Notes de travail de Zola — de l’utilité d’apprendre encore à écrire à la main et de savoir comment manger des spaghettis ?

Pour faire suite au ras de marée de réactions enthousiastes suscitées par ce billet sur olsf — Zola et l’écriture — je signale que la BNF possède les notes de travail de Zola, rassemblées en carnets, et que ces carnets sont téléchargeables sur le site de @Gallica.

Zolacarnets

Ici, Émile Zola. Œuvres. Manuscrits et dossiers préparatoires. Les Rougon-Macquart. Notes préparatoires à la série des Rougon-Macquart qui, de ce que je peux en dire là où j’en suis arrivé, est carrément intéressant. Pour le plaisir, le début de la page :

Comprendre chaque roman ainsi : poser d’abord un cas humain (physiologique) ; mettre en présence deux, trois puissances (tempéraments) ; établir une lutte entre ces puissances ; puis mener les personnages jusqu’au dénouement par la logique de leur être particulier, une puissance absorbant l’autre ou les autres.
Avoir surtout la logique de la déduction. Il est indifférent que le fait générateur soit reconnu comme absolument vrai ; ce fait sera surtout une hypothèse scienti­fique, empruntée aux traités médicaux. Mais lorsque ce fait sera posé, lorsque je l’aurai accepté comme un axiome, en déduire mathématiquement tout le volume, et être d’une absolue vérité.
En outre, avoir la passion. Garder dans mes livres un souffle un et fort qui, s’élevant de la première page, emporte le lecteur jusqu’à la dernière. Conserver mes nervosités.

Sur un tout autre registre, une constatation (alarmante ?) : même si l’écriture manuscrite de Zola est très lisible — rien à dire, surtout pas moi, le champion incontesté des pattes de mouches — le lire me fatigue très vite. Beaucoup plus vite qu’il ya quelques années. C’est un réel effort de suivre le tracé de la plume.

C’est peut-être à rapprocher de ces débats autour de l’utilité d’apprendre encore, ou non, à écrire à la main — et donc à savoir la lire ?

Ça me rappelle une nouvelle de Asimov, je crois, dans laquelle deux enfants du futur, très bien éduqués par un système d’enseignement audio mais n’ayant jamais vu le moindre écrit, dénichent un très vieux (forcément) livre imprimé et se demandent à quoi correspondent les petits “spaghettis noirs” sur les feuilles…

1 comment » Write a comment

  1. J’ai toujours eu beaucoup de mal à lire l’écriture manuscrite. Y compris celles de mes aïeux qui est pourtant belle et claire. L’écriture manuscrite, c’est un peu la modénature du texte. Elle était baroque et volutée, elle est aujourd’hui réduite à son plus simple appareil, pour révéler sa raison d’être avant de paraitre. J’écris mal et lentement. J’écris bien plus vite au clavier et je ne suis pas contre l’abandon progressif du crayon. Toutefois, le crayon me semble toujours plus accessible à tous, et rien que pour ça on ne doit pas l’abandonner.