Savoir écrire ne suffit pas

Je me suis mis à écrire une histoire, puis une deuxième, puis une troisième. Une quatrième pointe le bout de son nez, elle serait même déjà bien entamée si je n’étais pas tombé malade depuis hier (mais ça, c’est encore une autre histoire).

Toutes les trois sont entamées. Aucune n’est terminée.

Mon plus gros problème, ce n’est pas d’écrire — avoir des choses à raconter et les mettre sur le papier — mais de finir. Sans me soucier de qualité (j’en suis pas là), je me rend bien compte que ce qui ne va pas c’est que je n’arrive pas à conclure. C’est comme si, marchant sur un sentier j’arrivais devant un croisement avec un tas d’embranchements: je fais quelques pa(ge)s dans chacun, mais reviens toujours au croisement: trop curieux d’essayer les autres chemins. Et quand je pense avoir visité le dernier, j’en découvre un nouveau.

Alors quoi ? J’aimerais bien que ce soit un problème de distraction maladive qui m’empêche d’avancer, mais je coupe toutes les distractions quand j’écris. J’aimerais bien que ce soit le “blocage de l’écrivain” ou la “peur de la page blanche”. Ha ça, oui ! Mais c’est bien plus misérable que ça. Si je suis honnête avec moi-même ça se ramène à une évidence bien terne: je ne sais pas ce que je veux raconter.

De quoi ça parle, ton histoire ? Qu’est-ce que tu veux dire ?!

Des idées me passent par la tête, quelques images fortes, parfois des séquences entières, avec les dialogues. Des bouts de scènes qui me font marrer. Mais de ça à avoir “une histoire”, il y a un pas — et même plusieurs — à faire, et il faut les faire dans une direction précise, pas au hasard.

Encore une fois, je ne serais pas surpris d’apprendre que c’est une évidence pour tout le monde, sauf pour moi qui le découvre devant vous, presque en direct. 

C’est d’autant plus agaçant que c’est quelque chose qui ne m’a jamais posé problème — ou alors que je règle sans même m’en apercevoir — lorsque j’écris pour le boulot; le sujet d’un livre ou d’un article informatique est toujours bien délimité, le but à atteindre est bien clair. Ou alors il n’y a tout simplement pas de bouquin ou d’article: il faut savoir de quoi l’on va parler et savoir à qui l’on s’adresse. Savoir écrire ne suffit pas.

okusai & beer

Je vous laisse, j’ai une histoire sur laquelle réfléchir. Et puis une seconde, un troisième et peut-être une quatrième. Si je peux arrêter de tousser quelques minutes 😉

3 comments » Write a comment

  1. Et puis remplacer la bière par un verre de
    fino.
    D’ailleurs cette citation de Shakespeare dans Falstaff résume bien les bienfaits de ce breuvage,( à consommer avec modération) : « Un bon xérès a deux effets : d’abord, il monte au cerveau, éloigne les tristes et sottes pensées qui l’enténèbrent, délie la langue et l’esprit ; ensuite, il réchauffe le sang et en chasse la pusillanité et la couardise. »