Un ultra portable à moins de 2 euros, pour les journalistes et pour les auteurs

Carnetclairefontaine
Carnet Clairefontaine.

Bien sûr, ce billet ne doit pas être pris au premier degré, du moins pas complètement, mais ce carnet est mon véritable ultra portable: l’outil qui ne me quitte jamais et dans lequel je note tout, sans trier : dès qu’on a plus d’une poignée de projets à suivre, c’est épuisant de garder un carnet différent pour chacun.

Mine de rien, ce modeste assemblage de papier quadrillé (je le préfère au ligné, car ça me permet d’écrire aussi en tenant le carnet horizontalement) rivalise avec les outils les plus performants du marché. Jugez-en :

Spécifications techniques

  • Système d’exploitation : aucun.
  • RAM et processeur : les 100 milliards de neurones de l’utilisateur (sensiblement moins dans mon cas, mais ça reste utilisable).
  • Démarrage : instantané (un clic sur le stylo et j’écris).
  • Multitâche : texte, dessins, coordonnées, recettes de cuisine, citations, références bibliographiques, todo, listes de courses, équations mathématiques, plan de conquête du monde, etc. Il supporte tous les types de notes.
  • Encombrement : 7,5x12cm, on peut le poser sur n’importe quelle table de bistrot ou tablette d’avion.
    Avec le stylo, il tient dans une poche de chemise.
  • Poids : une poignée de grammes.
  • Autonomie : 48 pages (il existe des modèles plus épais, qui restent très portatifs, mais j’aime les ultra portables). De quelques jours à une semaine d’écriture pour un usage sérieux, deux ou trois semaines (ou plus) en usage “notes”.
  • Résolution : 100% adaptée à l’oeil humain. Ne fatigue pas les yeux (pas de rétro éclairage).
  • Taille écran : il en existe une riche variété, du plus petit au plus grand. Tout le monde trouvera la taille de bloc-notes qui lui convient.
  • Fiabilité : il résiste au passage d’un bus ou à une chute depuis le sommet de l’Empire State building. Bonne résistance à la pluie (le papier est de qualité, contrairement à une marque bien connue à la couverture noire avec un élastique ).
  • Compatibilité : 100% compatible avec tout stylo, il l’est également avec 100% des ordinateurs : il s’ouvrira aussi bien à côté d’un Mac que d’un PC, même un vieux.
  • Prix : moins de 2€ (dégressif, si achat en lot).
    Je ne compte pas le prix du stylo (un Parker de base, avec une recharge pressurisée Fisher), dont la durée de vie se mesure en années.
  • Risque de vol : nul. Personne ne va s’emmerder à voler un carnet. Sauf s’il contient le numéro perso de Jodie Foster.
  • Risque de perte : si vous le gardez au même endroit, il est égal à celui de perdre vos clés ou votre carte de crédit.

Et même pour les plus geeks d’entre-nous, il offre des outils de pointe :

  • Enregistrement : automatique. Si c’est écrit, c’est enregistré. Comme l’a dit récemment Steve : pas besoin d’y penser.
  • Pas de système de fichier : tout est stocké de façon chronologique et est en permanence accessible.
  • Fiabilité : virtuellement impossible à faire planter. Aucun virus connu. C’est le format TXT du monde analogique 😉
  • versioning automatique : chaque entrée, même une fois supprimée d’un trait de plume, reste accessible et exploitable ad vitam aeternam (ou au moins le temps que résistera le papier: plusieurs siècles).
  • Pas de DRM : on peut le prêter à qui on veut pour qu’il puisse lire nos notes, ou ajouter les siennes. On peut aussi le copier sans aucune restriction.
  • Réseaux sociaux : non seulement on peut le partager avec des amis (et partager le leur), mais on peut aussi arracher une page par exemple pour filer son téléphone et se créer de nouveaux amis, comme sur Facebook.
  • Jeux intégrés : avec ses petits carrés, il est idéal pour jouer au pendu ou au morpion. On peut même faire des avions en papier (voir “Réseaux sociaux”) 😉
  • Edit: annulations illimitées (même après avoir refermé et rouvert le carnet) : suffit de barrer.

Synchronisation des données ?

Elle est manuelle : je relis chaque entrée et la retranscris dans Notational Velocity (ou, si ça concerne un travail déjà démarré, dans un projet Scrivener), puis je la barre dans le carnet. Ça peut sembler contre-productif (et même hérétique) dans notre société vouée à l’efficacité et à l’immédiateté, mais c’est tout le contraire.

En retranscrivant les notes, j’y pense à nouveau et c’est bien plus efficace pour me les remémorer sur le long terme. À quoi me serviront les 40.000 notes accumulées d’un simple copier-coller dans [le nom de l’application de votre choix] si je ne me souviens d’aucune d’elles ? Si je ne sais pas quoi chercher ?

Retranscrire me donne également l’occasion de réfléchir à ce que je vais en faire, de voir comment faire tenir telle note dans tel ou tel projet. Ou même voir si telle ou telle idée peut déboucher sur un nouveau projet. Là encore, relire est plus efficace que le copier-coller pour générer des idées 😉

Sauvegarde des données ?

Après retranscription, le carnet se transforme automatiquement en sauvegarde papier des notes. En effet, même barrée une note reste lisible. Et on peut facilement stocker un grand nombre de carnets : ça ne prend pas de place. Quand on sait à quel point la conservation des données numériques est hasardeuse, on apprécie d’avoir une copie papier.

Blague à part, le carnet n’est que la première étape dans mon travail d’écriture (qui se fait ensuite sur l’ordinateur), mais c’est une étape essentielle et j’attends toujours un outil électronique qui rivalise en simplicité et efficacité, si pas en coût.

Vous me direz : y a pas de Web, pas d’email, pas de Twitter, même pas d’iTunes sur ton bloc-notes ! Ouep, mais puisque vous me demandez mon avis, je vous dirai que c’est une autre de ses qualités 😉