Quelques mots à propos de “Writing a novel with Scrivener”

J’en parlai en passant hier, mais je pense que ça vaut la peine de revenir plus en détail sur le manuel que David Hewson a consacré à Scrivener : Writing a novel with Scrivener.

Ce qui le rend différent des autres manuels informatiques c’est d’abord son auteur : David Hewson n’est pas un auteur de manuels informatiques, c’est un romancier — avec un paquet de bouquins à son actif et un paquet de lecteurs, dont moi. C’est aussi un utilisateur enthousiaste de Scrivener, depuis plusieurs années : il a publié de nombreux tutoriels et astuces sur son blog.

C’est une des choses qui me faisait un peu peur : me retrouver avec une copie de ce que l’on peut déjà lire en ligne. Ce n’est pas le cas. Tout au contraire, le livre est construit de façon méthodique et progressive (là où le blog ressemble plus à une accumulation d’astuces et de conseils) : on part de l’idée d’une histoire pour en arriver au manuscrit prêt à être envoyé à l’éditeur, ou prêt à publier directement sous forme numérique sur Amazon. Rien que ça. Et sans faire l’impasse sur ce qui peut poser problème dans Scrivener (la quasi-infinité de ses options, par exemple).

Il y a encore une différence, à laquelle j’ai été tout spécialement sensible (celles et ceux qui connaissent mon travail comprendront pourquoi) : il revendique dès le départ le côté subjectif et partiel de son ouvrage : vous ne connaîtrez pas tout de Scrivener après l’avoir lu mais, de vous à moi on s’en fiche royalement car, en échange d’une connaissance exhaustive qui n’aurait pas grande utilité, on a l’occasion de découvrir comment un romancier travaille au quotidien avec Scrivener. Comment cet outil l’aide à écrire ses romans.

Évidemment, pour réussir ça, pour écrire autre chose qu’une liste de commandes et de menus à cliquer, il vaut mieux avoir quelque chose à dire. C’est le cas ici.

Rédaction, sauvegardes, organisation, personnalisation (travailler confortablement dans Scrivener, c’est pas plus mal), révisions, commentaires, partage et collaboration (avec d’autres utilisateurs de Scrivener, ou pas), exportation, sauvegardes (je l’ai déjà dit ?), création d’un ebook, etc. Que ce soit sur Mac (ou Windows, même si seule la version Mac est présentée) ou iPhone/iPad, David explique comment Scrivener l’y aide.

Parce que c’est du vécu, c’est vachement intéressant.

À côté des explications techniques, on trouvera aussi quelques réflexions plus générales liées à l’écriture elle-même dont la moindre des qualités n’est pas de nous épargner la vision de l’auteur possédé par son génie créatif ou, au contraire, s’acharnant vainement à séduire la muse boudeuse par une série de rituels complexes. Écrire, c’est bosser… et c’est savoir choisir les bons outils, pour ne plus avoir à y penser :

Writing happens best when software, computer and technology become invisible.

En français, ça pourrait donner : “On écrit mieux quand l’ordinateur et la technologie se font oublier”.

David Hewson démontre, et explique pas à pas, comment Scrivener répond à cette attente.

Des reproches ? Un, mais c’est plus un compliment qu’autre chose : on regrette qu’il ne prenne pas le temps de parler aussi des autres logiciels qu’il utilise (même s’il l’a déjà fait sur son blog, comme pour MacJournal).

Le prix du livre pourrait vous faire hésiter (9.19$), mais vous auriez tort. Mise à jour: comme David le signale dans les commentaires, si vous achetez l’ebook sur amazon.de le prix est plus bas, ne me demandez pas pourquoi.

Si vous désirez découvrir Scrivener, ou si vous aviez déjà essayé mais que le foisonnement d’options vous avait étourdi, vous ne regretterez pas cette lecture, ni cette visite hors des sentiers battus en compagnie d’un guide qui connaît son sujet.

Writing a novel with Scrivener, disponible uniquement (pour le moment ?) au format Kindle. Si vous n’avez pas de Kindle, l’appli Kindle est dispo gratuitement pour Mac, Windows et iPad/iPhone.