Bande de cons

Cons. Abrutis, idiots, crétins, minables imbéciles — reste à savoir si j’adresse ces charmants noms d’oiseaux aux spectateurs (américains, mais seraient-ils moins bêtes ici ?) qui ont exigé d’une émission qu’elle soit moins “intello” ; ou aux présentateurs et aux responsables de l’émission, qui ont baissé leur pantalon pour satisfaire la foule imbécile en allant jusqu’à offrir un remboursement des tickets d’entrée.

it’s enough to make one throw up one’s hands in despair, or just throw up, period.

92nd Street Y goes “American Idol” on Steve Martin

Je suis bien d’accord, il y a de quoi gerber.

Le rôle des médias (et des journalistes, et même des pantins en costume ou en tailleur qui usurpent ce nom quand ils ne sont en réalité guère que des présentateurs), c’est aussi de tenir tête au public, d’être au moins capable de dire : non, nous ne sommes pas des girouettes dont le seul désir est de satisfaire vos caprices d’audience pourrie gâtée — et débilitée par la consommation abusive des programmes au rabais, stupides, abrutissants dont on vous gave pour satisfaire nos annonceurs.

Eduquer, ce devrait être le travail des médias : permettre de se faire une opinion sur un sujet. Comme ce devrait être celui des enseignants (apprendre aux enfants à réfléchir, à comprendre et analyser et, éventuellement, de retenir une poignée de dates et de noms).

Éduquer, ce n’est pas divertir et amuser, même si les deux n’ont rien d’incompatible. Éduquer — ex-ducere, “conduire hors de” , c’est une erreur de ne plus enseigner le latin — c’est amener d’un état (d’ignorance) à un autre état (de savoir). Ce n’est pas mettre un nez rouge pour faire rire, entre deux pubs.

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