Pourquoi je n’achèterai pas un iPad (enfin, presque)

Framasoft vient de traduire un article de Cory Doctorow : Pourquoi je n’achèterai pas un iPad (également dispo en version originale : Why I won’t buy an iPad) qui vaut la peine d’être lu même si, comme moi, vous allez/voulez acheter un iPad. Doctorow met le doigt là où il faut, même si on ne partage pas forcément sa vision des choses.

La partie consacrée à la presse écrite est particulièrement pertinente, à mon humble avis :

Si la presse parle autant de l’iPad, c’est selon moi parce qu’Apple assure le spectacle, et parce dans le monde merveilleux de la presse, chacun cherche une figure paternelle qui lui promettra le retour de son lectorat payant.

Foncez le lire. Puis revenez ici 😉

C’est aussi l’occasion de vous recommander la lecture de cet article publié par la rédaction du magazine iCreate : iCreate ne sera pas immédiatement sur iPad.

Ce n’est pas du tout le même questionnement (il s’agit de savoir quand iCreate sera “ipadisé”) mais, à ma connaissance, c’est un des seuls magazines qui a osé dire publiquement les difficultés et les doutes que l’arrivée de l’iPad représente pour la presse informatique (Mac) traditionnelle. J’aime ça, ça fait du bien.

Comme eux, je suis persuadé que l’iPad ne va rien sauver du tout. Et certainement pas la presse traditionnelle. Pourquoi faudrait-il la sauver, d’ailleurs ? Au nom de quoi ?

Le problème de la presse écrite ce n’est pas, ça n’a jamais été, d’être imprimée ou d’être numérisée ou d’être gravée sur des tablettes de marbre reliées en peau de canari… Son problème, c’est de servir à quelque chose.

Et ça, ça demande bien plus de travail que de créer une version numérique avec une jolie mise en page colorée et du contenu multimédia — enfin, si l’on espère faire autre chose qu’un journal de salle d’attente.

L’iPad n’est pas une baguette magique qui va redonner une envie irrésistible de lire aux lecteurs qui avaient déjà choisi de ne plus lire la presse. Ce serait trop facile.

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  1. Pingback: Les tweets qui mentionnent Pourquoi je n’achèterai pas un iPad (enfin, presque) | davidbosman.fr -- Topsy.com

  2. Je trouve que la partie “Matériel Infantilisant” est intéressante aussi. C’est une tendance dans bien des secteurs: automobile, technologie au sens plus large (télévision, électroménagers…).

    Je reste pourtant dubitatif: cette “infantilisation” est tout de même bien pratique si on souhaite se servir de l’outil pour ce qu’il est, pour éventuellement créer autre chose. Après tout, je ne m’amuse pas systématiquement à démonter mes stylos ou visiter les usines de papier avant d’attraper un bloc note et d’y jeter quelques idées.

    Mais il est vrai que nous sommes de plus en plus cernés par des experts et qu’il est de plus en plus difficile d’avoir des connaissances suffisamment approfondies dans suffisamment de domaine pour maîtriser notre monde…

    Autre chose: comble du paradoxe, cet article a-t-il été écrit sur un iPad? ;o)

  3. Vous posez la question de l’utilité de la presse papier. A quoi peut-elle encore servir ? A-t-elle seulement une utilité et laquelle ? La question que vous posez est surprenante. “Comment ? Quoi ? La presse ne servirait à rien ? Que dites-vous là ?” Que vous la posiez, vous, ne me surprend pourtant pas. Pourquoi ? Je lisais avec grand intérêt – pour ne pas dire avec passion – une revue sur le mac dont vous étiez le directeur et pour laquelle vous aviez trouvé un ton, un esprit, des préoccupations personnels. C’est ce qui singularisait votre revue. Elle n’était semblable à aucune autre parce qu’elle ne répondait à aucun standard de la presse écrite (je n’en connaissais du moins aucun). L’utilité dont vous parlez n’existe peut-être donc pas face à l’ipad – merveilleux ipad – et à sa cohorte d’applications plus extraordinaires les unes que les autres. Nul doute que la presse en sera transformée. Mais peut-être la raison d’être d’une revue ne réside-t-elle pas dans son utilité. Le sens tout personnel que vous donniez à vos articles – le sens tout personnel que vous donnez ici à votre blog -, n’est-ce pas cela qui donne toute sa grandeur à une revue ?

  4. C’est bon de lire du propos qui s’ajoute sur mes dernières tergiversations qui me conduisaient ce samedi chez mon “dealer” de produits informatiques préféré. Et tout à coup je me suis dit : “mais j’ai déjà un vieil iMac de 4 ans, un petit Macbook de 3 ans et tu vas te prendre un troisième produit qui va te servir à quoi de plus ?” Et bien voilà, l’iPad ne passera pas par moi. Je partage mes photos et mes films en général à plusieurs sur la télé, j’écoute ma musique sur ma stéréo reliée à mon iMac. Et mes bouquins, j’aime bien les trimballer partout (même sur la plage) : je me vois mal avec l’iPad en plein air, de même qu’avec un portable, c’est un peu parvenu, non ? Restons un peu libre et détaché.

  5. @Sebastien : oui, rédigé sur l’iPad. mais posté depuis le Mac (hasard du moment: mes notes étant synchronisées sur toutes les machines). Sinon, tu as raison de noter cette infantilisation (mais pas seulement dans les objets, regarde aussi les moeurs, les lois, la folie sécuritaire, la débilisation intersidérale des programmes TV (et d’un certain Internet), etc.). Et c’est clair qu’il y a un conflit entre les avantages qu’on y trouve (peut-être) et ce que ça (nous) coûte. Un de ces quatre j’essayerai de publier quelques mots là dessus.

    @Domi: tu tiens quelque chose en ce qui concerne l’utilité réelle d’une revue, enfin c’est ce que je pense 😉 (et merci pour les compliments)

  6. @Pierre “Restons un peu libre et détaché”

    Oh oui, Je suis bien d’accord !

    Mais gardons-nous de (laisser) croire que les chaînes ou les prisons sont seulement matérielles ou technologiques. Et qu’il suffit de ne pas avoir un appareil pour être libre.

    Les pires chaînes sont peut-être ailleurs, et pas forcément matérielles 😉

  7. Et bien pour ma part je suis d’accord. Je ne lis plus la presse depuis longtemps car elle ne m’apporte rien.

    Les informations qui m’intéressent, je les trouve en ligne en général avant que la presse n’en parle. Les informations majeures sur d’autres sujet, elles me reviennent toutes seule lors de conversations au café. Celles que je rate, elles ne changent pas ma vie, et je ne l’ai jamais regretté en l’apprenant “trop tard”.

    J’ai “Le Monde” et 20mn sur mon iPhone, et je les ouvre 1 fois par mois. Et encore…

    Je ne vois pas pourquoi j’irai payer une information sous prétexte qu’elle est magnifique sur l’iPad, alors que je peux l’avoir aujourd’hui gratuitement (même si moins jolie) et que je ne le fais pas.

    Si la presse veut vivre, elle doit inventer une formule qui apporte réellement quelque chose, alors qu’aujourd’hui, elle ratisse large en espérant avoir plus d’audience, et du coup devient assez vide. Prenez votre quotidien favori (pour ceux qui en ont), calculez le pourcentage que vous lisez, puis le pourcentage d’articles intéressants, ou vous avez appris quelque chose (après lecture), et enfin le pourcentage d’articles qui vont vous pousser à une action (que ce soit acheter un roman, placer vos économie dans tel fond, ou changer vos enfants d’école…). On arrive à quoi ? Un truc style 50, 10, et 0,00001% ?