Il paraît que Sarkozy veut de états généraux du foot français.
Ben tiens, parlons foot. Mobilisons les Français sur ce grave problème. Ce sera moins emmerdant que parler retraite, relance économique, chômage, magouilles et autres saletés qui, elles, ne semblent pas remettre en question le Maillot, le Drapeau, l’Honneur, la Grandeur et l’Image de la France (là, on sifflotera la Marseillaise).
Malheureusement, le foot ne m’intéresse pas plus que ça (mes excuses aux fans). Je ne vais donc pas m’y attarder. Ce qui m’intéresse un peu plus, en revanche, c’est le journalisme.
Or, ce que j’ai vu comme journalisme ces derniers jours me fait réfléchir. Mais, me direz-vous, que diable ai-je bien pu voir qui pousse un esprit aussi borné que le mien à… réfléchir ?
J’ai vu une incroyable course à la veulerie;
J’ai vu une surenchère d’Honneur, de Dignité, de Grandeur et de france Majuscule (on emploie souvent des grands mots, quand on n’a rien à dire);
J’ai vu une écoeurante marée de Drapeaux outragés, de Nation humiliée;
J’ai vu un authentique lynchage des Nullités, des Mickeys et de Zéros, pour reprendre quelques expressions lues ici et là;
J’ai vu une gigantesque branlette patriotique à laquelle s’est livrée une bonne partie de la presse, qui n’avait sans doute rien de mieux à faire.
Ayant vu tout cela, j’aurais apprécié que le président convoque également des “états généraux de la presse française”. Histoire de faire le point et de comprendre comment on est passé d’un travail d’information à celui de torche-cul, pour le dire poliment.
Mais peut-être les politiciens (et les annonceurs qui font vivre les journaux) apprécient-ils un journalisme qui se complaît dans les non-sujets, préférant les émotions aux questions ? Une presse vendant du papier comme d’autres vendent leurs fesses ? Une presse qui fait de la merde plutôt que du journalisme ?
A quoi sert la presse ? Il faudrait peut-être se poser la question.
Enfin, à quoi bon. J’arrête là, je vais encore me fâcher avec tout le monde et ça ne servira à rien. Ce n’est qu’un cri du coeur d’un lecteur déçu par ce journalisme (en) français.
Promis, un de ces quatre, pour compenser cet amer billet, je ferai un autre billet à propos des rares journalistes (et des encore plus rares journaux) que je continue à suivre avec intérêt, qu’ils soient papier, radio ou en ligne — aucun “journal” TV, pas l’ombre d’un, ne méritant le sacrifice d’une seule seconde de mon temps, ni du vôtre d’ailleurs.

Ça fait plusieurs jours que je pense à écrire un billet à ce sujet, depuis que le lynchage a commencé. Mais je vous avoue que je n’ai jamais trouvé par quel bout le prendre, tant il y aurait de choses à dire. Je n’ai toujours pas trouvé, en fait, et ce n’est pas le billet que je souhaitai écrire.
C’est juste que les simagrées politiciennes me font encore plus bondir : il n’y a rien de plus dangereux et de plus suspect que de voir les politiques et la presse avancer main dans la main, pour dire du mal (ou du bien) de quelqu’un, même quand il s’agit seulement de parler football.
Dans cette histoire, tout le monde est hyporite. Au fond, c’est ça le problème. Pas juste quelques politiciens et quelques pisse-copie affublés d’une carte de presse, mais tout ce monde qui fait mine de s’offusquer de la raclée reçue, de la défaite — cette ligne Maginot du foot — comme si rien ni personne, et depuis longtemps, n’avait annoncé la catastrophe.
