Avec un peu de retard, et à la demande générale de… euh… moi-même, je vous livre mon coup de coeur SF pour l’année 2009 : Paolo Bacigalupi.
J’en parlai à Xavier pas plus tard que ce tantôt et, vraiment, même si j’ai lu d’excellentes choses cette année, les textes de Bacigalupi sortent du lot. Tant par les thèmes abordés, bien en prise avec notre époque, que par leurs qualités littéraires propres. C’est cynique, intelligent — souvent c’est lié, je ne sais pas si vous avez remarqué — et il sait comment mener son lecteur par le bout du nez d’une page à l’autre.
“Pump six”, (une nouvelle publiée dans l’anthologie Year’s Best SF 14 et dans Pump Six and Other Stories
, liens Amazon) se passe dans un futur relativement distant et raconte la journée d’un employé en charge des gigantesques pompes souterraines qui filtrent les eaux usagées de la ville, les égouts quoi. Des pompes usées, qui ont passé depuis une éternité l’âge d’être remplacées et qui tombent doucement en ruine sous les yeux inquiets du narrateur. Elles s’effritent lentement, comme la société dans son ensemble et tout le monde autour de lui. Un monde où tout savoir, toute intelligence et la curiosité elle-même finissent de disparaître pour laisser l’humanité seule avec elle-même, impuissante, abrutie et terriblement conne.
Il faut lire la première scène, qui se passe dans la cuisine du couple, quand il découvre sa compagne à quatre pattes, le cul en l’air et la tête plongée dans le four, un briquet à la main et le gaz ouvert. C’est… croustillant. Voici les premières lignes :
The first thing I saw Thursday morning when I walked into the kitchen was Maggie’s ass sticking up in the air. Not a bad way to wake up, really. She’s got a good figure, keeps herself in shape, so a morning eyeful of her pretty bottom pressed against a black mesh nightie is generally a positive way to start the day.
Except that she had her head in the hoven. And the whole kitchen smelled like gas. And she had a lighter with a blue flame six inches high that she was waving around inside the oven like it was a Tickle Monkey revival concert.
(…)
(Paolo Bacigalupi, Pump Six)
Le site Web de Paolo Bacigalupi
Quelques histoires disponibles en ligne

Il y a un autre coup de coeur dont je vous parlerai à l’occasion. Mais rien ne presse: les rares textes disponibles datent des années 30.


