Stéphane – Quand j’étais jeune journaliste, j’avais interviewé Nathalie Sarraute. Elle parlait du racisme : « franchement, si vous imaginez dans 150 ans, tous les gens qui sont là seront des squelettes, et moi je ne saurai pas distinguer dans un squelette qui était un noir, qui était un blanc. » Hé bien, dans la négritude, il y a quelque chose de cet ordre-là. Cette vérité, c’est le moment où l’on voit se gommer beaucoup de choses qui s’expliquent, et on arrive à une espèce d’os blanc qui est… l’appartenance à l’humanité. Et on le voit chez un animateur télé répugnant, chez une pute martyrisée… Cette blancheur de l’humanité, si vous faites bien votre boulot, c’est ce à quoi le cutter arrive, et c’est ce qui fait l’empathie. C’est pour ça que je pense que c’est un boulot d’humanité. C’est pas que je suis compassionnel. Quand quelqu’un est dans la merde, j’attends que ça se passe, je ne suis pas du tout un bon samaritain. Mais, ce que je sais, c’est qu’on fait le voyage vers l’os. On fait le voyage vers l’humanité.
Dans l’arrière-boutique des nègres littéraires, via @CultOrd.

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