Aucun.

Quel sens a un livre si on ne l’ouvre plus ?

Karl

Il y a quelques de temps de ça, j’ai réduit ma bibliothèque de moitié. Le deal était le suivant : si au bout de six mois, je n’avais pas eu besoin de rouvrir les caisses pour y récupérer un livre, c’est que je n’en avais plus besoin (ou qu’une édition numérique du texte me suffisait), je pouvais m’en séparer.

J’ai gardé les caisses plus de six mois (je les ai encore, jusque septembre) et le tri lui-même ne s’est pas fait sans difficulté car, en enfermant certains dans les cartons, j’avais l’impression de m’arracher une partie de moi-même. Mais je l’ai fait. Et j’ai survécu. Plutôt très bien même, et sans trop de cicatrices — un peu comme on survi à la fin de chaque amour de vacances, cette insupportable tragédie qui vous fait mourir un peu, à qui la distance et le temps donnent pourtant rapidement un charme et des couleurs plus vives qu’elles ne l’étaient sans doute en réalité. Bref, de tous mes livres deux seulement m’ont assez manqué pour que j’aille les rechercher. Ce fut l’occasion de comprendre à quel point lister le contenu de chaque caisse, au fur et à mesure du remplissage, aurait été utile quand, plus tard, j’essayai de retrouver ces deux livres dans la dizaine de caisses.

Bref. En septembre je me sépare des livres pour de bon (même si le sentiment de faire un acte honteux ne pas complètement abandonné), et comme je dois bien me résigner à admettre que j’ai toujours trop de livres — ou pas assez de place — je me suis promis de me poser à nouveau sincèrement la question sur la moitié restante de la bibliothèque, un livre à la fois suspendu au-dessus d’une caisse (a)vide : vais-je à nouveau l’ouvrir?

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