S’isoler pour travailler

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It got me thinking. The internet is still relatively new, and we all certainly remember when getting online was at least arduous, if no longer quite impossible. Dial-up bandwidth, a single phone line, and machines that sometimes struggled with being dragged into the internet age. I owned many such machines, and decided to reacquire a few, just to see how they felt. I wanted the focus, knowing full well that it was because of what those devices were incapable of (or at least what was difficult for them).
Matt Gemmel: Working in the Shed

Matt, nous explique ensuite la principale qualité (ou tare, selon votre point de vue) des anciennes machines sur lesquelles il a pu remettre la main — Amstrad Notepad Computer NC100, PowerBook 150, eMate : la difficulté, voire l’impossibilité, de les connecter à Internet.

Il nous parle ensuite de solutions logicielles capables de nous sevrer de force d’Internet en coupant l’accès à certains sites ou services en ligne — sur ce sujet, j’ai déjà parlé de Freedom.

Si je suis complètement d’accord avec lui sur le fait que le souci n’est pas tant Internet que notre incapacité à y résister, pour nous concentrer sur une tâche. Je n’ai pas fait le même choix d’outils que lui, quand je désire m’isoler — et je n’ai pas écumé Ebay en quête de la perle rare :

Write
C’est le texte du premier jet d’une nouvelle, écrit en moins d’une heure. Je n’écris pas sur la page de gauche des carnets, réservée aux notes et éventuellement aux révisions imprévues — que j’essaye normalement de faire sur l’ordinateur, pas sur le carnet, mais quand “ça” veut être révisé, “ça” n’attend pas.

Ni WiFi, ni Bluetooth, ni Ethernet : impossible de connecter ce carnet à Internet.

Pour un prix raisonnable, il est léger, pas encombrant, extrêmement solide (je peux sauter dessus à pieds joints), avec une autonomie qui se mesure en mois (250 pages, plus index). Il est parfaitement lisible sous tous les types d’éclairages, avec un affichage de 36 lignes de texte — 72, si vous écrivez sur les deux pages. Et il est probablement disponible dans la couleur de votre choix 😉

Je ne m’oblige évidemment pas à toujours écrire dans un carnet, ça n’aurait aucun sens. J’écris souvent directement sur l’ordinateur ou encore sur l’iPad, connecté et joignable. Mais il se fait que je ne me sens jamais trop fatigué pour écrire dans un carnet, ne fut-ce qu’une ligne ou deux ou encore l’esquisse d’une idée, pas comme avec l’ordinateur. Il se fait aussi que j’aime la solitude ponctuelle et la lenteur que m’impose cette technologie tellement simple que beaucoup ne peuvent même plus la considérer comme une technologie : le papier et le stylo.

Pour les plus curieux, sur la photo c’est un carnet A5 Leuchtturm 1917 — par la qualité du papier et le souci du détail, perceptible d’un bout à l’autre du carnet, Leuchtturm a définitivement remplacé Moleskine (et les autres) pour moi — avec un stylo bille Parker tout bête mais équipé d’une cartouche d’encre pressurisée Fisher SpacePen : il faut utiliser l’encre pressurisée Fisher pour apprécier la différence.

Pour les plus longues séances d’écriture, je préfère le stylo-plume au stylo-bille (ils sont regroupés dans la tasse, sur la photo) et, parfois, écrire dans un plus grand carnet — toujours un Leuchtturm, au format A4 (partiellement visible, sur la gauche).

Et le Kindle (en mode avion, sans Internet donc), c’est pour quoi faire ? Pour ne pas trimbaler des kilos d’anciens carnets. En plus des romans et ouvrages de référence, il contient mes propres textes, que je recopie sur l’ordinateur le plus régulièrement possible, et qu’il est très facile de convertir automatiquement en Mobi ou en ePub.

Bien entendu, ça fonctionnerait aussi bien avec un carnet d’une autre marque et avec un bête crayon, et avec autre chose qu’un Kindle. Mais rien n’interdit de se faire plaisir.

Ça pourrait aussi marcher avec un iPad sauf que, même si je résiste à la pulsion de le reconnecter à Internet pour consulter le mail ou Twitter, il resterait… les jeux 😉

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8 comments » Write a comment

  1. Amusant car j’essaie en ce moment de me détacher de ma dépendance aux outils électroniques pour écrire. Mais comme c’est un peu difficile, j’ai opté pour un carnet Moleskine Evernote qui me permet de scanner et ranger automatiquement mes textes dans Evernote. Ces textes étant indexés, cela me permet de faire une recherche dans le contenu… quand Evernote arrive à déchiffrer mon écriture manuscrite. La prochaine étape sera donc le passage à un vrai carnet, ceux que tu utilises ont l’air vraiment très bien faits. Et pour le stylo, je vais aussi me pencher sur tes conseils, car pour le moment je n’ai rien trouvé qui me donne totalement satisfaction en terme de confort de glisse.

    • j’ai opté pour un carnet Moleskine Evernote qui me permet de scanner et ranger automatiquement mes textes dans Evernote.

      Je connais ce carnet et j’aime bien l’idée. Hélas ni Evernote ni aucun OCR ne peut lire mon écriture 😉

      Ma méthode est plus… artisanale : photo de chaque page du carnet, pour archive. En plus de recopier, à la main, les passages qui me semble en valoir la peine.

      Pour les stylos (plume ou bille ?), prend le temps de lire certains des articles indiqués en bas. Choisir une plume demande de tester avant de payer, et aussi d’accepter qu’elle ne donne le meilleur d’elle-même qu’après un certain temps : une fois usée à ta main.

    • La prochaine étape sera donc le passage à un vrai carnet, ceux que tu utilises ont l’air vraiment très bien faits.

      Ils le sont. Mais les Moleskine ne sont pas de moins “vrais” carnets pour autant, même optimisés pour Evernote. Cela dit, l’ajout d’un index, d’un champ pour la date et d’un numéro de page. Plus la qualité du papier et la solidité de l’objet fait la différence, à mon avis, en faveur des Leuchtturm 😉

  2. Je suis toujours apaisé en lisant ce genre d’articles partageant un moment de simplicité et d’évidence parfois oubliée. Donc merci, tout simplement. 🙂

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