Ce que ce débat montre, c’est que pour passer au format numérique, l’oeuvre, par essence doit s’augmenter, doit s’ouvrir à d’autres interventions pour être augmentée d’autres fonctionnalités auxquelles l’auteur n’a pas nécessairement pensé. Le numérique bouleverse le travail solitaire de l’auteur parce qu’il faut désormais démultiplier les coopérations pour faire oeuvre.
(…)
(…)ces exemples nous montrent que les auteurs, pour autant qu’ils souhaitent conquérir le numérique, doivent transformer leur relation à leur oeuvre elle-même, à la linéarité de leur oeuvre et plus encore à leur isolement. L’oeuvre collective est assurément l’avenir du livre numérique. C’est en cela que nombre d’experts répètent que la figure de l’auteur est en voit de disparition. Pour jouer des nouvelles contraintes qui leur font face,** les auteurs vont devoir** profondément réinventer leurs métiers, leurs savoir-faire. Et ils ne le feront pas seuls.
(Hubert Guillaud : Le numérique au défi des auteurs)
Très intéressantes réflexions. Mais j’avoue que ce ton impératif me fatigue.
L’oeuvre “numérique” ira où elle ira, mais sûrement pas en lui ordonnant d’y aller comme à un bon petit soldat. Ni en traitant “l’auteur” (lequel ?) comme un cancre que l’instituteur s’estime en droit de gronder parce qu’il devrait s’intéresser à la leçon (de technologie) plutôt que de rêvasser en regardant on ne sait trop quoi par la fenêtre, assoupi bien au chaud près du radiateur au fond de la classe.

À choisir, j’aurais préféré un “pourrait”.

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