. Les philistins n’ont pas de sens critique, inconscient des défauts et des fautes, ils vivent dans la bêtise crasse de l’auto-satisfaction et de la médiocrité.

Le philistinisme, c’est l’hypocrisie élevée en règle de vie. C’est le culte du paraître et du prétendre. La religion du faire semblant. Paraître, c’est être.

C’est aussi une terrifiante incapacité à voir les vrais problèmes en face, à comprendre leurs causes réelles. C’est enfin un manque de courage : le refus de se remettre en question, de douter de soi. Plutôt douter des autres, c’est moins douloureux.

C’est fou comme ça semble sonner juste aujourd’hui, s’appliquer à bien des situations que nous connaissons tous (l’économie qui détruit l’humain pour gagner 1$ de plus, l’environnement saccagé, les politiques vendus aux puissants, etc. mais cela s’applique aussi à des choses plus… intimes). On ne dirait pas que le bouquin dont ce passage est extrait a été rédigé en 1909 (Philistine and Genius, Boris Sidis).

Mais peut-être chaque époque est-elle persuadée de trouver en son sein l’incarnation ultime des pires choses. Comme des plus belles.

Et n’oublions pas que l’on est probablement tous le philistin d’un autre. Sauf celles et ceux d’entre-nous qui sont parfaits, bien entendu.

Ne vous étonnez pas de voir passer quelques billets connotés spiritualité ou même carrément religion… C’est le printemps, je fais les poussières et pas que sur les meubles. Dans ma tête aussi.