Ca tient à pas grand chose. J’ai passé une nuit et une journée à essayer de réfléchir. Essayer de réfléchir, c’est vraiment pas grand chose. Ne pas y parvenir… C’est encore plus humiliant qu’échouer à ouvrir le pot de confiture de fraises, ce matin, devant les neveux et les nièces impatients et déjà prêts à admirer votre savoir faire de grande personne. Surtout quand Machin y arrive du premier coup, lui, et sans forcer.
Journée sans gloire… et sans la moindre idée, sans la moindre étincelle. La faute au bruit (comment se concentrer dans tel vacarme, non mais !?), la faute au calme (ça tue, un tel silence); la faute au ciel gris ou à ce chat qui me nargue avec sa queue en forme de point d’interrogation; sans parler de mon accès de “blonditude aigüe” (envie de faire un achat pas raisonnable du tout), dans un tel moment, tout est bon pour excuser la masse inerte qui me tient lieu de cervelle. Dépité, retour précipité à Paris. Le temps d’un dîner de célibataire (des oeufs brouillés avec quelques tomates, des champignons, de la ciboulette et un peu de poivre) qu’on a pris ensemble Sandra et moi, et de démarrer iTunes avec la musique qui va bien, et tout s’est décoincé.
Ca tient à pas grand chose. J’ai envie de sourire parce que je me dis que ça va mieux et que j’aime mieux ça. J’arrête d’écrire. Je regarde l’heure. Déjà. Je regarde le clavier du Mac et mes doigts inertes posés dessus. Merde. Encore un pot de confiture.

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