Ma nièce, qui vient d’avoir douze ans, est amoureuse d’un garçon de sa classe à qui elle n’ose pas parler — je connais son nom, mais je ne vous dirai rien, c’est un secret — mais elle a décidé de prendre la taureau par les cornes, si je puis dire, et de lui en parler, lundi prochain. Impressionné, je suis.
Évidemment, ça m’a remis en mémoire mes propres émois, mes hésitations et mes… râteaux d’ado timide, au début des années 80, passionné de SF et d’informatique à une époque où être geek était une tare pire que d’être gros (je sais de quoi je parle : j’étais aussi gros que j’étais geek). Plus intéressé de jouer avec des octets — ouf ! j’ai pas écrit “bits”, ça aurait fait jaser — que de courir derrière les jupes des filles, mon pouvoir de séduction était à peu près aussi vaste qu’un mouchoir de poche qui aurait rétréci, toujours un peu plus, à chaque lavage.
Ce n’est pas le cas de ma nièce — pas de rétrécir au lavage, de manquer de charme — mais cela n’a jamais empêché personne de se pendre une gamelle. On aimerait lui épargner ça, parce que ça fait mal, tout spécialement quand l’essentiel de votre vie sociale se déroule dans ce lieu clos qu’est l’école, obligé de côtoyer celui ou celle qui cause votre chagrin.
On aimerait lui épargner ça, ou avoir le pouvoir de faire en sorte que ça se passe bien, et que ça dure bien — Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants — ou pas… Parce que ce serait vraiment un sale coup, en fait, de la forcer à vivre dans un conte de fées.
Cela dit, si ce garçon n’est pas totalement idiot, lui aussi devrait déjà être secrètement amoureux d’elle 😉
Lost inside
Adorable illusion and I cannot hide
I’m the one you’re using, please don’t push me aside
We coulda made it cruising, yeah
Yeah, riding high on love’s true bluish light
Once I had a love and it was a gas
Soon turned out to be a pain in the ass
Seemed like the real thing only to find
Mucho mistrust, love’s gone behind
(Blondie, Heart of Glass)

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