Il y a une vie hors des bits

Ce soir, je dois terminer deux critiques que j’ai promises pour demain dernier délai si-j’mens-j’vais-en-enfer-et-cochon-qui-s’en-dédit. Deux critiques de bouquins sur lesquelles je sèche depuis trois semaines. Trop de choses à dire, pas assez de recul et tous ces mots insaisissables qui s’entassent trop sagement sur l’écran, et pas un qui bouge pour m’encourager.

Comme toujours, quand je me sens débordé par toute cette perfection électronique, je sors mon arme de déstructuration massive : le stylo et le papier. Je dévisse le capuchon du stylo, je vise la première ligne du bout de la plume et le bombardement — pas chirurgical du tout — commence.

Papierstylo

Quinze minutes — montre en main — à gratter le papier du bout de la plume et j’ai écrit le brouillon de la première critique.

Je vous laisse, avant que l’encre ne sèche, j’espère écrire le brouillon de la seconde critique. Je les reprendrai cette nuit, pour les mettre au propre et demain, sans rougir, je pourrais dire à mon gentil rédac’chef que tout s’est déroulé comme prévu, que je n’ai rien fait à la dernière minute et que tout cela a été soigneusement planifié — espérons qu’il ne passe pas sur le blog 😉

Un jour, je finirai par admettre que, si je n’écris pas mieux à la main (et sûrement pas plus lisiblement ;)), au moins j’écris plus facilement — tellement ! — qu’en tapant comme une brute sur un pauvre clavier qui ne m’a rien fait, les yeux rivés sur un écran qui ne désire qu’une chose: m’aveugler.