A quoi ça ressemble, un philosophe ?

“A quoi ils ressemblent les philosophes ? demanda Frangin. quand ils ne prennent pas de bain, je veux dire.
Ils réfléchissent beaucoup, répondit Om. Cherche quelqu’un avec une mine tendue.
— Ca peut vouloir dire qu’il est constipé.
Ben, du moment qu’il prend ça avec philosophie…
(…)
Puis une porte s’ouvrit brusquement plus loin dans la rue, que suivit le fracas d’une grosse amphore de vin écrasée sur une tête.
Un vieillard maigrelet en toge se releva des pavés où il avait atterri et jeta un regard mauvais à la porte.
“Té, c’est moi qui vous le dis, écoutez,  un intellect limité, voyez, il ne peut pas par le jeu des comparaisons toucher à la vérité  absolue des choses, parce que la vérité étant indivisible par nature, elle exclut les concepts de “plus” ou de “moins”, si  bien que seule la vérité elle-même peut mesurer précisément la vérité. Espèce de saligauds”, déclara-t’il.
Quelqu’un à l’intérieur du bâtiment lança : “Ah ouais? Que tu dis.”
Le vieux ignora Frangin mais, avec beaucoup de mal, délogea un pavé et le soupesa d’une main.
Puis il replongea à l’intérieur de la maison. Un cri de rage s’en échappa.
Ah. La philosophie”, commenta Om.

Les petits dieux, de Terry Pratchett (chez Pocket), où l’on suit le novice Frangin, un gentil simplet à la mémoire d’éléphant, qui promène dans sa besace, sous la forme d’une petite tortue borgne, son dieu Om, qui a perdu tous ses pouvoirs, sauf celui de râler. Le livre tourne par moment un peu un rond, mais jamais sans humour ni sans esprit.

Je ne connaissais pas du tout Terry Pratchett—que j’ai ramené de ma dernière visite à Scylla—mais je peux déjà dire que ce ne sera pas le seul de ses bouquins que je lirai.

D’ailleurs, j’y retourne.

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