Savoir écrire, ou savoir écrire ?

(Because) he could not properly form his letters(, for) Simon, homework was always stressful. He would stare at a blank page for an hour. Then he would write one word and then stop; write a few letters and then stop. Soon, he began to fear taking up a pencil at all (…) Then he began to worry about not having anything to say, not knowing how to say it, or he would come up with ideas that he would not write down because they would take too long and thus write nothing. Perennially being told his handwriting was bad transmuted in his mind into proof that he was a bad writer — a poor student incapable of expressing ideas.(…)

Ce qui donne, traduit vite fait :

Parce qu’il ne savait pas écrire à la main, pour Simon les devoirs étaient toujours stressants. Il fixait la page blanche pendant une heure. Puis écrivait un mot et s’arrêtait; écrivait quelques lettres puis s’arrêtait. Bientôt, il eut même peur de prendre le crayon (…) Ensuite il commença à s’inquiéter de n’avoir rien à dire, de ne pas savoir comment le dire, ou d’avoir des idées qu’il n’écrirait pas parce que ça prendrait trop de temps et donc n’écrirait rien. S’entendre dire que son écriture était mauvaise transformé, dans son esprit, en preuve qu’il était un mauvais écrivain (…)

Writing words by hand is a technology that’s just too slow for our times, and our minds. Un article intéreressant sur la place de l’écriture manuscrite dans notre société dominée par le clavier.

Pour ajouter de l’eau au moulin, je tiens à signaler que, pour la prise de notes, je suis moi-même repassé d’une écriture cursive à une écriture en lettres capitales tant il devenait difficile, souvent impossible, de me relire.

N’empêche, il est bon de rappeler que savoir tracer des lettres sur une feuille de papier ou les frapper sur un clavier, ce n’est pas savoir écrire. Confondre les deux n’est pas sans conséquences.

Je ne me souviens plus du nom de mon instituteur — d’un de mes instituteurs en réalité, appelons-le Mr. Mouche — qui a passé une année complète à me dire que j’écrivais vraiment trop mal, que mon écriture était illisible et que je ne réussirais jamais rien si je ne “savais pas écrire”. Est-ce lui cette petite voix qui ne cesse aujourd’hui encore de bourdonner à mon oreille, inusable enregistrement, toujours le même : “tu ne sais pas écrire, tu écris mal. Tu n’arriveras jamais à rien”.

Il avait pas forcément tord, Mr Mouche, si je regarde les évènements récents. Je n’arriverai jamais à rien. Il paraît même que je déçois les gens. Dingue. Il était devin, Mr Mouche ?

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