Au lieu de voir dans Assange un Robin des bois des temps numériques contre les méchants gouvernements, ou un affreux terroriste qui s’attaque aux Etats(-Unis d’Amérique, surtout), on lira ce qu’il a écrit : State and Terrorist Conspiracies (PDF, via zunguzungu ).
Un texte dans lequel il présente sa vision d’un problème et comment il a choisi de le combattre . Oui, c’est encore une théorie du complot, mais sans un super méchant à vaincre. On prendra aussi le temps de réfléchir, à l’objectif qui est réellement visé par ce travail de sape :
We must think beyond those who have gone before us and discover technological changes that embolden us with ways to act in which our forebears could not. We must understand the key generative structure of bad governance
We must develop a way of thinking about this structure that is strong enough to carry us through the mire of competing political moralities and into a position of clarity.
Most importantly, we must use these insights to inspire within us and others a course of ennobling and effective action to replace the structures that lead to bad governance with something better.
Clarity. Clareté. La transparence. L’impossibilité de garder secret un secret.
Avec ses “fuites”, Assange fait chier du monde, et ce monde vient de réagir en lui trouvant un rôle de violeur potentiel. Comme le dit Charles Stross, je ne pense pas que ceux-là iront jusqu’au meurtre pour le faire taire, ce qui serait carrément stupide. Mais détruire la réputation d’un adversaire est une arme éprouvée depuis longtemps. Et c’est si facile.

Bien entendu, parce que nous ne sommes plus au jardin d’enfants, et qu’on a cessé de croire que le monde se divisait en gentils gentils et en méchants méchants, on est aussi en droit de se demander : jusqu’où ?
Si la transparence s’impose aux Etats et aux puissants qui se tenaient dans leur ombre, qu’en sera-t-il pour nous ? Si l’impossibilité du secret est l’outil qui doit empêcher la “mauvaise gouvernance”, comme il dit, jusqu’où cette transparence doit-elle s’imposer ? Où commence la mauvaise gouvernance ?

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