Mise au point manuelle sur le X100S : ce que j’aimerais

En me mettant à la photo de rue, j’ai pris le parti de ne pas compter sur l’autofocus : aussi rapide qu’il soit, il est toujours moins rapide que ma capacité à anticiper une scène. Faire une pré-mise au point, ou travailler à l’hyperfocale, permettant d’être toujours prêt.

Je photographie donc à la main, à l’ancienne diront certains… sauf que ça ne me semble absolument pas ancien, mais seulement particulièrement adapté à ce que je cherche : limiter le risque de ne pas être prêt à déclencher sur des scènes que le hasard de mes balades met sur mon chemin et qui ne durent souvent qu’une fraction de seconde.

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Je n’ai pas eu le temps de mieux me placer, ou de lui demander de se tourner, mais je n’aurais même pas eu la photo si j’avais dû essayer de faire la mise au point. Et puis j’aime bien l’image… assez pour “voler” d’autres images de cette jeune femme et de son amie pendant qu’elles s’amusaient pour, ensuite, les aborder et leur proposer d’en faire une dernière et de les leur envoyer par email. (f8, 1/500)

C’est une des qualités du X100S de nous laisser choisir comment on photographie, en utilisant tout ou partie des automatismes ou tout à la main, et de nous donner un accès direct sur le boitier lui-même — pas dans un menu — aux contrôles essentiels à la prise de vue : vitesse, ouverture et mise au point.

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f8, 1/500

Après quelques jours à travailler uniquement à la main, il me semble pourtant que Fuji pourrait facilement — d’accord, c’est facile de mon point de vue d’utilisateur, mais je ne suis pas ingénieur — améliorer certaines choses concernant la mise au point manuelle.

Des changements qui, à mon humble avis, apporteraient beaucoup à l’amateur de contrôle manuel, et au photographe de rue, sans rien changer dans les habitudes de l’amateur d’autofocus. Des changements qui pourraient se faire de manière purement logicielle, c’est-à-dire sans devoir rien changer sur le boitier :

  • Des distances de mise au point prédéfinies.
    Pour la mise au point manuelle Fuji utilise un système qui n’est plus mécanique (la bague faisant tourner des éléments dans l’optique), mais électronique. En gros : un capteur perçoit les mouvements de la bague et transmet des instructions à l’autofocus qui s’adapte et fait le point à la distance que vous indiquez. Bref, avec un tel système, il devrait être aisé de programmer des distances de mise au point prédéfinies dans l’appareil et, soyons fous, de permettre à l’utilisateur de les choisir lui-même. Ce système électronique deviendrait alors bel et bien un avantage comparé au système mécanique classique.
    On pourrait ainsi mémoriser trois ou quatre distances, qui seraient ensuite activées d’une simple pression (ou de plusieurs, pour passer de l’une à l’autre) sur un bouton, l’appareil faisant instantanément la mise au point sur la distance souhaitée: 1m, 2m50, 3m, 5m, par exemple. Ça irait bien plus vite que de tripoter la bague actuelle qui est lente et pas forcément très maniable ou précise, surtout quand on a pas le temps de faire ça tranquillement.
  • Hyperfocale prédéfinie. C’est encore plus évident en ce qui concerne l’hyperfocale, qui pourrait être accessible via le même bouton que les distances prédéfinies. Les ingénieurs de Fuji connaissant tous les paramètres de l’optique et du capteur du X100S, ils pourraient offrir un accès instantané à l’hyperfocale pour chaque ouverture plutôt que, là encore, de devoir chipoter avec la bague de mise au point.
  • Ce ne serait pas mal aussi de pouvoir désactiver la bague de mise au point, par exemple quand on utilise une distance de mise au point programmée, ou l’hyperfocale : la bague pourrait toujours tourner, mais sans risque de changer accidentellement la distance de mise au point — toute impression qu’il s’agirait d’une expérience vécue serait justifiée… au point que depuis deux jours je colle un bout de gaffer sur la bague, pour être sûr qu’elle ne bouge pas au moindre frôlement, ce qui est loin d’être pratique.
  • Désactiver l’accélération de la bague de mise au point, au moins en option. Je ne connais pas le nom de cette fonction, mais c’est ce qui fait que plus on tourne la bague de mise au point rapidement plus la distance de mise au point se modifie rapidement. Je ne m’y habitue pas.
    *Si* je dois utiliser la bague de mise au point, je préfère qu’elle soit lente et devoir la faire tourner plusieurs fois, mais de façon prévisible, plutôt que rapide, mais avec des amplitudes variables. Si je dois l’utiliser ? Oui, parce que si je suis vraiment obligé de faire la mise au point précisément moi-même en mode manuel, je ne vais pas me priver d’activer provisoirement l’AF, en appuyant sur AF/AEL.

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f8, 1/500

Le Fuji X100s — je dis “S”, parce que c’est celui que je possède, mais j’imagine que ça vaut autant pour le X tout court ou le X100T — est un excellent appareilappareil génial que je commence seulement à correctement utiliser pour la photo de rue, mais chaque sortie est un plaisir plus intense que la précédente, et s’il fait trop humide dehors, c’est au Louvre ou dans un autre musée que je vais faire de la photo de “rue”, hors de question de ne pas pratiquer. Hors de question de laisser ce boitier ne rien faire.

C’est un appareil qu’on a envie d’emporter partout avec soi, il est discret, il tient dans la poche d’un manteau… hum… et les batteries de réserve remplissent une autre poche du manteau… hum…, il est équipé d’une excellente optique derrière laquelle on trouve un incroyable capteur, le tout emballé dans un design qui ne l’est pas moins, avec une ergonomie qui est plutôt très très bien pensée dans l’ensemble. Mais, à l’usage, on se dit que la mise au point manuelle pourrait être beaucoup plus agréable, avec ces quelques changements.

Bref, Fuji il paraît que tu écoutes tes clients ? Fuji, je suis un de tes clients. Merci d’avance — merci même sans ça, en fait 😉