Si vous retourniez, disons, en 1946, et que vous vous efforciez d’empêcher le mariage de vos parents en 1947, vous n’en auriez pas moins existé cette année-là; vous ne cesseriez pas d’exister du seul fait que vous auriez influé sur le cours des événements. Ce serait valable même si vous n’étiez apparue en 1946 qu’une microseconde avant de tuer l’homme qui serait autrement devenu votre père.
– Mais alors j’existerais sans… sans origine! protesta-t-elle. J’aurais la vie, des souvenirs… tout… et pourtant rien ne les aurait causés.”
Kelm haussa les épaules. “Et alors ?Vous prétendez que la loi de causalité ou, à proprement parler, la loi de conservation de l’énergie, n’implique que des fonctions continues. En réalité, la discontinuité est tout à fait possible.” Il rit et s’appuya à son pupitre.
Les paradoxes temporels, c’est pour les chochottes. Mais…
“Bien entendu [c’est toujours Kelm qui s’adresse à la jeune femme], il subsiste des impossibilités. Vous ne pourriez pas être votre propre mère, par exemple, à cause de la génétique. Si vous retourniez épouser votre ancien père, les enfants seraient différents, aucun ne serait vous, car chacun n’aurait que la moitié de vos chromosomes.”
(La Patrouille du temps, Poul Anderson, p30-31).
… dieu merci, la morale est sauve. Merci la génétique 😉

N’empêche, je viens de démarrer la lecture de la “Patrouille du temps” (disponible au Bélial’), et c’est réjouissant cette simplicité. Tout est mis au service de l’histoire — qui n’est pas de celle avec laquelle on va se chopper la migraine — de manière à nous faire passer un bon moment. Je suis assez curieux de découvrir la suite.
