Pourquoi Apple est Apple ?

J’ai reçu une bien étrange question par e-mail: “à ton avis pourquoi l’iPad cartonne si fort ?

Alors là ! Tout ce que je peux dire c’est ce que j’ai déjà écrit ici ou , etc.

Par contre, j’ai ma petite idée sur ce qui fait que Apple est différente des autres, et pas seulement sur l’iPad. Différente au point qu’elle semble parfois se pencher sur nous depuis un futur lointain, souriante et nous tendant la main.

Elle prend des risques.

Et parfois, elle échoue.

À la différence de beaucoup d’autres, Apple ne cherche pas qu’à vendre des ordinateurs, des iPad ou des iPhones. Elle veut changer les choses. Changer l’informatique et ce qu’on en fait, avec les Mac (le premier ordinateur sympa) et avec OS X (le 1er Unix sexy); changer la téléphonie avec l’iPhone (peut-être le seul appareil qui mérite vraiment d’être qualifié de nouveau depuis… les 1ers essais de Graham Bell); changer tout, avec l’iPad.

  • Ca demande du courage.
  • Ca demande le soutien d’une communauté prête à suivre, et sans laquelle rien n’est possible: Apple, c’est aussi ses utilisateurs fanatiques.
  • Ca demande surtout d’avoir un visionnaire à la barre, pas un gestionnaire qui ne voit que les chiffres ou qui ne trouve son inspiration que dans ce que fait la concurrence.

Apple rêve ce que nous ferons demain.

Et une des forces de Steve Jobs, c’est de faire ce qu’il faut pour s’entourer des meilleurs “rêveurs” (le mot est ambigu : il s’agit bien de travailler, et dur en plus, mais autrement).

S’entourer de rêveurs — non pas pour les déguiser en “cadres” ou en “professionnels” sérieux et tout (avec le costard cravate qui va bien), ni pour exiger d’eux des choses qui ne sont pas dans leurs cordes (par exemple tenir un livre de comptes), ni même pour “copier ce que fait la concurrence. Mais sans que ça se voie trop, hein !” — pour faire ce qu’ils savent faire et qu’ils font si bien : imaginer ce que nous ferons demain, et comment nous pourrions le faire sur un produit estampillé Apple.

C’est ça Apple.

OK, c’est aussi une vraie boîte, méchante et qui veut gagner du fric. Beaucoup même. Mais le fric, c’est la conséquence (naturelle ?) du courage de rêver au lieu de (re)produire des clones de clones de clones de produits déjà vus 1000 fois ailleurs.

Bon, c’est pas tout ça. Ma naïveté sidérale et moi, on retourne bosser (et on vous souhaite une bonne soirée).