“You know what really annoys me about the Google Books Settlement?” Mrs H said to me this morning over tea…
“No,” I said.
“It is that, even now, there are thousands of really good books which are not getting written because everyone is so sodding stressed about it. That’s what they ought to be sorry for.”

Plus modestement — en fait y a même carrément presque pas de rapport avec le lien précédent mais bon moi j’en vois un et ça me suffit — la course larvée que se livrent les sites Web (on va dire les sites qui parlent de Mac, pour l’exemple mais ça n’est en rien limité à ce domaine), cette rivalité qui n’ose pas dire son nom, le désir de chacun d’être le premier, le plus vu, le plus gros, le plus populaire… je me demande si ça ne va pas finir par mettre un frein à ce que l’on peut faire… à ce que je fais, du moins.
Car j’en suis à me demander s’il est encore possible d’essayer de faire quoi que ce soit d’original ou d’un peu différent, sans découvrir le lendemain matin que tel ou tel, ou tel encore, ont trouvé l’idée à leur goût, ont décidés de l’appliquer de leur côté sans se poser de question et sans même un merci…
J’en viens à me demander, très sincèrement, s’il est encore seulement possible de discuter d’une idée sans craindre de la voir mise en oeuvre ailleurs par tel ou tel à qui l’on se serait confié ?
J’en ai marre de cet état d’esprit rapace, carnassier.
C’est sans doute mon côté végétarien qui refait surface. Ou, plus simplement, je pense que j’arrive au bout du rouleau.
Marre. Après avoir connu, d’un point de vue professionnel, l’année la plus ignoble que j’ai jamais vécue — et pourtant j’ai connu des jobs pénibles (quand je serai vieux, on en parlera si je crève pas la gueule ouverte au fond du caniveau avant ça) — , je suis au bout de mes forces.
La semaine et demie de vacances qui vient de s’écouler n’y change rien ou presque. La moindre incorrection me semble une agression, un problème insurmontable. Et je comprends de moins en moins les choix qui se font autour de moi…
Bien sûr, c’est moi le problème, et moi seul. C’est moi qui ne vais pas bien. Faudrait être un salaud de première pour croire un instant que les gens que vous rencontrez ne pensent qu’à vous baiser la gueule ou à profiter de vous.
Il est peut-être temps que je jette l’éponge. Même si l’âge de la retraite est encore loin.
Edit (23 novembre 2009 à 22h40): Il semblerait que certains esprits s’échauffent et utilisent ce billet pour en accuser d’autres de “copier”. On va se calmer, au moins le temps de se rappeler que nous sommes des adultes… et des adultes raisonnables, en plus.
Que les choses soient claires: si je ne cite personne, c’est parce que je ne vise pas Tel ou Tel site en particulier, mais un état d’esprit, une façon de faire “en général”, une certaine facilité ou une paresse, un manque de respect, ou le désir de piétiner pour réussir… Mon amertume dans ce billet est la même que lorsque je parle du mythe du tout gratuit auquel de nombreux “surfeurs” semblent vouloir réduire Internet: je n’ai pas une personne précise dans le collimateur, mais ça ne rend pas le problème moins réel et chacun est libre de se demander s’il est concerné, ou pas.
Je tiens également à préciser un dernier détail: à mes yeux, la copie est un phénomène naturel dans la création: on construit à partir de ce dont on dispose (j’écris comme j’écris aussi parce que j’ai lu ce que j’ai lu, vu ce que j’ai vu). Fuyez à toutes jambes les artistes (ou les éditeurs !) qui prétendent avoir tout inventé: ce sont des tricheurs. Mais “copier”, ce n’est pas “copier-coller”… Et ce n’est pas plus mal de reconnaître ses influences et de les saluer…
Cette mise à jour clôt toute velléité polémique en ce qui me concerne.

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