Demain nous serons en vacances. Au soleil, dans un joli coin perdu. On emmène deux trois ordinateurs (1), du papier, une poignée de stylos et quelques bouquins. Selon toute vraisemblance, il n’y aura pas ou peu d’Internet.
Il y a si longtemps — depuis toujours, ai-je envie de dire mais c’est probablement ma mémoire qui s’est atrophiée — qu’un ordinateur me sert avant tout à être en ligne, que je redoute cet instant où je l’allumerai pour découvrir que l’icône du WiFi reste grisée, qu’aucun nouvel email ne sera arrivé, que Skype sera muet, que le flux ininterrompu de Tweets se sera tari. Et cela pendant trois semaines entières. Chaque jour, allumer l’ordinateur et réaliser qu’il ne peut servir qu’à une chose: écrire.
Aucun divertissement, aucune distraction, aucune excuse. L’écran, le clavier, Scrivener et moi.
Le plus étonnant, en fait, c’est qu’il y a à peine plus de 10 ans, c’est encore à ce que me servait un ordinateur, et rien d’autre.

(1): “On prend combien de portables, deux ? On devrait pas en prendre un troisième, au cas où? – Oui, tu as raison.” (couple de geeks, préparant ses valises, fragment d’une conversation, début du XXI siècle).

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