Ecrire, c’est faire des listes

Ecrire un bouquin, même un manuel informatique, est un gros travail. C’est même un travail épuisant, croyez pas. Il y a toujours trop à faire et on veut toujours faire au mieux, on vise la perfection (que l’on n’atteint jamais, en tous cas pas moi). Le bouquin semble ne jamais vouloir finir, on pourrait travailler dessus 24h/24 7j/7 (je l’ai fait) sans avoir l’impression d’avancer plus. C’est comme si la dernière page reculait toujours au delà de l’horizon, en nous narguant. On a le sentiment qu’on va se noyer dans tout ce travail qui refuse de finir, qui ne mène nulle part. (Et je ne vous dis pas le stress quand, à côté de ça, l’éditeur et le calendrier vous em…bêtent avec les délais à respecter.) 

Pour éviter ça, je ne connais que deux méthodes. 

Faire un sommaire (l’itinéraire que l’on va suivre) et, surtout, faire des listes. Pas des listes sophistiquées dans un gestionnaire de listes sur le Mac, un truc que l’on synchronisera soigneusement avec l’iPhone, non. Même pas des listes sur du papier spécial “liste”, avec des champs prévus pour la date et des cases à cocher pour marquer ce qui est fait. Non, on s’en fiche de toute ça. Juste de bêtes listes, dans un bête bloc-notes. Noter et puis relire :

7 points, ce sont les chapitres qui restent à faire (ou à revoir) après avoir relu les 3/4 du manuscrits. Cette liste n’a de sens que pour moi (et n’est probablement lisible que par moi 😉 ), mais elle me rassure comme personne en traçant une limite, une invisible barrière de sécurité, qui va m’empêcher de sortir de la route et de m’égarer dans des détails pas forcément importants. 

Elle me dit — et croyez bien que je vais lui obéir — ce que je dois encore faire, et comment le faire. D’ici ce soir, il y aura sans doute 2 ou 3 points en plus mais peu importe : ce n’est plus une ligne d’horizon fuyante, c’est une ligne d’arrivée fixe qui se dresse devant moi : le manuscrit sera terminé lorsque tous les points auront été barrés de cette liste. Fini.

Et puis, il faut reconnaître que noter relève parfois de la magie : un chapitre qui m’emmerdait depuis le premier jour, et que je repoussais sans cesse ne sachant pas comment l’aborder, c’est “réglé” de lui-même une fois que j’ai commencé à noter ce qui me posait problème. La solution est apparue — elle était là depuis le début, évidente. Souriante.

Grâce au sommaires et aux listes, je n’ai pas à m’inquiéter des problèmes de gestion et d’organisation de mon travail, c’est la liste qui s’en charge. Tout ce qu’il me reste à faire, c’est ce que j’aime faire : écrire.

D’ailleurs, le temps de terminer ce thé au jasmin, je retourne bosser 😉

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